Compagnie minière IOC: battre le fer pendant qu’il est chaud

Publié le 07/09/2022 à 14:00

Compagnie minière IOC: battre le fer pendant qu’il est chaud

Publié le 07/09/2022 à 14:00

La filiale de Rio Tinto est spécialisée dans le concentré de minerai de fer. (Photo: 123RF)

ASSURANCES COLLECTIVES ET RÉGIMES DE RETRAITE. En décembre 2019, le régime de retraite de la Compagnie minière IOC, une filiale de Rio Tinto, souscrivait pour 560 millions de dollars de rentes collectives sans rachat des engagements (buy-in). Une transaction qui a couronné plus d’un an de travail et la collaboration d’une foule de parties prenantes. Retour sur cette opération de grande envergure.

« La politique de l’entreprise était de s’éloigner du régime à prestations déterminées, a raconté Jérôme Couture, conseiller principal, actuariat et investissement à Rio Tinto, lors d’un webinaire organisé par Sun Life. Il y avait une volonté de réduire les risques et de se concentrer sur les activités principales de la société.  

Quand le régime, arrivé à maturité, a renoué avec un niveau de capitalisation plus avantageux, ce qui a nécessité des cotisations de l’entreprise, la filiale de Rio Tinto spécialisée dans le concentré de minerai de fer a décidé de passer à l’action. 

« Le processus a débuté en 2018, explique Jérôme Couture. La structure de Rio est assez complexe, il a donc fallu s’assurer dès le départ que le rôle de chacun des intervenants était bien déterminé, et que les attentes de tout le monde étaient identifiées. »

 

Une préparation fastidieuse, mais payante

La phase la plus longue du processus de souscription a été la collecte et le nettoyage des données, se rappelle Jérôme Couture.

Bien que fastidieuse, cette étape est déterminante pour obtenir le meilleur prix possible de la part des assureurs, insiste Véronique Lauzière, associée adjointe, investissements et risques à Solutions Mieux-être LifeWorks.

Conseillère pour Rio Tinto tout au long du processus, elle cite l’importance de réaliser un audit pour s’assurer notamment que les personnes décédées ne sont plus dans le régime. Les données sur l’expérience de mortalité du régime sont primordiales, tout comme les informations sur les types d’emplois occupés par les participants. En effet, les employés qui reçoivent une rémunération horaire ont en moyenne une espérance de vie inférieure à ceux qui ont un salaire annuel. En outre, tous les assureurs n’ont pas nécessairement les mêmes préférences en matière de données. 

« Si les données sont incomplètes ou que leur qualité laisse à désirer, ça crée davantage d’incertitude pour l’assureur, qui va ajouter des marges à sa soumission pour se protéger contre de mauvaises surprises », confirme Eric Soehner, directeur général, structuration, solutions PD à Sun Life. 

Le portefeuille de placement doit lui aussi être optimisé. « C’est l’actif détenu dans la caisse de retraite qui va payer la prime, il faut donc s’assurer d’avoir suffisamment de placements liquides le jour de la transaction », explique Véronique Lauzière.

 

Diviser pour mieux régner

Les promoteurs de régime ont tout intérêt à scinder l’ensemble du groupe de participants en tranches de passifs, chacune ayant un prix spécifique. Les possibilités sont multiples.

« Dans le cas de Rio Tinto, nous avions des participants dans trois provinces, donc trois autorités de réglementation avec qui interagir. On a donc décidé de diviser la transaction en trois tranches pour simplifier les discussions », précise Véronique Lauzière.

Optimiser la division du passif permet parfois d’obtenir de meilleurs prix.

Il y a toujours possibilité de fusionner des tranches par la suite, dans le cas où, par exemple, un assureur serait prêt à consentir un rabais en fonction du nombre d’assurés, ajoute Véronique Lauzière.

Eric Soehner, de Sun Life, conseille toutefois aux régimes de résister à la tentation de soumettre aux assureurs une multitude de scénarios très complexes.

 

Au-delà des chiffres

Le choix d’un assureur ne doit pas se limiter à une simple comparaison des montants des soumissions.

« Quand on choisit un assureur dans le cadre d’une souscription de rentes, c’est un peu comme si on se mariait. C’est important de bien s’entendre, il ne faut pas juste regarder le compte en banque ! », image Véronique Lauzière. 

Attribuer une note à chacun des assureurs concernés par l’appel d’offres permettra de trancher à prix égaux. Pour certains promoteurs, le degré d’expérience dans le secteur des rentes collectives va être jugé très important, alors que d’autres vont se baser sur la solidité financière ou sur le processus administratif. 

À Rio Tinto, les questions de cybersécurité étaient au cœur des préoccupations. « L’objectif était de diminuer les risques pour l’entreprise, souligne Jérôme Couture. On ne voulait pas transférer un risque et finir par en assumer un autre ! Nous cherchions donc un assureur qui avait les mêmes normes que nous. »

 

Choisir le bon moment 

La transparence dans les communications avec les assureurs est essentielle à bien des égards, mais elle est particulièrement importante pour fixer une date à laquelle aura lieu la fameuse journée lors de laquelle les assureurs enverront leurs soumissions au promoteur du régime.

« Il faut entre autres éviter de tomber la même journée qu’une autre transaction », prévient Eric Soehner. Ce conseil est d’autant plus valable pour les petits régimes, qui ne voudraient surtout pas se trouver dans l’ombre d’une mégatransaction.

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