À la conquête de la troisième dimension


Édition du 10 Octobre 2015

À la conquête de la troisième dimension


Édition du 10 Octobre 2015

L’équipe de Tomás Dorta vient de mettre au point un curseur 3D qui permet d’accomplir un pas de plus dans la réalité virtuelle.

Le milieu de la recherche universitaire est très actif au Québec. Ce dynamisme se manifeste dans les travaux de chaires de recherche de haut niveau qui rayonnent à l'échelle internationale. Gros plan sur des chercheurs québécois émérites dans différents domaines.

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Quand il travaillait en tant qu'architecte, en début de carrière, Tomás Dorta a compris qu'entre l'imagination du concepteur et la réalité, il y avait tout un monde. «Lorsque j'ai aperçu mon premier immeuble s'élever à Caracas [la capitale du Venezuela], j'étais face à un objet étranger dont je ne reconnaissais pas les proportions», dit-il.

C'est ce désir de voir se matérialiser un projet avant même sa construction qui a été la clé du cheminement de ce professeur et chercheur principal à l'École de design de l'Université de Montréal. Le chercheur d'origine vénézuélienne et son équipe viennent de mettre au point un curseur 3D qui permet d'accomplir un pas de plus dans la réalité virtuelle. «Tout l'environnement dans lequel nous naviguons est en 2D et fonctionne sur un axe X-Y. Pourtant, les applications en 3D sont de plus en plus présentes !» dit-il.

Naviguer entre différentes couches d'information

Avec ce curseur 3D, qui se manipule à l'aide d'une tablette, d'un téléphone ou de n'importe quel appareil portatif, la petite flèche, qui semble bloquée à la surface de l'écran, pourrait bien être chose du passé. Il permet de naviguer entre les différentes couches d'information, de se rendre derrière les objets et de se déplacer dans un univers immersif.

«Cela permet aussi d'interagir de façon naturelle avec cet espace tridimensionnel. Si vous sélectionnez un objet avec votre téléphone, il se retrouve en quelque sorte dans votre main. Vous pouvez prendre un cube, le tourner, le faire monter ou descendre», illustre le professeur.

Cette innovation rend l'utilisation du curseur très intuitive, aussi simple que lorsqu'on se sert de ses mains, ajoute Tomás Dorta. Par exemple, dans un environnement de design, il serait possible de passer d'une pièce à l'autre, de déplacer un meuble, de changer la couleur des murs d'un simple mouvement de la main. Plus besoin de souris.

Les applications possibles sont multiples : jeu vidéo, ingénierie, urbanisme, médecine. Plongés dans cet univers en trois dimensions, les médecins pourraient examiner une tumeur de façon plus immersive, en la bougeant, en déplaçant virtuellement les organes autour, etc.

Stimuler la cocréation

Le curseur 3D permet d'utiliser à plusieurs le même ordinateur avec sa tablette, explique le professeur. «Pendant un cours d'anatomie, les étudiants pourraient choisir d'étudier une partie du corps en détail sur sa tablette, tout en conservant une vision d'ensemble collective du squelette à l'avant de la salle.» Une application qui facilite le travail d'équipe.

Le laboratoire de recherche en design Hybridlab, dirigé par M. Dorta, vise à créer un univers immersif et collaboratif destiné à stimuler la créativité. Il est financé, entre autres, par la Fondation canadienne pour l'innovation. «Quand nous avons constaté l'intérêt commercial de nos produits, nous avons fait appel à Univalor», dit-il. Cette société, qui commercialise les découvertes technologiques issues de l'université, a participé à la création d'Hybridlab, entreprise incorporée en janvier 2015.

Ces technologies ont été bien accueillies par les participants, des professionnels de l'infographie et des technologies interactives lors de la conférence SIGGRAPH, qui a eu lieu en août à Los Angeles. «Sur place, nous avons constaté qu'il existe plusieurs lunettes de réalité virtuelle. Mais ce que nous avons développé est unique en son genre», soutient M. Dorta.

D'ailleurs, plusieurs clients de différents pays se sont montrés intéressés par la technologie du professeur Dorta et sont en pourparlers avec l'entreprise. Un succès pour lui. «C'est une chose de faire de la recherche fondamentale. Mais quand on peut synthétiser l'objet de cette recherche dans un produit qui a un réel bénéfice pour la société, on est vraiment content. Et si on peut le commercialiser à l'international, c'est tant mieux !»

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