MBAM: moins d'argent, mais plus de projets


Édition du 22 Mars 2014

MBAM: moins d'argent, mais plus de projets


Édition du 22 Mars 2014

Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM)

Dans un monde «normal», les organisations sans but lucratif limitent leurs projets lorsque les subventions diminuent. Mais pas dans l'univers de Nathalie Bondil. Même si les subventions au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) sont gelées depuis 1995, la directrice et conservatrice en chef déborde de projets.

Il faut dire que sa clientèle en redemande. «En janvier 2011, le Musée des beaux-arts de Montréal comptait 36 000 abonnements ; nous sommes rendus à 87 000», affirme Mme Bondil.

Après le pavillon Bourgie, en 2011, le MBAM connaîtra une autre expansion avec l'ouverture en 2017 du pavillon Hornstein (grâce à un don évalué à environ 75 M $). Comme le dit Mme Bondil, deux expansions en six ans dans une économie morose, «c'est énorme !» Et en 2014, le MBAM devrait atteindre pour la première fois son million de visiteurs annuels ; il y en a eu 600 000 en 2010.

Dans un contexte où les finances publiques sont sous haute surveillance, cette croissance rapide pose tout un défi. Sans parler des frais d'exploitation qui ne cessent d'augmenter. Par exemple, si le MBAM a reçu une aide généreuse pour construire les nouveaux pavillons Bourgie et Hornstein, aucune subvention récurrente ne couvrira leur exploitation. À lui seul, faire rouler le pavillon Hornstein coûtera de 800 000 $ à 1 M$ par année. «En 1995, rappelle Mme Bondil, le musée employait 100 personnes de plus.»

Malgré tout, le niveau d'autofinancement du musée a été haussé de 45-50 %, il y a 10 ans, à 50-55 % cette année.

L'obligation d'exporter

Dans cet exploit, les expositions comptent pour beaucoup : les expositions au MBAM et celles dont il est l'organisateur concepteur et qui sont «vendues» à d'autres musées dans le monde.

Pour survivre financièrement, le MBAM doit donc attirer des visiteurs aux expositions. De plus en plus de visiteurs, donc de plus en plus d'expositions qui doivent être de plus en plus intéressantes. Tout ça, rappelons-le, avec des subventions gelées depuis près de 20 ans, à moins de 15 M$.

On peut évidemment «acheter» des expositions, mais comme la demande de ce type d'événements augmente dans le monde, les prix ont bondi. Mme Bondil raconte que le Musée Picasso, de Paris, actuellement fermé pour rénovations, a offert sa collection à plusieurs musées pour financer ses travaux, dont le MBAM. «Ça nous aurait coûté des millions de dollars ; c'était presque indécent !»

Comme solution, la conservatrice a choisi de mettre en place elle-même des expositions, d'en gérer le développement et de les vendre à d'autres musées. L'exposition sur le couturier Jean Paul Gaultier, celle sur le Pérou et plus récemment celle sur Venise en sont des exemples.

«En 2014, nous accueillerons trois expositions à Montréal et certaines de nos expositions visiteront six autres villes, précise-t-elle. En 2017, 10 ans après le début de cette stratégie, des expositions conçues à Montréal auront fait le tour de 25 villes.»

Mme Bondil croit modestement qu'elle s'inscrit tout simplement dans un large mouvement très québécois. «Au Québec, la culture s'exporte beaucoup parce qu'on n'a pas le choix, le marché intérieur est trop petit. C'est formidable !»

Exporter nos expositions permet d'en réduire le coût de moitié, donc de faire des expositions de plus grande envergure et d'attirer plus de visiteurs qui génèrent plus de revenus autonomes. «Mon but est de faire de grands projets et de les financer, pas de faire de l'argent.»

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