Fort potentiel du solaire

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 16:34

Fort potentiel du solaire

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 16:34

Le Québec n'est pas le Sahara, mais il n'en a pas moins un potentiel solaire non négligeable. Le potentiel de Montréal est de 1 150 kilowattheures. «C'est un potentiel solaire plus important que celui de l'Allemagne - plus grand producteur de solaire du monde - qui est de 800 kWh», fait remarquer Yves Poissant, chercheur à la division solaire photovoltaïque du Centre de technologie de l'énergie de CANMET, situé à Varennes.

Mais, à l'instar d'autres énergies renouvelables, le développement du solaire est principalement freiné par le faible coût de l'électricité dans la province. La production d'énergie solaire - pour le domaine résidentiel - gravite autour de 0,25 $ le kWh, alors que le coût de l'électricité produit par la grande hydraulique est d'environ 0,06 $ le kWh. Au Québec, seulement 19 clients d'Hydro-Québec s'alimentant au solaire se sont raccordés au réseau.

Cette tendance pourrait changer au cours des prochaines années, croit Yves Poissant. Depuis 15 ans, le coût des modules solaires photovoltaïques a connu une réduction de 11 % chaque année en raison des faibles coûts de production en Chine. Une étude de Pike Research et Navigant révèle que les prix des modules des technologies photovoltaïques ont chuté de 3,50 $ en 2007 à 1,09 $ au premier trimestre de 2012.

«Si la tendance se maintient, d'ici 5 à 10 ans, la production solaire pourrait arriver à parité avec le réseau québécois. C'est alors qu'elle sera rentable», croit Yves Poissant.

Mais tous ne partagent pas cet optimisme. Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal et économiste spécialisé en énergies, doute que le solaire fasse une percée au Québec. L'hydroélectricité - qui représente plus de 90 % de la production électrique du Québec - est déjà de l'énergie renouvelable. «Il n'y a donc pas de pression pour améliorer son rendement environnemental», dit-il.

Dans la province, l'avenir du solaire est circonscrit à un usage marginal, selon lui. «Le solaire est parfait pour obtenir de l'énergie lorsqu'on n'a pas accès au réseau ou pour alimenter de petits équipements comme les systèmes de vélos Bixi», dit-il.

Le solaire est quasi absent de la stratégie énergétique québécoise (2006-2015), rappelle Jean-Pierre Desjardins, chargé de cours à l'UQAM, expert en énergies renouvelables et formateur chez Écohabitation.

Favorable au solaire, le spécialiste indique que le Québec devrait prendre cette énergie renouvelable en considération, non pas pour des raisons économique ou environnementale, mais par souci de diversification de son portefeuille énergétique.

Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a lancé le printemps dernier le Programme d'aide à l'installation d'équipements solaires opérationnels. Doté d'une enveloppe de 7 millions de dollars, ce programme pourrait subventionner environ 150 projets. Une bonne nouvelle ? Un pas dans la bonne direction, répond Jean-Pierre Desjardins qui déplore toutefois que ce type de programme ne s'inscrive pas dans une optique à long terme. «Ça ne laisse malheureusement pas le temps à une réelle industrie de voir le jour», conclut-il.


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