La chaîne économique est comme la chaîne alimentaire

Publié le 28/07/2020 à 13:57

La chaîne économique est comme la chaîne alimentaire

Publié le 28/07/2020 à 13:57

Un concept de chaîne alimentaire.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Le dictionnaire Larousse définit la chaîne alimentaire comme étant «composée d'une succession de végétaux et d'animaux où chacun est mangé par le suivant. Elle montre parfaitement à quel point les êtres vivants dépendent les uns des autres.»

L’histoire nous démontre qu’il ne suffit que de la disparition d’un seul maillon de cette chaîne afin de chambouler totalement ce fragile équilibre. Drastiquement, une réorganisation obligatoire s’effectue forçant un nouvel équilibre à voir le jour. 

Afin de bien comprendre l’importance et l’interdépendance de chacun des acteurs de cette chaîne, prenons l’exemple de la chaîne alimentaire de l’arctique. 

Le premier élément de cette chaîne sont les algues. Se développant grâce à la photosynthèse, elles ne mangent donc aucune autre espèce et se développent grâce au soleil et aux différents minéraux. Cependant, le plancton, lui, se nourrit d’algues. Par la suite, ce même plancton est consommé par la morue, qui à son tour, sert de repas à différentes espèces d’oiseaux et de mammifères marins. Le phoque, grand amateur de morue, est l’avant-dernier maillon de cette chaîne qui finit avec l’ours polaire qu’aucune espèce ne mange, faisant de lui le super-prédateur de cette chaîne.

Enlever toute espèce de cette chaîne et ce sont toutes les espèces qui deviennent à risque.

Nous pouvons facilement comparer la chaîne alimentaire à notre chaîne économique. D’ailleurs, la crise de la COVID-19 nous a tragiquement rappelé la fragilité de celle-ci. Un des exemples les plus flagrants est celui de l’industrie du voyage. En interdisant les déplacements à l’étranger, plusieurs victimes collatérales en ont subi les contrecoups, tel le transport aérien, l’hôtellerie et l’industrie du tourisme en général.

Je suis surpris de voir à quel point l’arrivée de l’été nous a rapidement fait oublier trois mois d’enfer. Confinement, distanciation sociale, précautions sanitaires extrêmes sont, pour beaucoup d’entre nous, disparus aux premiers rayons de soleil. Pourtant, la vie, telle qu’on la connaissait avant le 12 mars 2020, est bien loin d'être de retour.

Ce qui m’inquiète le plus, mis à part l’insouciance sanitaire de certains, est que nous ne semblons pas trop nous inquiéter des premières vagues du tsunami économique qui risque de frapper. 

Je ne voudrais pas être alarmiste, mais les signaux perçus lors des dernières semaines ne me permettent pas d’être totalement confiant envers notre avenir économique.

Nos différentes industries et entreprises ne peuvent pas être en tout temps sauvées par les différents programmes gouvernementaux (que nous devrons rembourser un jour d’ailleurs!). Nous n’avons malheureusement tout simplement pas les moyens de financer l’immensité des pertes financières subies par cette crise. Ce que je crains cependant le plus est la rupture d’un maillon de notre chaîne économique.

C’est en 1972, lors d’une conférence scientifique, que le météorologue Edward Lorenz a posé cette célèbre question: «Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas?».

En effet, la fermeture d’un restaurant peut, pour certains, sembler banale. Tristement, cette fermeture, multipliée par centaines, voire par milliers, aux quatre coins de la province, est dommageable pour l’univers de la restauration tout entier. Mais il ne faut pas oublier que toutes ces fermeture sont aussi catastrophiques pour le fournisseur montréalais qui y vend de la verrerie et des assiettes, pour l'éleveur de porcs à Kamouraska, pour le vigneron de l’Estrie qui y vend son vin, pour le travailleur autonome de la région qui y fait l’entretien ménager, pour le chauffeur de taxi qui a l’habitude d’y ramasser des clients, pour le fournisseur d’accès Internet qui devra fermer le compte, pour les employés qui y perdront leur emploi et ainsi de suite. 

La restauration n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. J’aurais pu faire le même parallèle avec des dizaines d’industries qui vivent des moments de grande incertitude. J’aurais aussi pu vous rappeler que ce sont les attentats du World Trade Center qui ont forcé la faillite de plusieurs entreprises, notamment, encore une fois, dans l’aviation.

Notre chaîne économique est une pyramide extrêmement complexe qui nécessite que toutes les pierres soient à la bonne place. Une seule pièce manque et tout le reste peut s’effondrer.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaires quelques jours après avoir gradué de l’Université de Montréal en science politique. Un peu par hasard, beaucoup par folie, je suis devenu entrepreneur sans trop savoir ce qui m’attendait. Bien que ma première expérience en affaires fut catastrophique, je suis tombé en amour avec l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je suis à la tête d’un des plus grand producteurs de spiritueux et prêt-à-boire en Amérique du Nord et ce ne sont pas les projets qui manquent! Depuis novembre 2015, je partage chaque semaine ici mes idées, mes opinions et ma vision sur le monde des affaires et les sujets de société qui m’interpellent. Bienvenu dans mon monde!

Nicolas Duvernois

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