L'ex-président de la Jeune Chambre lance le «Toms Shoes» des services juridiques

Publié le 20/09/2016 à 12:04

L'ex-président de la Jeune Chambre lance le «Toms Shoes» des services juridiques

Publié le 20/09/2016 à 12:04

Sophie Tremblay et Ryan Hillier, cofondateurs du nouveau cabinet juridique social NOVAlex

L’avocat Ryan Hillier, ex-président de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, et l’avocate Sophie Tremblay lanceront demain (21 septembre) le cabinet NOVAlex. Ce sera le «Toms Shoes des cabinets juridiques», soit le modèle 1 pour 1. Pour chaque heure facturée à un client d’affaires, NOVAlex offrira une heure de service juridique gratuit (pro bono) à un individu à faible revenu, un OBNL ou une startup en affaires depuis moins de 12 mois.

Le catalyseur professionnel

«Lorsque je présidais la Jeune Chambre de commerce de Montréal, j’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs innovants. Il m’est apparu que de nombreux secteurs innovent davantage et plus rapidement que celui des services professionnels. Ça m'a inspiré. Je me suis demandé comment réinventer la prestation des services juridiques, et peut-être influencer d'autres services professionnels.»

Le catalyseur personnel

«Je suis entré à la faculté de droit à 18 ans. J’ai terminé à 21 ans. J’étais le plus jeune de ma promotion. J’ai travaillé 10 ans dans de grands cabinets. McCarthy Tétrault d’abord, puis Blakes. J’ai aidé beaucoup d’entreprises et d’individus. À 30 ans, je veux voler de mes propres ailes. Je veux aborder ma profession différemment. Contribuer, par mes compétences, à réduire le problème de l’accessibilité aux services juridiques.»

Pousser le pro bono plus loin

Les grands cabinets juridiques ont déjà une tradition pro bono. Leurs avocats peuvent généralement consacrer jusqu’à 5% de leur temps à des mandats gratuits. Toutefois au-delà de cette proportion, leurs heures pro bono ne sont pas comptabilisées dans les heures annuelles totales. Celui ou celle qui fait don, par exemple, de 7% de ses heures sera donc en déficit de 2% par rapport à sa cible de productivité. «Le pro bono demeure accessoire pour les grands cabinets, commente Ryan Hillier. Nous voulons que l’engagement social de NOVAlex soit imbriqué dans notre modèle. Que nous ne puissions pas nous y soustraire ou réduire notre contribution sociale à 30 minutes au lieu d’une heure, par exemple.»

Une structure hybride

Les associés Sophie Tremblay et Ryan Hillier ont imaginé une structure hybride: le cabinet NOVAlex inc – qui facture ses clients – et la Clinique juridique NOVAlex - un OBNL qui rend des services professionnels gratuits. La Clinique aura son conseil d’administration, présidé par Stéphanie Bougie cofondatrice de Génération d’idées. «Nous ne voulions pas que le CA soit présidé par un actionnaire de NOVAlex, explique le jeune avocat. Nous voulions un mécanisme de validation pour assurer le respect de notre modèle 1 pour 1.»

Le mécanisme de filtres... pour les individus

«Notre plus gros défi sera de gérer les refus, reconnaît Ryan Hillier. Nous nous attendons à recevoir un flux important de demandes.»

Les demandes se font en ligne sous l’onglet «clinique» du site novalex.co. On y trouve une section  individus» et une section «entreprises en démarrage et OBNL».

Pour les individus, les critères d’admissibilité selon le revenu ont été fixés à 20% au-dessus des seuils de l’aide juridique. Mais NOVAlex affirme ne pas concurrencer l’aide juridique ni aucun autre service du même type. «Nous demandons d’ailleurs à chaque personne qui sollicite nos services si elle est admissible à l’aide juridique ou si elle en a bénéficié. Et, s’il y a lieu, nous le référerons à ce service.»

... pour les entreprises en démarrage

Pour profiter des services juridiques gratuits de NOVAlex, une entreprise en démarrage doit être constituée ou non constituée depuis moins de 12 mois, n’avoir aucun employé à l’exception de ses fondateurs, et afficher moins de 100 000$ de revenus bruts avant impôts ou aucun profit.

L’argument de NOVAlex pour vendre ses services à ses clients payants

«Nous leur parlerons de responsabilité sociale, dit Ryan Hillier. Toutes les organisations affirment vouloir assainir leur chaine d’approvisionnement et traiter avec des fournisseurs responsables. Mais elles oublient souvent leurs fournisseurs de services professionnels, surtout les avocats. Nous rappellerons donc à nos clients, et nos clients potentiels, que nous contribuons à augmenter leur impact social. D’ailleurs, ils pourront lire sur leur facture que grâce à eux, un individu, un OBNL ou une entreprise en démarrage a profité de «X» heures de services juridiques gratuits.»

Voici le site de NOVAlex, pour ceux et celles qui voudraient profiter de ses services pro bono… ou contribuer à l’accessibilité juridique en ayant recours à ses services payants.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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