Les 10 règles d'or pour être franchement heureux au travail

Publié le 28/07/2015 à 06:07

Les 10 règles d'or pour être franchement heureux au travail

Publié le 28/07/2015 à 06:07

«Bruno Frey a relevé le défi, non sans bravoure, de donner des leçons de vie qui s'entendent comme des leçons de prudence. (...) Voici ses dix conseils :

1. Ne vous préoccupez pas de ne pas être un génie. Car les génies ne sont pas plus heureux que les autres. L'un des secrets du bonheur se résume assez simplement : comparez-vous à ceux qui ont moins que vous. En général, les médaillés de bronze sont plus heureux que les médaillés d'argent (cela a été vérifié statistiquement). Pourquoi? Parce que les médaillés d'argent se comparent aux médaillés d'or, et les médaillés de bronze, à ceux qui n'ont rien.

«L'économiste propose une classification très utile pour comprendre les mécanismes à l'oeuvre lorsque les gens se comparent aux autres. Il propose de distinguer les 'biens extrinsèques' et les 'biens intrinsèques'. Les premiers portent sur le statut, la richesse : ce sont les signes extérieurs de réussite sociale, les patrimoines sociaux qu'on accumule au cours du temps qui marquent la place de chacun dans la société. Les biens intrinsèques, eux, sont liés à l'affection des autres, à l'amour, au sentiment d'avoir un but dans la vie. Ils amènent des expériences de 'flow', c'est-à-dire des moments où l'on ne sent plus le temps passer, où l'on est tellement plongé dans ce qu'on fait que plus rien d'autre n'existe alors pour nous. Bref, les biens extrinsèques aiguisent la rivalité sociale, quant aux biens intrinsèques, ils augmentent le bien-être.

2. Gagnez de l'argent, mais sans en faire une maladie. Une augmentation de salaire rend heureux... mais pendant quelques mois seulement. En moins d'un an, 40% du plaisir s'est déjà évaporé, et il faut gagner davantage encore pour y trouver une satisfaction.

«L'homme peut pleurer avec sincérité devant le malheur d'autrui et simultanément jalouser celui qui réussit mieux que lui. Dans une expérience de laboratoire où on les interrogeait sur leurs préférences, les étudiants d'une université américaine ont répondu qu'ils préféraient gagner 50 000 dollars lorsque leurs condisciples en gagnent 25 000, plutôt que 100 000 dollars si les autres en gagnent 200 000. Les résultats de cette expérience s'observent dans la vie réelle. Le bonheur dépend des comparaisons que chacun établit avec un groupe de référence, les amis ou les collègues. Dans les familles américaines, une observation étonnante a été faite : une femme aura une plus grande probabilité de travailler si le mari de sa soeur gagne plus que son propre mari. Car elle doit compenser le manque à gagner qu'elle ressent vis-à-vis de sa propre soeur...

3. Vieillissez avec grâce. Pourvu que la santé soit au rendez-vous, vieillir ne nuit pas au bonheur. Au contraire, vous pourrez trouver, comme Beethoven, le plaisir crépusculaire d'une créativité nouvelle, libérée de la contrainte d'accomplir une 'oeuvre'. [Appliqué à notre quotidien au travail, ce conseil peut être compris comme suit : Prenez de l'expérience avec grâce. Devenir expérimenté dans notre domaine de prédilection ne nuit pas au bonheur, au contraire, il y contribue grandement. Cela peut même nous amener à innover comme jamais, à l'image du compositeur allemand.]

«Explication. La relation entre le bonheur et l'âge est des plus étonnantes. Elle ressemble à une courbe en U : les jeunes et les séniors sont (beaucoup) plus heureux que les autres. De 25 à 50 ans, le bonheur ne cesse de reculer, avant de remonter par la suite...

«On retrouve à 70 ans le bonheur d'une jeune personne de 30 ans. À 80 ans, on retrouve (en moyenne) la joie de ses 18 ans! Comment comprendre un résultat aussi surprenant? La proximité de la mort n'est-elle pas, en effet, désespérante? Les économistes ne sont certes pas les mieux placés pour répondre à cette question. La distinction proposée par Bruno Frey aide toutefois à saisir ce qui est peut-être en jeu. La vieillesse libère d'un poids, celui d'accumuler des biens inutiles, de redonner leur place aux biens intrinsèques.

«Milan Kundera, dans Les Testaments trahis, s'émerveillait de l'oeuvre «crépusculaire» de Beethoven. Au soir de sa vie, le maître a composé des sonates qui cassaient les codes traditionnels de la composition. Selon Kundera, c'était l'oeuvre d'un génie libéré du poids de devoir l'être, de celui de plaire.

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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