Voici pourquoi la Banque du Canada ne relèvera pas ses taux de sitôt

Publié le 25/01/2013 à 12:51, mis à jour le 08/10/2013 à 08:17

Voici pourquoi la Banque du Canada ne relèvera pas ses taux de sitôt

Publié le 25/01/2013 à 12:51, mis à jour le 08/10/2013 à 08:17

Par Yannick Clérouin

La faiblesse des prix est un autre signe que l'économie canadienne traverse une période plus sombre. Photo: Bloomberg

Les observateurs ont semblé surpris de voir la Banque du Canada retarder au-delà de 2013 une première hausse de ses taux d’intérêt depuis le 8 septembre 2010. Mais la faiblesse des prix des biens et services au cours des deux derniers mois de 2012 au pays constitue une autre bonne raison de penser qu’il n’y a pas urgence de resserrer les conditions de crédit pendant un bon moment.

«Si vous aviez besoin d’une autre raison pour vous convaincre que la Banque du Canada ne relèvera pas ses taux d’intérêt de sitôt, ne regardez pas plus loin que les données sur l’inflation publiées aujourd’hui», écrit Sherry Cooper, économiste pour BMO Groupe financier.

La baisse de l’indice des prix à la consommation (IPC) en décembre est plus prononcée que prévu, signale Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins.

En moyenne, les prix ont reculé de 0,6 % au pays, notamment en raison du repli de 4,4 % des prix des vêtements, de 2,4 % des prix de l’essence et de 1,2 % des prix dans le secteur automobile.

À lire: Les prix baissent au Québec et au Canada pour un deuxième mois et

Le dollar canadien glisse pour une troisième séance consécutive

Les données parlent d'elles-même: le Canada affiche un des plus faibles taux d’inflation parmi les pays développés, note Mme Cooper.

Inflation modérée jusqu'à la mi-2014

«Les statistiques d’inflation ont été bien plus faibles que prévu, traduisant non seulement une baisse des prix de l’énergie, mais essentiellement une augmentation des capacités économiques inutilisées au Canada», écrit Krishen Rangasamy, économiste pour la Banque Nationale.

Marie-Claude Guillotte, économiste à la Banque Laurentienne, abonde dans le sens de M. Rangasamy. «L’environnement de désinflation qui s’est amorcé au cours de 2012 n’est pas que le reflet de prix de l’essence plus faible, mais plutôt une croissance économique modeste exerçant peu de pressions sur les prix. À cela s’ajoute une période d’endettement élevé chez les ménages, les incitant à faire des choix plus réfléchis avant de passer à la caisse.»

Le fléchissement des prix observé en fin d’année au pays s’ajoute en effet à une kyrielle d’autres données économiques qui témoignent de la faiblesse de l’économie canadienne. L’endettement des ménages est à un sommet historique, tandis que le secteur immobilier a considérablement ralenti à la fin de 2012. Dans certains marchés du pays, dont Vancouver, l'immobilier est même en mode correction. Lisez Immobilier: les ventes de maisons chutent de 17%, le marché en mode correction

Dans ce contexte, les économistes prévoient que les prix augmenteront modestement en 2013. «Ce n’est qu’au deuxième semestre de 2014 que l’inflation atteindra la cible de 2 %, au même moment où les capacités de production excédentaires auront été absorbées», soutient Mme Guillotte.

Cela dit, Benoit Durocher juge improbable que la Banque du Canada ne réduise son taux cible de fonds à un jour (le taux auquel elle prête aux institutions financières) à court terme, «à moins d’une catastrophe économique».

 

 

 


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