Hackathons: le pouvoir de la foule pour innover... et recruter!

Publié le 11/09/2019 à 14:32

Hackathons: le pouvoir de la foule pour innover... et recruter!

Publié le 11/09/2019 à 14:32

La salle où travaillaient plusieurs équipes ayant participé au hackathon de Radio-Canada.

La salle où travaillaient plusieurs équipes ayant participé au hackathon de Radio-Canada. (Photo: courtoisie)

INNOVATION. Qui a dit que les concours d’innovation ouverte étaient des inventions récentes ? Le tout premier date en effet de... 1714!

Cette année-là, une loi a été votée au Parlement britannique, le Longitude Act, pour réussir à déterminer la longitude d’un navire en mer, afin d’éviter les nombreux accidents maritimes de l’époque. Elle offrait vingt mille livres (l’équivalent d’environ un million et demi de dollars américains actuels) à la personne qui arriverait à calculer cette coordonnée de manière fiable. L’Histoire retiendra que c’est l’horloger autodidacte John Harrison qui remportera le prix... plusieurs décennies plus tard, en 1761.

«Aller chercher des idées ailleurs, c’est vieux comme le monde», résume Aurélie Wen, directrice Amérique du Nord d’Agorize, une plateforme qui organise justement des défis d’innovation ouverte pour de grandes entreprises. À l’ère du numérique, on utilise davantage le terme hackathon – un mot-valise constitué de hack (informatique) et de marathon – en référence à la durée de ces concours, qui se déroulent sans interruption pendant plusieurs jours, généralement les fins de semaine.

Créée en France en 2011, la jeune pousse Agorize a d’ailleurs conclu une ronde de financement de 20M$ en avril, dont 3M$ alloués pour son développement au Canada. Selon l’entreprise, sur les 5 636 hackathons organisés à travers le monde en 2018 – une augmentation de 26% comparé à l’année précédente –, 247 ont eu lieu au Canada, ce qui place le pays au 5e rang mondial, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, entre autres.

Le Mouvement Desjardins a d’ailleurs imaginé son propre concours, le Coopérathon, qui se revendique comme «la plus grande compétition d’innovation ouverte au monde». «Notre objectif premier est socioéconomique: comment fait-on une différence dans la vie des humains et impulsons un cercle vertueux par l’innovation?» explique Martin Brunelle, vice-président transformation et bureau des projets chez Desjardins. À suivre à partir du 2 octobre, alors que la 4e édition du Coopérathon débutera au Stade olympique de Montréal.

Objectif innovation, mais aussi recrutement

La plupart des entreprises organisent toutefois ce type d’évènements avec des intérêts moins altruistes que la coopérative financière. «Nous sommes le lien manquant entre les entreprises qui veulent recruter et innover et les personnes qui veulent accélérer leur carrière ou leur start-up», indique Aurélie Wen.

Contrairement aux idées reçues, l’innovation n’est effectivement pas toujours le but premier affiché par l’organisateur d’un hackathon. «Les trois usages les plus fréquents sont le travail sur son image de marque, le recrutement de talents et la recherche d’innovations», confirme Mme Wen. «Mais l’innovation et les talents sont intimement liés, nuance-t-elle. Une innovation n’est pas simplement une bonne idée, c’est aussi les bonnes personnes qui vont la mettre en place. Les vainqueurs remportent davantage pour leur potentiel créatif et innovant que pour leurs idées.»

Un exemple? Le responsable de l’équipe gagnante de l’édition 2018 de l’hackathon organisé par Radio-Canada vient d’être recruté en tant que chef de l’innovation par le radiodiffuseur public. «Nous avons organisé des hackathons dans l’objectif de découvrir de nouvelles idées, mais aussi de stimuler l’implication et la motivation de nos équipes, tout en offrant une vitrine de recrutement pour Radio-Canada, détaille Dominique Gagné, directrice des opérations aux médias numériques à la société d’État. Nous envoyons le message que l’on fait beaucoup d’innovations à l’interne, par exemple en travaillant avec l’intelligence artificielle.»

La troisième édition de leur hackathon s’est conclue en février dernier et les résultats sont à ce jour «très positifs», selon Mme Gagné. «C’est un investissement en ressources, mais cela vaut vraiment le coup à long terme.» Une des équipes lauréates de cette année est d’ailleurs en train de travailler avec Radio-Canada sur un prototype plus avancé de leur outil destiné à lutter contre les fausses nouvelles.

 

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