Catherine Dagenais, la première femme à la tête de la SAQ

Publié le 18/09/2019 à 11:53

Catherine Dagenais, la première femme à la tête de la SAQ

Publié le 18/09/2019 à 11:53

Catherine Dagenais

«N’hésitez pas à vous lancer, à dire à vos supérieurs ce que vous voulez apprendre», dit Mme Dagenais. (Photo: courtoisie)

Avec Kelly Jacques

BLOGUE INVITÉ.  En juin 2018, Catherine Dagenais était nommée la première femme à la tête de la Société des alcools du Québec (SAQ), après avoir gravi les échelons pendant près de deux décennies.

Mme Dagenais est d’avis que le caractère public de la SAQ en différencie les pratiques. Elle est fière de rendre service aux Québécois et pense qu’avec le centenaire de la SAQ qui approche, la province et ses résidents ont démontré qu’ils sont attachés à la Société.

« Je pense que les Québécois peuvent être fiers de cet anniversaire, parce que c’est leur SAQ, dit Mme Dagenais. Et au bout du compte, les revenus de l’entreprise sont investis dans la santé, l’éducation et les routes, notamment. »

Mme Dagenais affirme que la SAQ ne pourrait être un tel fleuron si ce n’était de la culture d’innovation qu’elle cultive. Du nouvel employé jusqu’au plus chevronné, la SAQ est réceptive aux idées de tous, peu importe leur ancienneté.

Au cours des 100 dernières années, la compagnie a mis en œuvre plusieurs initiatives, comme les pastilles de goût, l’application mobile et le retrait des sacs à usage unique il y a 10 ans, alors que la pratique n’était pas encore courante.

« Le fait qu’il y a dix ans nous avons cessé d’offrir les sacs à usage unique dans nos magasins démontre que nous innovions même à ce moment-là, dit Mme Dagenais. C’est un processus qui est ancré dans le comportement de nos employés et qui doit se poursuivre. »

Mme Dagenais admet qu’elle n’aspirait pas à prendre la direction de la Société, mais travaillait plutôt à franchir les obstacles qui se présentaient à elle au jour le jour. Femme de famille, Mme Dagenais a toujours mis l’accent sur l’importance de la recherche de nouveaux défis en élevant ses filles.

« Vivre des expériences variées permet de devenir un meilleur dirigeant, une meilleure personne et un meilleur employé, partage Mme Dagenais. Je ne me suis jamais dit, “je veux être vice-présidente” ou, “je veux être PDG”. Mon objectif a toujours été d’évoluer et de saisir les opportunités au fil du temps, selon l’endroit où j’étais rendue. »

La volonté de résoudre chaque problème qu’elle rencontre est l’une des clés de son succès. Au cours des 19 dernières années, la trajectoire de sa carrière a été linéaire : elle a commencé comme directrice de secteur en 2000 avant de progresser dans six autres postes. Chaque rôle lui a permis de développer de nouvelles compétences, l’une des raisons pour lesquelles elle a décidé de construire sa carrière à la SAQ.

« En exerçant le même rôle dans 10 compagnies, on risque de ne jamais évoluer, explique-t-elle. En exerçant sept rôles différents au sein de la même entreprise, il y a plus de potentiel pour la croissance personnelle. »

Malgré une carrière prospère à la SAQ, Mme Dagenais souligne que sa famille a toujours été sa priorité. Elle se sent au meilleur de sa forme quand elle s’occupe à la fois de son travail et de sa famille.

« Un jour, ma fille m’a demandé, “Quand est-ce que tu vas prendre ta retraite maman” », se rappelle Mme Dagenais. « Elle n’avait que cinq ans et je lui ai dit, “Je ne pense pas que tu souhaites que maman soit retraitée parce que je ne serais pas heureuse et je serais impatiente.” Et elle m’a regardée et elle m’a dit, “D’accord, je comprends » ».

Mme Dagenais explique sa capacité à maintenir l’équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie de famille au fait qu’elle a accepté qu’elle ne pouvait pas tout faire. Elle a appris à demander de l’aide au lieu de s’isoler. Par conséquent, Mme Dagenais n’est pas d’accord avec une expression souvent utilisée pour décrire la vie des dirigeants.

« Certains disent que l’on se sent seul quand on dirige, songe Mme Dagenais. Ce que je réponds, c’est que j’ai une équipe fantastique. »

Mme Dagenais pense que vivre une vie équilibrée en tant que dirigeante démontre à son équipe qu’il est possible d’avoir à la fois une famille et de réussir dans sa carrière. Une équipe qui se sent comprise par la direction est plus performante et Mme Dagenais est fière de l’esprit de groupe qui définit la SAQ. Adepte de la politique de la porte ouverte, Mme Dagenais pense que la direction n’a pas besoin de suivre une hiérarchie descendante.

« Je définis le leadership avec tellement de mots, dit-elle. L’authenticité est l’un de ces mots : quand on parle aux gens, l’authenticité fait avancer la conversation. Être un bon dirigeant c’est avoir une relation avec les gens et être conscient de ce qui se passe autour de soi. Ce n’est pas être dans un bureau derrière une porte close. »

Mme Dagenais souhaite que ses employés se sentent épanouis dans leur carrière. Son conseil aux jeunes travailleurs serait qu’ils demandent à leur gestionnaire de les aider à trouver leur passion au sein de l’entreprise.

« C’est la même chose que je recommanderais à mes filles, dit Mme Dagenais. Amusez-vous, aimez ce que vous faites. N’hésitez pas à vous lancer, à dire à vos supérieurs ce que vous voulez apprendre. Ayez confiance en vous-même, parce que vous avez toutes les réponses. »

Lien vers le balado (en anglais seulement)

Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD et produite par Marie Labrosse, étudiante à la maîtrise en langue et littérature anglaises à l’Université McGill. L’entrevue intégrale fait partie de la plus récente saison de The CEO Series et est disponible en baladodiffusion. Kelly Jacques est étudiante à la licence en Business à l'Université McGill.

 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore