Nemaska Lithium creuse sa perte au premier trimestre

Publié le 15/11/2019 à 11:51, mis à jour le 15/11/2019 à 15:05

Nemaska Lithium creuse sa perte au premier trimestre

Publié le 15/11/2019 à 11:51, mis à jour le 15/11/2019 à 15:05

Par La Presse Canadienne
Un bâtiment de Nemaska Lithium.

(Photo: courtoisie)

Alors qu’elle s’affaire toujours à compléter le montage financier visant à sauver son projet de mine et d’usine de transformation de lithium, Nemaska Lithium a continué à s’enfoncer dans le rouge au premier trimestre.

Sur le point de réduire de manière importante la cadence de ses activités, l’entreprise a affiché une perte nette d’environ 61,5 millions $, ou sept cents par action, tout en ne générant aucun revenu, a-t-elle indiqué dans son rapport trimestriel qui n’était disponible qu’en anglais, vendredi.

Nemaska Lithium a notamment comptabilisé une charge de dépréciation de 53,9 millions $ au cours de la période de trois mois terminée le 30 septembre.

« Cette perte de valeur, qui a été attribuée à plusieurs actifs, est principalement due aux retards supplémentaires dans la reprise des travaux de construction », a fait valoir la compagnie québécoise, dans son rapport.

Au trimestre correspondant de l’exercice précédent, la perte nette de Nemaska Lithium s’était chiffrée à 6,1 millions $, ou 0,7 cent par action. La perte opérationnelle s’est quant à elle établie à 7 millions $, soit presque le double par rapport à il y a un an.

À la suite de la publication des résultats, le titre de la compagnie a temporairement touché un creux des 52 dernières semaines, à 15,5 cents, vendredi, en début de séance. En après-midi, l’action cotait à 16,5 cents, en baisse de 5,7 %, ou un cent.

Nemaska Lithium souhaite transformer, dans une usine électrochimique à Shawinigan, du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi, à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau, en sels de lithium à valeur ajoutée. Ces derniers seraient ensuite vendus à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables au lithium-ion.

Initialement estimé à 1,1 milliard $ en 2018, le projet a été marqué par les dépassements de coût de l’ordre de 375 millions $, ce qui a forcé la compagnie à trouver plus d’argent, en plus d’interrompre la construction de son usine de Shawinigan.

« Nous continuons de travailler avec Pallinghurst et nos autres partenaires stratégiques », a souligné le président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa, dans un communiqué.

La société a prolongé de la mi-octobre jusqu’au 31 décembre l’échéancier de ses négociations avec le groupe londonien dans l’espoir de boucler un financement pouvant atteindre jusqu’à 600 millions $. Si les négociations aboutissent, Pallinghurst prendra le contrôle de la compagnie.

Entre-temps, le 15 octobre, Nemaska Lithium avait licencié 64 employés, environ la moitié de son effectif. Elle procédera également à une mise à l’arrêt de son usine de démonstration de Shawinigan. La mine de Whabouchi sera également mise en hibernation.

À la fin du premier trimestre, l’entreprise disposait de 117 millions $ dans ses coffres, ce qui devrait être suffisant pour se rendre en 2020.

À l’heure actuelle, Québec est le plus important actionnaire Nemaska Lithium, ayant injecté 130 millions $ dans l’aventure en échange d’une participation d’environ 13 % par l’entremise d’Investissement Québec (IQ), son bras financier.

Jeudi, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a réitéré sa confiance à l’endroit de la compagnie, la qualifiant d’« actif stratégique » pour la province.

« Les marchés financiers n’ont pas la même vision que le gouvernement sur l’importance de contrôler notre lithium », avait-il répondu, en mêlée de presse, à une question sur le recul continu du cours de l’action de la compagnie.

Parallèlement à ses négociations avec Pallinghurst, Nemaska Lithium est toujours impliquée dans un litige judiciaire avec des créanciers obligataires qui détiennent des obligations de 350 millions $, puisqu’elle souhaite rembourser ces derniers, ce qui mettrait ainsi fin à leur contrat. Cela obligera également l’entreprise à trouver cette somme ailleurs.

Dans ce dossier, une audience est prévue en janvier 2020 devant les tribunaux.

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