Linagora veut «ubériser» le marché des TI


Édition du 30 Janvier 2016

Linagora veut «ubériser» le marché des TI


Édition du 30 Janvier 2016

[Photo : Shutterstock]

Donner du pouvoir aux utilisateurs des technologies face à leurs fournisseurs, c'est la mission que s'est donnée Linagora. En proposant des logiciels libres aux entreprises, elle les aide à transformer leur relation aux technologies de l'information (TI).

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«Le credo de Linagora, c'est d'"ubériser" le marché de l'informatique», dit Alexandre Zapolsky, pdg et cofondateur de cette entreprise française de logiciels libres.

Ubériser ? L'expression est à la mode en France. «L'impact d'Uber sur le marché du taxi a été de recréer de la compétition, de permettre aux clients d'avoir plus de pouvoir vis-à-vis du fournisseur et, donc, d'obtenir un meilleur service à moindre coût. C'est la promesse que nous apportons avec nos logiciels et services dans le secteur informatique», explique-t-il.

Pour M. Zapolsky, une entreprise comme Linagora ouvre une troisième voie numérique entre les grands acteurs américains du logiciel propriétaire et des plateformes d'infonuagique à la Microsoft et les nouveaux acteurs chinois, très présents sur certains marchés asiatiques et africains. La troisième voie, c'est le logiciel libre, la coconstruction et le codéveloppement. «Cela offre l'occasion d'être autre chose qu'un simple acheteur de technologie, qu'elle soit américaine ou chinoise», souligne-t-il.

Une offre diversifiée

Fondée en France en 2000, Linagora a fait son entrée au Canada à la fin de 2013. Spécialisée dans l'édition de logiciels libres, le soutien aux logiciels libres et les services professionnels, elle compte 150 employés, dont 3 au Canada.

Côté produits, elle offre principalement cinq logiciels. Mentionnons OBM, un logiciel de messagerie, d'agenda et de collaboration pour entreprises, conçu pour l'infonuagique privée ou publique. Pour sa part, LinShare est une solution de partage de fichiers. Les deux peuvent bien se marier. «Tous les utilisateurs d'OBM utilisent LinShare, l'inverse n'étant pas nécessairement vrai, puisque LinShare peut être employé avec des messageries comme Thunderbird ou Outlook», dit M. Zapolsky.

Quant au logiciel Linid, il permet de gérer l'accès aux données, ainsi que Petals, une solution d'enterprise service bus (ESB), une technique qui aide des applications à communiquer entre elles. Linagora offre également OpenPaaS, qui combine un réseau social d'entreprise, une plateforme en nuage et des applications. En juillet 2015, l'État français, moins frileux que le gouvernement québécois en matière de logiciels libres, annonçait un investissement de 10,7 millions d'euros (16,5 M$ CA) dans le soutien du programme de R-D OpenPaaS mené par Linagora, XWiki et Nexedi.

Linagora compte parmi ses clients la Société Générale, Areva, le géant de la distribution Carrefour et la SNCF. Mais Linagora reste beaucoup plus présente auprès d'acteurs publics que privés. En France, 6 administrations sur 14 utilisent ses solutions, dont la Gendarmerie Nationale (100 000 utilisateurs), le ministère des Finances (150 000) et le ministère de l'Intérieur (30 000). Dans certains pays comme la Tunisie, le Sénégal, la Côte-d'Ivoire ou le Vietnam, Linagora équipe tout le gouvernement, dit Alexandre Zapolsky.

Ce dernier rêve de voir le Québec s'ouvrir non seulement à l'utilisation, mais au développement des logiciels libres. «Il reste au Québec à choisir d'être autre chose qu'un consommateur de technologies fabriquées ailleurs. Avec le logiciel libre, il pourrait suivre la voie qu'il a empruntée avec les jeux vidéo et devenir un développeur.»

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