La Russie meurt à petit feu

Publié le 29/07/2009 à 00:00

La Russie meurt à petit feu

Publié le 29/07/2009 à 00:00

Par François Normand

Renaissance économique, nouveau leadership, idée de grandeur : depuis 10 ans, la Russie veut redevenir une puissance mondiale. Mais cet ambitieux projet de l'ex-URSS risque de faire chou blanc en raison de son déclin démographique.La nouvelle ne fait pas les manchettes, mais la population de la Russie diminue constamment depuis la fin de la guerre froide. Ainsi, du début de 1993 à avril 2009, elle est passée de 148,9 millions à 141,9 millions, selon l’Office fédéral d’État aux statistiques (Rosstat).

Ce n’est pas rien. Ce sont sept millions d’habitants, soit grosso modo la population du Québec! Pis encore : de 2008 à 2025, Rosstat prévoit (selon son scénario médian, donc ni optimiste ni pessimiste) que la Russie pourrait perdre encore 11 millions de personnes, soit l’équivalent de la population de la Grèce.

Ce déclin démographique - qui n’a pas débuté avec la douloureuse transition économique au capitalisme dans les années 1990 – tient à plusieurs facteurs, selon le quotidien français Le Monde.

-un faible taux de natalité (1,4 enfant par femme en 2007)

-une immigration anémique (la population est souvent hostile aux immigrants)

-une surmortalité masculine liée à l’alcoolisme et aux mauvaises conditions de vie et de santé (un homme sur trois meurt entre 20 et 60 ans)

-un sous-investissement en santé (4,2% du PIB en 2007, alors que la moyenne des pays occidentaux oscille de 8 à 10%).

Cette crise démographique aura des répercussions à moyen et long terme sur l’économie russe. Les gains de productivité pourront difficilement compenser cette diminution rapide et constante de la population du pays. Résultat, le produit intérieur brut (PIB) finira tôt ou tard par stagner - voir diminuer dans les prochaines années – en excluant les cycles économiques.

Et comme la puissance militaire et politique d’un pays repose sur sa puissance économique, les États-Unis en sont le meilleur exemple, la Russie pourra difficilement redevenir un joueur incontournable dans les relations internationales.

Au mieux, elle sera une puissance régionale en Europe et en Asie centrale, notamment grâce à son arsenal nucléaire.

Au XXe siècle, les grandes puissances qui dirigeront le monde seront les États-Unis, la Chine et l’Inde – trois pays dont la population et l’économie continueront de croître – sans parler de l’Union européenne, qui compte 500 millions d’habitants et qui possède actuellement la plus importante économie au monde.


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