Seevibes finance son internationalisation

Publié le 07/04/2016 à 06:00

Seevibes finance son internationalisation

Publié le 07/04/2016 à 06:00

Laurent Maisonnave, président de Seevibes

En cinq ans, Seevibes est passé du pré-démarrage à une expansion sur le marché européen, tout en modifiant passablement son modèle d’affaires. Ses partenaires financiers ont joué un rôle crucial pendant cette période.

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« Nous sommes dans une course pour arriver rapidement sur les marchés, soutient Laurent Maisonnave, président de Seevibes. Quand nous avons créé l’entreprise en 2011, les services d’audience sociale de la télévision étaient pratiquement inexistants, mais déjà en 2012 des concurrents sont apparus. Certains avaient accès à des fonds inimaginables au Québec pour une entreprise naissante. À Chicago, l’un de nos concurrents les plus importants a levé 20 M$ dès le départ ! »

Pas question de laisser la croissance organique faire le travail donc. Seevibes doit rapidement attirer des investisseurs pour développer son offre de service et s’installer sur les marchés. Au départ, l’entreprise offre un tableau présentant une vision globale de la performance des émissions de télévision sur les réseaux sociaux. Elle a fait évoluer ce modèle vers l’analyse du smart data pour le ciblage publicitaire sur les réseaux sociaux.

L’entreprise fait partie de la première cohorte de l’accélérateur de startup FounderFuel. Ce dernier et l’ange financier Audry Larocque investissent un premier 35 000 $ dans Seevibes. Ce montant sera suivi, plus tard la même année, d’une levée de fonds plus substantielle de 200 000 $, via le fonds de capital de risque Real Ventures (qui gère FounderFuel) et d’anges investisseurs venus de Toronto.

« À cette époque, les investissements servent à recruter, l’équipe passant de deux à six personnes, et à développer la technologie », explique Laurent Maisonnave. L’entreprise lance une première version mature de son produit dès 2012.

Bâtir des entreprises

Partenaire de Seevibes depuis le début, le fonds de capital de risque Real Ventures se spécialise dans les start-up technologiques. « Notre objectif est de les aider à se rendre du pré-démarrage à une première campagne de financement de série A », explique l’associé Alan MacIntosh.

Chaque année, Real Ventures étudie plus de 1 000 plans d’affaires, dont près de la moitié via FounderFuel. Elle a déjà appuyé près de cent entreprises, dont Seevibes, Beyond the Rack et Breather. Comment les choisit-elle ?

« C’est bien d’avoir un plan d’affaires solide, mais on sait qu’avec ce genre d’entreprise, le modèle d’affaires peut souvent et rapidement changer, note Alan MacIntosh. Ce qui compte vraiment, ce sont les entrepreneurs. Ont-ils les ressources pour s’adapter et faire évoluer leur entreprise ? Avec FounderFuel, on a souvent affaires à des entrepreneurs qui en sont à une première expérience, donc il faut évaluer leurs capacités sans pouvoir se fier à des exemples tirés de leur passé. »

L’appui de Real Ventures ne se limite pas aux fonds. FounderFuel est basé sur le mentorat. Chaque équipe d’entrepreneurs bénéficie de quatre à six mentors qui connaissent le marché et ont de l’expérience dans l’entrepreneuriat, ainsi qu’un solide réseau de contacts. Alan MacIntosh lui-même fait partie du conseil d’administration de Seevibes. « Il s’agit vraiment de les aider à devenir assez solide pour attirer d’autres investisseurs et amorcer leur croissance », souligne-t-il.

Croissance accélérée

Pari réussi pour l’instant dans le cas de Seevibes. En 2013, grâce à un modèle d’affaires basé sur des revenus récurrents tirés d’abonnements, l’entreprise équilibre ses comptes. Après moins de deux ans d’existence, cela représente un petit exploit. La même année, Seevibes acquiert Tv Tweet, l’un des premiers fournisseurs d’audience sociale Twitter en Europe.

L’année suivante, Seevibes lève 1 M$. Real Ventures et l’ange investisseur Bryan Freeman renouvellent leur engagement, et Polytech Ventures, un fonds suisse, vient se joindre à l’aventure. Le directeur de ce fonds, Laurent Bischof, siège depuis au conseil d’administration de Seevibes. En pleine croissance, l’entreprise est désormais active en Amérique du Nord et en Europe.

Et pas question de ralentir le rythme. « Nous avons un gros avantage compétitif présentement, mais il ne sera pas éternel, concède Laurent Maisonnave. Il faut en profiter dès maintenant pour prendre notre place sur les marchés. »

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