Boeing plombé par de nouveaux retards sur le 777X, l'Ukraine et la hausse des coûts

Publié le 27/04/2022 à 11:28

Boeing plombé par de nouveaux retards sur le 777X, l'Ukraine et la hausse des coûts

Publié le 27/04/2022 à 11:28

Par AFP

Les premières livraisons de la version passagers du 777X — le plus gros biréacteur au monde lancé en 2013 — étaient initialement prévues en 2020, mais ont déjà été repoussées à plusieurs reprises. (Photo: 123RF)

New York — Boeing fait face à de nouveaux déboires, entre la suspension de la production du 777X, dont les premières livraisons ont été repoussées à 2025, les charges liées au conflit en Ukraine et les hausses de coûts sur des programmes de défense.

Après la publication de cette nouvelle liste de déconvenues mercredi, le titre du constructeur chutait de plus de 10% à Wall Street. 

Les premières livraisons de la version passagers du 777X — le plus gros biréacteur au monde lancé en 2013 — étaient initialement prévues en 2020, mais ont déjà été repoussées à plusieurs reprises.

Le groupe a, cette fois-ci, réévalué le temps nécessaire pour satisfaire à de nouvelles exigences de certification formulées par l'agence de supervision de l'aviation, la FAA.

L'entreprise va, en conséquence, suspendre la production des 777 X, au moins jusqu'en 2023, ce qui va entraîner des coûts additionnels d'environ 1,5 milliard de dollars américains à partir du deuxième trimestre.

Elle avait déjà passé une charge de 6,5 G$ US pour ce programme en 2021.

Air Force One, avion d'entraînement pour l'armée, conflit en Ukraine, modèle 787… Boeing a par ailleurs enregistré plusieurs grosses charges au premier trimestre, au cours duquel il a subi une perte nette de 1,2 G$ US.

Son chiffre d'affaires total a reculé de 8% à 14 G$ US.

 

Vers un retour du 787

Pour l'avion destiné au président américain Air Force One, aussi appelé VC-25B, le groupe fait face à des coûts plus élevés chez les fournisseurs, des coûts supplémentaires pour finaliser les exigences techniques ainsi que des retards, l'obligeant à enregistrer une charge de 660 M$ US.

Le constructeur a également comptabilisé une charge de 367 M$ US pour le programme de l'avion d'entraînement militaire T-7A Red Hawk, principalement en raison de renégociations avec des fournisseurs affectés par les problèmes de chaînes d'approvisionnement, la COVID-19 et l'inflation. 

Boeing a par ailleurs passé une charge de 212 M$ US pour prendre en compte l'impact du conflit en Ukraine, sans donner de détails.

Du côté des bonnes nouvelles, Boeing a annoncé avoir soumis un «plan de certification» à la FAA pour le long-courrier 787 Dreamliner, en proie à d'importants problèmes de production depuis la découverte de premiers vices de fabrication à l'été 2020. 

C'est un pas vers la reprise des livraisons, suspendues depuis mai dernier, même si le groupe ne souhaite pas donner de date précise sur ce point. 

Le groupe a toutefois enregistré une charge de 312 millions de dollars au premier trimestre pour ce programme, qui fait partie des «coûts anormaux» supplémentaires d'environ 2 milliards de dollars annoncés en janvier.

Boeing peut aussi compter sur le retour progressif dans le ciel de son avion-vedette, le 737 MAX, dont 81 exemplaires ont été livrés au premier trimestre.

Le groupe assure qu'il parviendra à atteindre ce trimestre son objectif de produire 31 MAX par mois. L'avion n'est en revanche toujours pas autorisé à voler de nouveau en Chine.

Les activités de services proposés par Boeing, portés par la reprise du trafic aérien après le trou d'air du début de la pandémie, ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 15%.

Le groupe s'attend toujours à dégager un flux positif de liquidités sur l'ensemble de l'année même s'il était encore négatif au premier trimestre.

Mis à part au deuxième trimestre 2021, Boeing n'a plus dégagé de bénéfices depuis 2019. Le constructeur a depuis été touché par la crise des 737 MAX, cloués au sol pendant vingt mois après deux accidents mortels, la pandémie, les vices de fabrication sur le 787 et les retards du 777 X.

La «stabilisation de l'intégralité des activités ne se produira pas avant 2024 ou 2025», avance Michel Merluzeau, du cabinet spécialisé AIR. 

Même si des progrès sont faits sur le 737 MAX et sur le 787, il faudra encore plusieurs mois avant que Boeing n'écoule les exemplaires qu'il a en stock. Et plusieurs années seront nécessaires pour la remise sur pied des programmes du 777X et du T-7.

Pendant ce temps, Boeing «ne semble pas développer de stratégie pour ses avions commerciaux au-delà du MAX», déplore le spécialiste.

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