Rona, une aubaine permanente ?

Publié le 30/04/2011 à 00:00, mis à jour le 20/05/2011 à 15:01

Rona, une aubaine permanente ?

Publié le 30/04/2011 à 00:00, mis à jour le 20/05/2011 à 15:01

Par Marie-Claude Morin

En juillet 2008, l'action de Rona s'échangeait à 11,73 $. Dans le cadre d'un article sur le quincaillier, Les Affaires titrait alors : " Les actionnaires de Rona devront être patients ". Trois ans plus tard, le titre vaut 13,64 $, et le même titre pourrait être employé.

Les anglophones utilisent une expression imagée pour qualifier les titres constamment sous-évalués : ils les appellent des " value traps ". En raison de leur allure d'aubaines, ces titres attirent les investisseurs de style valeur, qui se retrouvent pris au piège avec des titres qui ne se redressent jamais en Bourse.

Avec une appréciation de moins de 2 % depuis trois ans et un multiple d'évaluation à 10,3 fois les profits attendus en 2011, Rona est-il un value trap ? Les Affaires a posé la question à quatre gestionnaires de portefeuille.

Alain Chung, vice-président exécutif chez Gestion de placements Claret

" Nous sommes neutres par rapport à Rona car nous croyons que l'entreprise a du potentiel, mais que la direction doit trouver le moyen de le réaliser. Quant au titre, oui, il est en quelque sorte un value trap. Il stagne parce qu'il n'y a pas de catalyseur. " Selon M. Chung, Rona se trouve dans une position un peu embêtante. Pour augmenter ses activités de distribution, elle devrait consolider le marché. Elle en aurait la possibilité vu le nombre d'indépendants, mais son évaluation boursière actuelle rend l'acquisition de ces indépendants moins attrayante. " Ça leur prendrait un ratio cours-bénéfice de 18 au lieu de 11. Ce serait alors plus intéressant d'acheter une entreprise à 10 fois les profits et de la payer en actions. " En conséquence, le quincaillier doit compter surtout sur la reprise économique pour renouer avec la croissance.

Stéphane Gagnon, gestionnaire principal, actions canadiennes au Fonds des professionnels

" Oui, le titre donne vraiment l'impression d'être un value trap. En fait, le problème principal de Rona est qu'il est dans le mauvais secteur. " Les investisseurs boudent les titres de consommation discrétionnaire en raison du contexte géopolitique actuel, qui augmente les craintes d'inflation, ce qui diminuera le pouvoir d'achat des consommateurs. De plus, le marché de la quincaillerie souffre du ralentissement des mises en chantier et d'une concurrence plus forte. " Home Depot et Lowe's sont très ambitieuses : leur expansion se fera aux dépens de quelqu'un. " Rona pourra se défendre en consolidant un marché où l'on trouve encore plusieurs détaillants indépendants et en tablant sur sa marque nationale forte, nuance M. Gagnon. À court terme, le gestionnaire n'entrevoit pas de catalyseurs susceptibles de propulser le titre en Bourse.

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