Soyez propriétaire et non locataire de votre succès

Publié le 04/08/2020 à 15:27

Soyez propriétaire et non locataire de votre succès

Publié le 04/08/2020 à 15:27

L'application TikTok et un drapeau américain.

(Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Depuis quelques jours, la tension monte entre le populaire réseau social d’origine chinoise TikTok et la Maison Blanche qui a sérieusement réfléchi de bannir tout simplement l’application du territoire américain. Publiquement, Donald Trump dit que cette décision est basée sur le risque que des données privées et/ou sensibles tombent entre les mains de Pékin.

Personnellement, je n’y crois aucunement. Bien qu’effectivement, les données des utilisateurs de TikTok soient très certainement partagées avec le gouvernement Chinois, selon moi, cette décision résulte beaucoup plus d’une vengeance personnelle de la part du président que l’on connait bien pour son égo surdimensionné et sa haine envers quiconque ose le contredire ou se mettre dans son chemin.

À force de le voir agir au fil des années comme un enfant gâté en manque d’estime, je suis convaincu que TikTok est dans sa mire depuis le fiasco des rangées de bancs vides du rassemblement qu’il avait organisé à Tulsa en Oklahoma à la fin juin. S’attendant à une foule monstre, les sièges vides ont semblé avoir déclenché en lui une soif de vengeance. Des milliers de membres du réseau social y avaient réservé une place sans aucune intention d’y aller, mais plutôt dans l’unique but d’empêcher la présence de supporteurs, montrant un amphithéâtre à moitié vide.

Peu importe la véritable raison derrière ce règlement de compte écono-égo-politique, nous savons maintenant que la maison mère du populaire réseau social, ByteDance, devra vendre la division américaine d’ici quelques semaines sinon le site sera bloqué par décret Présidentiel. 

Depuis quelques années, je porte une attention particulière à l’essor exceptionnel de cette nouvelle «dictature-douce» des réseaux sociaux. Aujourd’hui incontournable, leur modèle d’affaires est entièrement basé sur les données qu’on leur donne, volontairement, au quotidien. Comme dans toute «bonne» dictature, le citoyen, dans ce cas-ci l’utilisateur, n’a absolument aucun mot à dire sur la propriété de son propre contenu. 

L’entièreté des mots, photos, vidéos, «likes», commentaires, émojis que l’on partage sur ces différentes plateformes leur appartient immédiatement et ce, pour l’éternité! Grâce à ce contenu, ces entreprises engrangent des milliards de profits sans redonner la moindre «cenne» aux créateurs qui rendent ces mêmes plateformes aussi populaires. En vendant vos informations à des entreprises qui, à leur tour, vous bombarderont de publicités la prochaine fois que vous cherchez à acheter un rasoir jetable ou un tapis de bain, elles génèrent des profits gargantuesques.

L’être humain est un spécimen difficile à comprendre. Ironiquement, nous sommes très rapides à descendre dans les rues afin de manifester pour le droit et la démocratie mais le fait d’être de véritables «esclaves virtuels» qui offront au quotidien la matière première si précieuse, le contenu, aux géants du web ne nous dérangent aucunement.

Optimisation fiscale douteuse, scandales après scandales, paradis des «fake news» et complots de toutes sortes, violence numérique à outrance, violation quotidienne de l’utilisation des données personnelles des utilisateurs, manipulation du mode électoral et j’en passe. Le portrait de l’industrie est loin du cliché parfait qui inonde Instagram. 

Maintenant que la table est mise et que visiblement nous acceptons tous les règles du jeu, quel est le véritable problème de ces modèles d’affaires? Selon moi, le danger est qu’il force à être locataire à vie. 

L’immensité des influenceurs, vedettes, personnalités, entreprises diverses et créateurs de contenus qui nourrissent ses réseaux le font en toute connaissance de cause. Certes, ils utilisent gratuitement ces plateformes afin de bâtir leur propre notoriété, ils produisent tout de même de leur part du contenu, souvent de qualité, et développent au fil des années une raison pour des millions d’entre-nous d’y aller voir leur page ou profil. Le problème est que rien ne garantit que toutes ses années de travail ne peut disparaître d'un simple clic.

Prennons l’exemple de Charlie D’Amelio, une jeune américaine de 16 ans. Parfaite inconnue il y a exactement 13 mois, elle est aujourd’hui la personne la plus suivie sur TikTok avec plus de 75 millions (vous avez bien lu) de personnes qui la suivent. Aucune découverte scientifique à son actif, aucune médaille olympique, ni tout autre exploit qui aurait fait d’elle une inspiration pour une génération tout entière. Non, Charlie D’Amelio est devenu une véritable star en l’instant de 15 secondes en publiant une vidéo d’elle dansant... (J’ai essayé, j’ai eu 3 likes!)

Mon instinct entrepreneurial ne peut qu’être impressionné par l’immense opportunité d’affaires qui s’offre à elle. J’espère qu’elle saura tirer profit de cette chance inouïe d’avoir un auditoire attentif aussi important. Pour mettre le tout en perspective, seulement 19 pays sur les 235 pays de la planète ont plus de 75 millions d’habitants!

Imaginez les millions de dollars que génère sa popularité sur TikTok où ses vidéos sont vues et partagées des centaines de millions de fois. J’espère sincèrement qu’elle ne mise pas toute sa «carrière» sur cette plateforme. Pourquoi? Car c’est ça le réel danger.

Pour la plupart, les influenceurs ne réalisent pas qu’ils sont la matière première de ces sites. Sans Kim Kardashian, Ronaldo ou Dj Khaled, ceux-ci seraient beaucoup moins populaires. Sans Donald Trump, Twitter n’existerait tout simplement plus. Un peu comme les sportifs, acteurs et chanteurs ont su monnayer leur talent, je souhaite à Charlie d’avoir pu monnayer le sien, pas en faisant la promotion d’une marque de maillot de bain, mais en demandant à TikTok sa juste part du gâteau

Tristement, la majorité des influenceurs ne sont que locataires de leurs succès. Instagram, TikTok ou Facebook ferment et l’immense majorité d’entre-eux perdent absolument tout.

Le combat Trump vs TikTok m’a ouvert les yeux sur l’importance d’être propriétaire et non locataire de son succès. Bien que ce soit un art que de savoir bien utiliser les outils que ces plateformes offrent afin d’atteindre un plus grand auditoire, attirer ces fans sur ses propres plateformes doit être l’ultime priorité de toute personne souhaitant faire carrière sur les réseaux sociaux.

Que ce soit à travers un site web, un blogue, une application mobile personnalisée, des produits connexes... ce contact direct et privilégié est essentiel. Sans celui-ci, des millions d'abonnés et des millions de revenus potentiels peuvent littéralement disparaître comme neige au soleil!

Aucun entrepreneur ne permettrait de laisser filer entre ses doigts le résultat de son travail. Pourquoi le faire dans ce modèle? Une saine relation d’affaires doit rendre toutes les parties impliquées gagnantes. Pour l’instant, seul les réseaux sociaux profitent et exploitent la création de contenu de leurs milliards d’utilisateurs!

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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