L'industrie de la géothermie décolle

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 16:33

L'industrie de la géothermie décolle

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 16:33

Par Ulysse Bergeron

La géothermie gagne en popularité. En cinq ans, le nombre de Québécois s'étant doté d'un système géothermique a doublé, faisant de la province le deuxième marché canadien en importance après l'Ontario.


Le Québec n'est pas en reste. Quasi inexistante il y a une décennie, la valeur commerciale de cette industrie oscille aujourd'hui entre 75 et 100 millions de dollars, selon les estimations de la Coalition canadienne de l'énergie géothermique, ce qui représente près de 25 % des unités posées dans l'ensemble du Canada. L'an dernier, plus de 1 500 systèmes ont été installés au Québec.


L'industrie a fait peau neuve au cours des dernières années, selon Denis Tanguay, président de la CCEG. Depuis près d'une décennie, la Coalition s'efforce d'encadrer l'industrie. Cela s'est traduit par la mise en place, entre autres, de certifications pour les travailleurs et les entreprises. «On a pu ainsi écarter les entreprises qui ne faisaient pas le travail sérieusement», indique-t-il.


Ces démarches ont eu pour effet d'insuffler une certaine crédibilité à l'industrie. Au Québec, cela s'est traduit par la création de programmes d'aide financière provincial et fédéral.


Ces aides permettraient de faire passer la rentabilité de l'investissement de 10 à 7 ans environ, estime François Levreault, directeur des ventes chez Ecothermex, entreprise spécialisée dans l'installation de systèmes géothermiques intégrés.


Combien ça coûte ?


Il est difficile de répondre à cette question, «car c'est vraiment au cas par cas», poursuit M. Tanguay. Dans les deux derniers rapports annuels, la CCEG a souligné que le prix moyen d'un système n'est pas un indicateur fiable, car il comprend des variables telles que la dimension des habitations et les coûts relatifs locaux de la construction.


La CCEG établit plutôt ses estimations à partir du prix moyen par tonne, ce qui prend en considération la capacité de chauffage du système. Au Canada, en 2010, le prix moyen par tonne d'un système vertical était de 7 900 $ et celui d'un système horizontal, de 6 100 $.


La croissance du secteur a poussé des entreprises à développer ce créneau. Ecothermex, qui installe de 25 à 40 systèmes résidentiels chaque année, a développé son offre de services. L'entreprise de Saint-Lin est née du regroupement de Therm-Air Confort, oeuvrant en climatisation, et des P.E. Lajeunesse, spécialisée en forage. «Notre objectif est de pouvoir offrir un produit clés en main», résume François Levreault.


Mais une ombre plane sur l'industrie. En août, Hydro-Québec a annoncé son intention d'abolir, dès le 31 décembre, le programme de subvention à la géothermie, qu'elle ne juge pas rentable.


L'impact de cette décision sera «dramatique» pour l'industrie, croit Denis Tanguay. «L'industrie se fait couper l'herbe sous le pied alors qu'elle prend son envol.» Il déplore que de tels programmes puissent être abolis sans préavis.


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