«Aujourd'hui, être administrateur, c'est l'fun à mort!» - Robert Tessier, président du conseil, Caisse de dépôt et placement du Québec

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Septembre 2014

«Aujourd'hui, être administrateur, c'est l'fun à mort!» - Robert Tessier, président du conseil, Caisse de dépôt et placement du Québec

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Septembre 2014

Par Diane Bérard

D.B. - Le CA de la Caisse a changé sa composition, a-t-il innové aussi dans son fonctionnement ?

R.T. - La Caisse est un investisseur. Or, je vous disais plus tôt que les risques de tout ordre se multiplient. Le CA s'est adapté. Désormais, aucun dossier d'investissement n'est présenté au conseil sans un accompagnement adéquat. Une présentation est faite par les responsables de l'analyse du risque. Ça nous permet de voir les deux côtés de la médaille, le potentiel, mais aussi le risque. Et de poser les questions qui s'imposent.

D.B. - Toute cette adaptation doit être exigeante...

R.T. - Bien sûr. Désormais, aucune entreprise ne peut élaborer une stratégie et la conserver cinq ans. La Caisse en est à sa 3e stratégie en six ans ! Évidemment, on conserve les éléments fondamentaux - ce qui fait notre succès et notre force -, mais on s'adapte. L'univers de l'investissement emprunte sans cesse des tournants imprévus. Il y a cinq ans, par exemple, personne ne pouvait prédire que les taux d'intérêt atteindraient 0 %. Aujourd'hui, personne ne sait quand ils remonteront. Et que dire de la croissance. Il n'y en avait que pour les pays du BRIC [Brésil, Russie, Inde, Chine]. Ce ne sont plus les économies les plus performantes. La croissance vient toujours des pays émergents, mais pas de ceux que l'on avait ciblés. Le Mexique, par exemple, s'est réveillé. Et que dire des États-Unis : qui aurait prédit leur rebond ?

D.B. - Accompagner une entreprise qui s'internationalise, qu'est-ce que cela exige de la part d'un administrateur ?

R.T. - C'est un défi fort intéressant... quand l'équipe de direction possède l'expertise requise. Ensuite, vous complétez avec des administrateurs rompus à l'international et vous êtes outillé. Le conseil de la Caisse peut compter, entre autres, sur Michèle Desjardins et Ouma Sananikone.

La première fait de la consultation en gestion pour les grandes familles entrepreneuriales. Certaines se trouvent en Amérique du Sud. Mme Sananikone, quant à elle, a géré un important fonds australien.

D.B. - Chaque semaine, de nouveaux diplômés sortent des écoles de gouvernance. La formation a-t-elle changé pour s'adapter aux nouveaux défis des administrateurs ?

R.T. - Tout ne s'apprend pas dans un cours, aussi complet soit-il. Les administrateurs ont le devoir de se documenter constamment. Et, surtout, de lire autre chose que les documents fournis par l'entreprise. Il faut se tenir au courant de la vie financière de notre secteur. Et comprendre la géopolitique mondiale.

Sans cela, il sera bien difficile de se faire une tête lors des réunions. Je ne compte plus le nombre de publications que je parcours pour connaître ce qui se passe à Wall Street, dans la City ou à Beijing.

Cliquez ici pour consulter le dossier Former un CA: enjeux et obligations

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