Le leader de demain devra-t-il être un artiste?

Publié le 08/12/2011 à 09:47, mis à jour le 09/12/2011 à 13:28

Le leader de demain devra-t-il être un artiste?

Publié le 08/12/2011 à 09:47, mis à jour le 09/12/2011 à 13:28

Par Olivier Schmouker

Organiser en entreprise une pièce de théâtre n'a rien de saugrenu... Photo : DR.

BLOGUE. Le management d’aujourd’hui est-il adapté aux enjeux de ce début de 21e siècle? Pour Giovanni Schiuma, professeur en innovation managériale, de l’Università della Basilicata (Italie), la réponse ne fait pas de doute : non. Pourquoi? Parce qu’on ne peut plus maintenant percevoir l’employé comme un simple rouage de l’entreprise, «comme le prônait, finalement, Taylor, le père fondateur du management», mais comme un acteur-clé. C’est-à-dire comme un être humain à part entière, fait avant tout d’émotion, et non seulement de raison.


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M. Schiuma est venu exposer ses idées originales à Montréal en début de semaine, à l’occasion du Symposium sur la médiation artistique et l’innovation managériale organisé conjointement par l’organisme Culture pour tous et l’UQÀM. Un événement palpitant auquel j’ai eu la chance d’assister. L’auteur de The Value of Arts for Business (Cambridge University Press, 2011) y a souligné que pour faire preuve de toutes les qualités qui sont actuellement demandées aux managers et à leur équipe – agilité, flexibilité, résilience, imagination, opportunisme,… –, il fallait que ceux-ci acceptent de libérer les émotions qui sont en eux.


«En entreprise, on mesure tout, on prend des décisions basées sur des statistiques, on fixe des objectifs chiffrés. On chasse tout ce qui est flou, intangible. Résultat : plus que jamais, on parle de burn-out, de fatigue chronique, de congés maladie, de démobilisation, etc.», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Nous sommes des champions du savoir et du savoir-faire. Reste maintenant à le devenir en matière de savoir-ressentir».


Que veut-il exprimer par-là? Que pour retomber amoureux de notre travail, nous devons, vous comme moi, davantage tenir compte de nos émotions. Car celles-ci détiennent souvent des informations cruciales, pouvant parfois mener à de grandes réussites. Il veut aussi signifier que les émotions sont ce qui nous permet d’être véritablement performant au travail : celles-ci sont liées, entre autres, à la motivation, à l’apprentissage, à la mémoire, ou encore à la résolution de problèmes.


Certes, pensez-vous peut-être, mais tout cela est plus facile à dire qu’à faire. Qui peut, aujourd’hui, laisser ses émotions s’exprimer au bureau? Va-t-on vous écouter si, pour justifier une décision importante, vous expliquez que vous n’avez pas tenu compte des rapports qu’on vous a soumis mais de votre seule intuition? Ou encore, va-t-on vous prendre longtemps au sérieux si vous racontez aux autres que vous avez choisi telle nouvelle recrue juste parce que vous aviez le feeling que c’était la bonne personne pour le poste à combler?


On le voit bien, les émotions sont brimées au travail. Et pour les faire revenir, il faut qu’un changement de mentalité soit opéré. D’où l’idée de M. Schiuma de recourir aux arts pour cela. «Faire entrer l’art dans l’entreprise peut permettre de faire émerger de nouvelles valeurs, et par suite dynamiser la performance globale des managers et des employés», a-t-il dit.


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