Ces tendances qui vont donner du swing à l'économie en 2017

Publié le 23/12/2016 à 11:38, mis à jour le 03/01/2017 à 10:07

Ces tendances qui vont donner du swing à l'économie en 2017

Publié le 23/12/2016 à 11:38, mis à jour le 03/01/2017 à 10:07

Photo: 123rf.com

Mes vacances de Noël débutent. Cette année, ce sera une petite semaine. J’ai déjà la tête remplie de projets pour 2017. Mais avant de tourner la page, j’aimerais faire un tour d’horizon de quelques thèmes abordés dans mes billets 2016. Je les ai retenus parce qu’ils ouvrent tous une fenêtre sur 2017. Sous une forme ou une autre, chacun de ces thèmes fera encore partie de l’actualité économique et sociale en 2017. Ils feront aussi partie de la vie des entreprises et de ceux et celles qui y travaillent. C’est pourquoi il importe que vous les ayez en tête.

1-Investir autrement

En 2016, le Québec a vu le lancement d’initiatives d’obligations communautaires – ces obligations qui permettent aux OBNL de mobiliser de nouvelles sources de capital privé auprès de la communauté – ainsi que d’une banque spécialisée dans l’investissement d’impact – c’est-à-dire l’investissement qui a des retombées sociales et/ou environnementales positives.

En France, on assiste, entre autres, à la montée du label «transition énergétique et écologique » qui à ce jour a été attribué à six fonds. Sans compter, BNP Paribas qui a lancé des fonds spécialisés dans des investissements qui s’attaquent à l’un des 17 objectifs de développement durable de l’ONU.

Le Québec a tenu son second colloque sur l’investissement responsable, organisé par le réseau PRI Québec (principes pour l’investissement responsable). Il faut savoir que le Québec est un terreau fertile pour l’investissement durable. On y trouve une communauté engagée et des investisseurs progressistes. Il ne serait pas surprenant que d’autres expériences comme les obligations communautaires se multiplient. Mais rappelons que l’industrie financière, comme toutes les autres, est guidée par la demande. Plus les investissements réclameront des produits d ‘investissement qui contribuent à un développement économique et humain équilibré, plus les professionnels de l’industrie devront en développer. Et plus les entreprises devront assainir leurs façons de faire afin d’être incluses dans ces nouveaux produits financiers.

2-Partager vraiment

En 2016, l’économie de partage a traversé une sérieuse crise de croissance. D’abord, on a réalisé que ce thème était fourre-tout, qu’on y associait tout et son contraire. Et puis, on a commencé à se demander pourquoi diable le mouvement coopératif n’y était pas plus présent. Après tout, on parle de partager, non?

On assiste donc à l’émergence du coopérativisme de plateformes. Si ceux qui fournissent leur temps et leur expertise à ces plateformes en étaient aussi les propriétaires, leurs conditions s’en trouveraient-elles moins précaires? La phase «cute» de l’économie de partage est révolue. Une ère plus organisée se dessine. Le temps est venu de répondre aux grandes questions que l’on a balayées sous le tapis. En 2017, lorsqu’on évoquera l’économie de partage, ce sera pour parler de responsabilité, de filet social, de regroupement, de formation, de législation, etc.

3-Repenser la ville

2017 c’est l’année du 375e de Montréal. Nous assisterons à une avalanche d’activités et de projets. Les Affaires est d’ailleurs partenaire du mouvement «Amplifier Montréal» lancé par plusieurs partenaires de différents secteurs d’activité de la métropole pour influencer la transformation en cours de Montréal.

Amplifier Montréal souhaite que le «Montréal transformé» soit plus innovant, inclusif et résilient. En 2016, je vous ai présenté trois idées pour Montréal. La première est à l’état de projet. Il s'agit d’une piscine flottante qui serait installée dans le Vieux-Port de Montréal. La seconde consiste en série d’animations éphémères dans différents lieux comme le village Au-Pied-du-Courant et l’esplanade du Stade Olympique.

Ces animations éphémères sont réalisées par la firme La Pépinière. Cet hiver, cette équipe réalise un village d’hiver, «La petite Floride», dans le quartier Mile End. D’autres firmes réalisent ce type d’animation éphémère. En 2017, elles se multiplieront. C’est une façon de redonner vie aux espaces laissés à l’abandon tout en favorisant les échanges entre les citoyens.

La ville devient le nouveau laboratoire. On comprend que sa configuration a le potentiel d’influencer la circulation des biens, des personnes et des idées. Et, par richochet, de créer plus de bonheur, plus de projets et plus de richesse collective.

Le troisième projet urbain dont je vous ai parlé se nomme Temps Libre. Ce lieu, situé dans le Mile-End, met gratuitement à la disposition des citoyens et des groupes des espaces où se réunir pour partager des connaissances, des idées et des projets. Temps Libre représente une tendance, soit la multiplication des espaces publics. Un besoin qui répond d’une part à la montée du travail autonome. Et, de l’autre, au désir des organisations traditionnelles de sortir de leurs murs pour trouver un second souffle sur le terrain.

