Aurora déçoit, son titre atteint son plus bas niveau

Publié le 15/11/2019 à 13:59, mis à jour le 15/11/2019 à 16:39

Aurora déçoit, son titre atteint son plus bas niveau

Publié le 15/11/2019 à 13:59, mis à jour le 15/11/2019 à 16:39

Par La Presse Canadienne

(Photo: 123RF)

L’action d’Aurora Cannabis a atteint vendredi son plus bas niveau en deux ans, après que le producteur de cannabis a affiché des revenus inférieurs aux attentes pour son premier trimestre et qu’il a annoncé l’interruption de la construction de deux installations pour économiser plus de 190 millions $ en dépenses prévues.

Le titre de la société d’Edmonton a plongé vendredi de 79 cents, soit 18,1 %, pour clôturer à 3,59 $ à la Bourse de Toronto, après avoir retraité jusqu’à 3,57 $ plus tôt dans la séance.

Le producteur de cannabis a indiqué jeudi, après la fermeture des marchés, qu’il cesserait immédiatement de construire son installation Aurora Nordic 2, au Danemark, afin d’économiser environ 80 millions $ au cours de la prochaine année. En outre, il a reporté indéfiniment la fin de la construction et la mise en service de son installation Aurora Sun, en Alberta, pour conserver 110 millions $.

« Nous prenons des décisions judicieuses pour réduire les dépenses en immobilisations en fonction de la demande mondiale », a expliqué le fondateur et chef de la direction, Terry Booth, lors d’une conférence téléphonique.

La société a indiqué qu’elle ajustait le calendrier de construction des deux installations afin de mieux s’aligner sur ses attentes en ce qui a trait à l’accroissement de la demande canadienne et internationale.

« Les derniers mois ont été difficiles pour l’ensemble du secteur du cannabis avec les questions de gouvernance, l’évolution de la demande des consommateurs et les goulots d’étranglement des détaillants provinciaux ; les nouvelles négatives ne manquent pas », a souligné le chef des affaires d’entreprise, Cameron Battley.

« Cela dit, je tiens à réitérer que notre vision des occasions dans l’industrie du cannabis au Canada et dans le monde est toujours extrêmement robuste. Il est important de rappeler que le marché de la consommation canadienne n’a qu’un peu plus d’un an. Ces questions prendront un peu de temps à se résoudre. Mais ultimement, nous serons une entreprise plus forte à cause de cela. »

Résultats inférieurs aux attentes

Aurora a affiché un bénéfice net de 10,4 millions $ pour son trimestre clos le 30 septembre, ce qui se compare à un profit net de 104,2 millions $ pour la même période l’an dernier.

Aurora a raté les attentes en affichant une perte ajustée avant intérêts, dépréciation et amortissements de 39,7 millions $ pour le premier trimestre de son exercice 2020. Cela se comparait à une perte de 67,6 millions $ un an plus tôt et à une perte de 11,7 millions $ pour le trimestre précédent, le quatrième de l’exercice 2019, clos en juin.

Ses revenus nets ont atteint 75,3 millions $ pour le premier trimestre de son exercice 2020, en hausse par rapport à ceux de 29,7 millions $ du même trimestre l’an dernier. Ils sont cependant inférieurs au chiffre d’affaires de 94,6 millions $ du quatrième trimestre.

Les analystes s’attendaient à une perte ajustée avant intérêts, dépréciation et amortissements de 18,6 millions $ et à un chiffre d’affaires de 93,31 millions $, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Alors que les ventes de marijuana à des fins médicales ont augmenté de trois pour cent par rapport au quatrième trimestre, avec un nombre record de 91 000 patients, les ventes de cannabis récréatif ont chuté de 33 % en raison du ralentissement de la demande des provinces, dont les stocks étaient élevés.

L’analyste John Chu de Desjardins Marchés des capitaux a réduit son cours cible pour Aurora de plus de moitié à 6,50 $ par action et a réduit ses prévisions de ventes et de résultats avant impôts, dépréciation et amortissement dans la foulée de la publication des plus récents résultats.

« Nous sommes toujours convaincus que le secteur reste en forte croissance et nous avons conservé nos estimations de taux de croissance des ventes annuelles pour nos prévisions de 2021 à 2023, mais en nous appuyant sur une base plus faible après les résultats médiocres du premier trimestre », a-t-il expliqué dans un rapport, ajoutant qu’il recommandait toujours d’acheter le titre.

« Aurora génère des marges brutes à la pointe de l’industrie, améliore le coût par gramme et propose des souches primées qui devraient continuer à intéresser les consommateurs. »

Malgré certains aspects négatifs dans les résultats, M. Battley a souligné que le coût de revient avait chuté de 25 % à 85 cents le gramme, que le prix de vente net moyen par gramme avait augmenté de sept pour cent, que la production en kilogrammes avait grimpé de 43 % à 41 436 kg et que la marge brute était stable à 58 %, « ce qui est une tête et des épaules au-dessus de nos concurrents ».

Sur la base de ces rendements, Aurora indique qu’il lui faudrait générer des revenus de 130 millions $ pour devenir rentable.

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