Et si vous faisiez davantage confiance aux autres...

Publié le 06/10/2015 à 06:09

Et si vous faisiez davantage confiance aux autres...

Publié le 06/10/2015 à 06:09

Alors, y a-t-il un juste dosage de la confiance qu'un PDG peut avoir envers ses lieutenants? Et inversement, que des lieutenants peuvent avoir envers leur PDG? Pour s'en faire une idée, Mme Kulchina s'est plongée dans la base de données Ruslana, qui concerne toutes les entreprises implantées en Russie. Elle y a recueilli des informations sur quelque 3 844 entreprises étrangères, dont le PDG était étranger et l'un de ses lieutenants, russe. Objectif : être en mesure d'analyser le rapport de confiance entre les deux, et évaluer l'impact que cela a eu sur la performance de l'entreprise, entre 1997 et 2007.

Comment a-t-elle pu savoir si le PDG avait plus ou moins confiance envers le lieutenant considéré? D'une manière détournée, mais très subtile, je trouve : d'une part, elle a établi le niveau de confiance du PDG en fonction du niveau de confiance qu'ont en général ses compatriotes envers les autres dans la vie quotidienne (ce type de sondages existe dans nombre de pays) ; d'autre part, elle a estimé que le niveau de confiance d'un lieutenant correspondait à celui qu'ont en général ses concitoyens de la même région russe envers les autres dans la vie quotidienne ; ce qui lui a permis de déterminer l'éventuelle asymétrie de confiance entre les deux.

Résultats? Les voici :

> Méfiance. Lorsque le PDG n'a pas vraiment confiance envers l'un de ses lieutenants, la performance de l'entreprise en prend un méchant coup. Pourquoi? «Parce que le lieutenant en question se sent frustré et désappointé, et est ainsi amené à sous-performer», indique l'étude. À noter que l'impact est d'autant plus fort que l'écart des niveaux de confiance est grand et que cet écart n'est pas clairement avoué et assumé par les deux principaux intéressés.

> Confiance réciproque. Lorsque le niveau de confiance du PDG envers son lieutenant est le même que celui du lieutenant envers son PDG, c'est-à-dire lorsque la confiance est équilibrée entre les deux, alors la performance de l'entreprise n'accuse aucun impact négatif particulier dû à ce point-là.

> Überconfiance. Lorsque le niveau de confiance du PDG envers son lieutenant dépasse celui du lieutenant envers son PDG, c'est-à-dire lorsque le premier a tendance à accorder une confiance quasi-aveugle au second, alors la performance de l'entreprise n'accuse aucun impact négatif particulier dû à ce point-là.

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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