4-Accélérer les entrepreneurs, pas les produits

Suite au Startupfest, j’ai produit un billet questionnant le manque de vision à long terme de accélérateurs. Je me suis questionnée sur ces programmes de quelques semaines où l’on demande aux entrepreneurs de mettre en marché leurs produits très rapidement. Est-ce la meilleure façon de créer un écosystème pérenne? On en tire des produits, certes. Mais lorsque le cycle de vie de ces produits sera terminé, les entrepreneurs qui ont complété ces programmes auront-ils acquis les connaissances d’affaires –et l’esprit– pour lancer un autre projet?

Sylvain Carle, dg de Founder Fuel, le fonds derrière la création de la Maison Notman et de son célèbre accélérateur, a demandé un droit de réplique. Je lui ai accordé avec plaisir. Après tout, le but de mon billet était de susciter la discussion. La réplique de Sylvain Carle m’a appris que la pérennité des entreprises qui passent par les accélérateurs devient un souci pour ceux qui organisent ces programmes. Et que le profil des «accélérés» évolue.

On y trouve des entrepreneurs plus âgés, plus expérimentés. Souvent plus spécialisés. Ce qui n’empêche pas les paris sur de très jeunes candidats. Mais cette mixité dénote une maturité du secteur des accélérateurs montréalais. D’ailleurs, il existe désormais une association des accélérateurs, «La Main», qui a pour but, entre autres, de mieux arrimer les offres et de diriger les candidats aux bons endroits. 2017 verra certainement l’univers des accélérateurs poursuivre leur évolution.

5-L’entrepreneuriat social fait tomber les murs

En 2016, je vous ai présenté une clinique d’ostéopathie et un cabinet juridique qui ont inclus l’entrepreneuriat social dans leur modèle d’affaires. La clinique d’ostéopathie permet à ses clients de faire du cofinancement. Si un client choisit de payer plus de 65$ pour son traitement, l’argent supplémentaire servira à défrayer le coût des traitements pour une clientèle peu fortunée.

Quant au cabinet juridique, il offre des heures gratuites aux OBNL et aux entreprises en démarrage. Plus tard dans l’année, je vous ai parlé d’entrepreneuriat à impact positif par l’entremise d’un grossiste en fruits et légumes qui a démarré une société qui fabrique des jus à partir de fruits rejetés. Son but: réduire le gaspillage alimentaire. Ces trois exemples illustrent l’essor de l’entrepreneuriat social et de l’entrepreneuriat à impact au-delà des secteurs traditionnellement associés à ce modèle d’affaires. 2017 verra cette tendance se poursuivre alors que davantage de dirigeants et d’entrepreneurs exploreront les formes que peut prendre leur contribution à la société. On voit de plus en plus d’organisations réaliser qu’elles ont un pouvoir d’influence positive sur la société à travers la façon dont elles mènent leurs affaires et non uniquement à travers leur action philanthropique.

6- Les visage du changement: les corporare hackers

En 2016, j’ai assisté à la naissance du mouvement Corporate hackers, une impulsion propulsée par boîte canado-européenne ImFusion. En fait, j’étais à la toute première réunion. ImFusion m’a invitée parce qu’il semble que je sois une corporate hacker. De quoi s’agit-il?

Le corporate hacker est un agent de changement. Il sent que quelque chose doit changer, mais il sait qu’il n’y arrivera pas seul. Les corporate hackers viennent en plusieurs modèles. Ce ne sont pas tous des défonceurs de portes. Certains sont très bruyants, de véritables provocateurs. Ils escaladent rapidement leurs idées à la direction. Sollicitent des appuis, insistent pour rallier leurs collègues. Parfois, ils réussissent. Parfois, ils mobilisent trop vite. En marge de ce modèle, il y aussi les facilitateurs. Ceux-là préfèrent générer des questionnements utiles dans l’organisation. Ils empruntent la voie de la réflexion. Le provocateur vise tout de suite une action au sommet. Le facilitateur, quant à lui, mène son action dans les corridors informels.

On connaît tous des corporate hackers. On les nomme parfois des intrapreneurs. C’est moins menaçant. D’ailleurs, le Québec compte désormais un parcours intrapreneurial. Cela vous donne une idée de l’attention que l’on commence à porter aux corporate hackers. 2017 verra poursuivre cet intérêt. Pourquoi? Parce que tout le monde ne veut pas se lancer en affaires. Mais de nombreuses personnes ont une âme d’entrepreneur qu’ils ont envie d’exprimer au sein d’une organisation où ils sont employés.

Il me reste à vous faire me voeux pour 2017.

Je vous souhaite –je nous souhaite–  d'être justes.

La justesse était le thème du colloque annuel de la Maison de leaders auquel j'ai assisté en septembre 2016. Les réflexions qui suivent sont tirées de ce colloque.

La justesse c'est une combinaison d'intention et d'actions. La justesse permet de savoir quand notre intervention apporte quelque chose et quand elle ne sert à rien. Ou qu'elle nuit. Être juste est circonstanciel. On n'est pas juste, on s'ajuste. Quand on est juste, on est connecté sur nos forces, On ne force rien. Je conclurai en disant que la justesse sans bienveillance n'est que précision.

Joyeuses fêtes!

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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