Investir dans des obligations communautaires pour contribuer à son quartier

Publié le 07/10/2016 à 15:51

Investir dans des obligations communautaires pour contribuer à son quartier

Publié le 07/10/2016 à 15:51

Par Diane Bérard

Marie Houde, dg du Grand Costumier, cherche preneurs pour ses 20 obligations communautaires à 1000$ chacune.Crédits photo: Sylviane Robini

Cette semaine, le Grand Costumier, l’OBNL qui a récupéré la banque de costumes de Radio-Canada, a lancé une campagne d’obligations communautaires pour un montant de 20 000$. Le Grand Costumier s’est donné deux mois pour vendre 20 obligations à 1000$ chacune.

Tout OBNL a le droit d’émettre des obligations communautaires. Ces obligations sont assorties d’une dispense de prospectus de la part de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ce qui signifie que l’émetteur n’a pas à présenter aux investisseurs potentiels un document aussi détaillé que dans le cas d’une émission d’actions. Toutefois, le Grand Costumier doit rédiger un document explicatif. Il fera aussi signer à chaque acheteur d’obligation un « document de prise de conscience de risque ».

Une obligation communautaire répond aux mêmes critères qu’une obligation gouvernementale. Elle est assortie d’une échéance et d’un taux d’intérêt fixes. Les obligations communautaires du Grand Costumier ont une échéance de cinq ans et elles rapporteront un taux de 2% par année. Elles ne sont pas rachetables avant terme. Mais elles sont transférables après trois ans.

Pourquoi le Grand Costumier émet-il des obligations communautaires?

L’émission d’obligations communautaires est une démarche complexe. D’ailleurs, le Grand Costumier se fait accompagner par Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS), un organisme de liaison et de transfert en innovation sociale. « Nous aurions pu négocier un prêt, mais le taux d’intérêt aurait été plus élevé », dit Marie Houde, la directrice générale du Grand Costumier. Mais il y a plus. L’argent public se fait rare. Dans l’univers de l’économie sociale, la tendance est à la diversification des sources de financement. « Nous voulons démontrer que nous sommes innovateurs », poursuit Marie Houde.

Qui est le public cible des obligations communautaires du Grand Costumier ?

Le Grand Costumier a déjà complété une campagne de sociofinancement qui lui a rapporté 30 330$. Ses obligations communautaires s’adressent aussi à la population, mais elles visent un autre public cible. Le montant de chacune, 1000$, pointe vers une clientèle un peu plus fortunée. La mise en marché de ces obligations le démontre bien. Plutôt que de faire l’objet d’une campagne grand public, elles sont commercialisées à travers les membres du CA. « Pour la vente de nos obligations communautaires, nous souhaitons bonifier notre communauté avec des gens (les investisseurs) qui peuvent nous faire réfléchir et nous amener plus loin, explique Marie Houde. D’ailleurs, nous comptons tenir une réunion par année avec les détenteurs de nos obligations. Nous les tiendrons au courant de notre stratégie, mais nous souhaitons aussi profiter de leur expertise. »

Le Cinéma du Parc, Bâtiment 7 et Théâtre Empress: trois autres cas

L’émission d’obligations communautaires du Grand Costumier s’inscrit dans un projet-pilote qui comprend aussi le complexe immobilier Bâtiment 7 (dans Pointe Saint-Charles), le Cinéma du Parc et le Théâtre Empress, à Notre-Dame-de-Grâce. Bâtiment 7 prévoit émettre un total de 50 000$ en obligations communautaires et le Cinéma du Parc, 100 000$. Le Théâtre Empress n’a pas encore déterminé le montant de son émission.

Prochaines étapes

Le 26 octobre prochain aura lieu le lancement officiel du projet commun d’émission d’actions communautaires.

Le 2 novembre prochain, le Grand Costumier tiendra une soirée d’information dans ses locaux, à propos de ses obligations communautaires.

 

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