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Comment éviter la faillite de mon petit café?

WelcomeSpaces.io|Mis à jour le 13 juin 2024

Comment éviter la faillite de mon petit café?

(Photo: 123RF)

LE COURRIER DE SÉRAFIN est une rubrique qui présente deux fois par semaine la question en finances personnelles d’un utilisateur, suivie de la réponse de Sérafin, intelligence artificielle spécialisée en finances personnelles québécoises. Le tout est accompagné d’un commentaire de validation ou un complément par un professionnel financier.

 

«Quelles sont mes options pour restructurer les dettes de mon entreprise (un petit café) et éviter la faillite?»

 

 

Les réponses de Sérafin

Face à des difficultés financières, les propriétaires d’entreprises, tels que ceux de petits cafés au Québec, doivent envisager diverses stratégies pour restructurer leurs dettes et éviter la faillite. Voici des options de restructuration de dettes pour aider à naviguer dans ces eaux troubles financières.

 

1. La proposition concordataire

Sous la supervision de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, la proposition concordataire permet aux entreprises de renégocier les conditions de remboursement de leurs dettes avec l’aide d’un syndic autorisé en insolvabilité. Cette démarche formelle peut offrir une bouffée d’air frais, permettant à l’entreprise de continuer ses opérations tout en travaillant à résoudre ses défis financiers.

 

2. Négociation directe avec les créanciers

Avant de prendre des mesures formelles, tenter une négociation directe avec les créanciers peut être bénéfique. Les entreprises peuvent parfois obtenir des conditions de paiement améliorées, comme des extensions de délais ou des réductions de dette, en négociant de bonne foi.

 

3. Restructuration opérationnelle

L’examen et l’ajustement des opérations de l’entreprise pour diminuer les coûts est une autre voie à explorer. Cela peut comprendre la renégociation des contrats avec les fournisseurs, la réduction des dépenses, ou l’adoption de nouvelles stratégies commerciales pour augmenter les revenus.

 

4. Financement par des tiers

Chercher des options de financement alternatives peut s’avérer une stratégie utile. Les prêts à court terme, les lignes de crédit, ou d’autres mécanismes de financement externe peuvent fournir les fonds nécessaires pour rembourser les dettes tout en permettant à l’entreprise de poursuivre ses activités.

 

5. Vente d’actifs

Pour les entreprises disposant d’actifs non essentiels, la vente de ces derniers peut générer une source précieuse de liquidités pour le remboursement des dettes. 

Il est crucial de consulter rapidement un syndic autorisé en insolvabilité pour évaluer votre situation financière de manière approfondie.

Préparer un plan d’affaires actualisé et une prévision financière peut aider à démontrer la viabilité de votre entreprise aux créanciers et aux investisseurs potentiels. La prise de décision rapide et une communication ouverte avec les créanciers sont essentielles pour maintenir des relations positives et explorer toutes les options disponibles.

 

Réponse de Jonathan Roy, professionel de l’insolvabilité et de la réorganisation

Tout d’abord, veuillez savoir que vous n’êtes pas seul(e) présentement à éprouver des difficultés financières – de nombreuses PMEs québécoises font face à des défis similaires, d’autant plus dans le domaine de la restauration. 

La bonne nouvelle c’est qu’il existe une panoplie de solutions qui devraient permettre à votre café de continuer d’opérer et de rétablir la profitabilité.

J’aime bien présenter ces options comme des étapes. Avant d’en arriver à contempler la faillite, il est essentiel d’étudier les solutions suivantes :

 

Étape 1: Dialoguez avec vos créanciers

Cette option peut paraître simpliste, mais elle est souvent sous-utilisée par les entrepreneurs. Si vous avez des prêts ou des marges de crédit avec des institutions financières, sachez que ces dernières sont généralement ouvertes à la négociation afin de garantir la survie de votre entreprise pour ainsi minimiser leurs pertes.

Il est possible de négocier un allongement du terme de remboursement ou même d’obtenir une période de pause de paiement. Il est même possible que votre banquier vous propose d’injecter davantage de capital dans votre entreprise en échange de certaines garanties additionnelles (sur vos équipements par exemple). 

Dans la liste de vos créanciers, n’oubliez surtout pas votre locateur. Pour un café comme le vôtre, le loyer doit sûrement être une des principales dépenses. Le locateur préférera probablement vous consentir une réduction temporaire de loyer que de devoir trouver un nouveau locataire.

 

Étape 2: Explorez de nouveaux partenaires financiers

Si vos créanciers actuels n’ont pas de solutions pour vous, il est temps de vous tourner vers de nouveaux partenaires potentiels. Je ne rentrerai pas ici dans le détail de toutes les solutions de financement disponibles (ce n’est pas mon domaine d’expertise ni le sujet d’aujourd’hui), mais il existe de nombreuses stratégies pour obtenir du financement pour votre entreprise.

Un type de partenaire qui peut être intéressant dans votre cas est le partenaire qui injectera du capital dans l’entreprise en échange d’équité et qui contribuera activement au redressement de l’entreprise. Il peut s’agir d’un investisseur chevronné qui se spécialise dans ce type de défi.

 

Étape 3: La proposition concordataire

Si les étapes précédentes n’ont pas porté fruit ou si elles n’étaient tout simplement pas envisageables, on arrive à la solution qu’est la proposition concordataire. 

La proposition concordataire est un recours légal prévu par la Loi sur la faillite et l’insolvabilité qui permet à une entreprise de faire une offre de règlement à ses créanciers. On parle généralement d’un remboursement partiel des dettes non garanties sur une période de temps raisonnable. Les termes du bail (loyer) peuvent aussi être négociés dans une proposition concordataire. 

Les créanciers seront appelés à voter sur la proposition et si celle-ci est acceptée, ils seront tous liés et devront respecter les termes prévus. 

Si la proposition est rejetée par les créanciers, l’entreprise sera alors automatiquement en faillite. Bien que cette éventualité puisse sembler inquiétante, il faut garder en tête que les créanciers ont généralement tout intérêt à accepter une proposition qui leur permettra de minimiser leurs pertes comparativement à un scénario de faillite. C’est cet « ultimatum » qui permet justement de négocier un arrangement qui sera bénéfique pour toutes les parties. 

Finalement, la mission des syndics autorisés en insolvabilité (SAI) est de vous présenter dans un premier temps des solutions qui pourront vous permettre de restructurer votre entreprise et d’éviter la faillite. 

Notre travail est particulièrement gratifiant lorsque nous réussissons à restructurer une entreprise afin de lui donner un second souffle. Tout le monde y gagne : entrepreneurs, employés, clients et créanciers. 

Je vous souhaite bon succès avec votre café!

 

Vous avez d’autres questions de finances personnelles? Allez les poser à Sérafin et, qui sait, vos interrogations seront peut-être publiées ici!