Se financer en temps de vaches maigres

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Avril 2015

Se financer en temps de vaches maigres

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Édition du 25 Avril 2015

[Photo: Shutterstock]

Les sociétés minières doivent faire preuve d'ingéniosité pour boucler leur montage financier, quitte à faire appel à des instruments financiers sophistiqués et à diversifier leurs sources.


Cliquez ici pour consulter le dossier «Industrie minière: Cap sur de nouvelles filières»


Le 8 juillet 2014, Stornoway Diamond bouclait le plus important financement jamais réalisé par une société publique diamantifère : un montage complexe de 946 millions de dollars, soit suffisamment pour assurer le développement de son projet Renard jusqu'à la production commerciale, prévue pour 2017.


Cette gigantesque opération incluait de nombreux acteurs, dont le fonds privé new-yorkais Orion Mine Finance, Ressources Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec, dans un savant mélange de souscriptions au capital-actions, de prêts, de financement d'équipement et de ventes à terme. Le tout a été complété par une émission d'actions ordinaires sur les marchés publics.


«On a tout fait en même temps, souligne Matt Manson, président et chef de direction à Stornoway. Chacun savait d'où venaient le financement et les ententes.»


L'exemple de Stornoway Diamond pourrait bien devenir un cas d'école, tant il met en lumière les principales tendances du financement de projet. Comment une société d'exploration dont la capitalisation boursière ne dépassait pas 130 M$ en est-elle venue à établir un record historique dans un contexte financier aussi morose ?


«Une des clés des marchés publics pour une émission aussi importante, c'est que l'ensemble du montage financier soit bien ficelé», estime Nicolas Brunet, directeur, banque d'affaires et services bancaires aux sociétés, de BMO Marchés des capitaux.


Stornoway a exploité presque tous les instruments financiers. Outre les prêts garantis et non garantis ainsi que les émissions d'actions, l'élément le plus novateur est sans aucun doute la vente à terme de 20 % de la production de la mine à Orion et à la Caisse de dépôt, en échange d'un paiement anticipé de 250 M$. Stornoway n'est certes pas la seule à s'être résignée à la vente à terme : Euromax a conclu en mars une entente similaire avec Royal Gold en échange d'un financement de 175 M$ pour développer sa mine Ilovitza (or et cuivre), en Macédoine.


À l'avantage des investisseurs


Les ventes à terme et les redevances sont devenues une sorte de passage obligé dans le secteur minier, en raison du resserrement des marchés traditionnels. Les sociétés spécialisées dans ce genre d'ententes, telles Royal Gold, Silver Wheaton et Franco-Nevada, jouent désormais un rôle crucial dans le financement de projets (la capitalisation boursière de ces trois sociétés atteint 20 milliards de dollars).


«La valeur marchande des sociétés de royautés [redevances] dans le secteur minier est plus de six fois ce qu'elle était en 2006», note M. Brunet.


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