Frima appuie sur l'accélérateur grâce à ses nouveaux actionnaires

Publié le 14/04/2016 à 08:47

Frima appuie sur l'accélérateur grâce à ses nouveaux actionnaires

Publié le 14/04/2016 à 08:47

En ouvrant son capital pour la première fois en douze ans, Frima entend accélérer son développement et effectuer un virage stratégique majeur vers de nouveaux secteurs d’activité. Regard sur une entreprise en pleine évolution.


De sa fondation en 2003 jusqu’à une première fonde de financement conclue en avril 2015, la firme de jeux vidéos et de divertissement Frima a financé sa croissance de manière organique, à partir de l’argent tiré de ses ventes.


« D’une certaine façon on peut toujours repousser le moment où l’on va se diluer, et stratégiquement il est mieux de le faire lorsque l’on a pu maximiser la valeur de l’entreprise », soutient Steve Couture, chef de la direction du Groupe Frima.


Ce qui ne veut pas dire que Frima a grandi toutes ces années sans aucune aide extérieure. « Nous avons bénéficié de certains crédits d’impôt, et aussi d’investissements totalisant 2 M$ d’Investissement Québec et de Desjardins Capital de risque », précise Christian Bégin, chef de la direction financière de Frima Studio. Ces appuis financiers ne diluaient toutefois pas la propriété.


Virage stratégique


En 2015, Frima décide de faire appel à de nouveaux actionnaires afin de réaliser un projet qu’elle caresse depuis longtemps : passer d’une entreprise de jeux vidéos à une firme de divertissement, en augmentant notamment ses activités dans le domaine de l’animation. « Nous arrivions aux limites de ce que nous pouvions financer par la croissance organique », concède Steve Couture.


C’est l’arrivée du Fonds de solidarité de la FTQ et du géant franco-belge du divertissement Média-Participations, lesquels injectent 7,5 M$ dans Frima. « Nous cherchions un partenaire financier québécois, qui nous apporterait plus que simplement de l’argent, explique Steve Couture. Le Fonds de solidarité a une équipe spécialisée en média et divertissement, composée de gens connaissant très bien ce marché ici et dans le monde. »


Frima recherchait aussi un partenaire stratégique international capable de solidifier son plan d’expansion et de virage vers le divertissement et l’industrie culturelle. Média-Participations se voulait l’allié idéal. L’entreprise se compose d’une soixantaine de PME actives dans la bande-dessinée, la presse magazine, les livres jeunesse et le dessin animé. Propriétaire des droits de célèbres dessins animés, de Lucky Luke à Astérix en passant par Tintin, Marsupilami et autre Iznogood, Média-Participations comprend bien la valeur de la création de propriété intellectuelle, et la patience que cela commande.


Frima se transforme


L’argent des nouveaux partenaires aidera Frima à poursuivre sa croissance en passant en mode acquisition et à entrer sur le marché européen. « Il y a des entreprises, notamment en animation, production jeunesse, jouets connectés ou réalité virtuelle qui possèdent de beaux talents et de forts antécédents, poursuit Steve Couture. Il nous faudrait longtemps pour arriver au même point organiquement. Procéder par acquisition peut accélérer notre virage vers de nouveaux métiers. »


Ce virage a exigé plus que du financement et l’arrivée de nouveaux actionnaires. Il a en fait suscité une restructuration profonde. En octobre 2015, Frima annonçait la création de Groupe Frima, dont l’objectif est d’élaborer et mettre en oeuvre les stratégies de croissance de l’entreprise, notamment ses projets de partenariat et d’acquisition.


« Cela me permet de me détacher des opérations quotidiennes de Frima pour me consacrer entièrement au développement stratégique de la boîte, précise Steve Couture. Le plan de développement doit être central. Ce n’est pas un élément parmi d’autres, sur lequel nous travaillons lorsque les événements du quotidien nous en laisse le temps. »


Créer un écosystème


Si le Québec a progressé dans l’appui donné aux entrepreneurs et dans le soutien financier et logistique offert aux startups, Steve Couture note qu’il reste difficile de financer une entreprise de technologie en pleine croissance, à la recherche de montants avoisinant les 10 ou 15 M$.


Cela crée une dynamique d’entrepreneuriat en série, dans laquelle les entreprises sont revendues très rapidement, souvent à des intérêts étrangers. « En créant un écosystème plus robuste, soutenant les entrepreneurs et les encourageant à mener leur entreprise plus loin, les ventes rapides ou à rabais seraient moins nombreuses. On y arrivera, avec le temps. »


 

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