Lorsqu'on dit la grosse vérité sale, quelque chose de magique survient

Publié le 11/07/2016 à 11:52

Lorsqu'on dit la grosse vérité sale, quelque chose de magique survient

Publié le 11/07/2016 à 11:52

[Photo : Sebastian Unrau, Unsplash.com]

Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire lorsque je me suis mis à dire exactement ce que je pensais, ce que je voulais et où je m’en allais. En d’autres mots, lorsque je me suis mis à partager la grosse vérité sale.

Cela ne veut pas dire que je ne disais pas la vérité avant. Lorsque j’étais journaliste, j’avais un détecteur de bullshit assez aiguisé. En fait, j’ai toujours essayé de décrire les choses comme elles le sont plutôt que comme certains voudraient qu’elles soient.

Malgré tout, j’ai toujours été assez jaloux de ma vie personnelle, et j’ai rarement levé le voile sur mes ambitions et mes valeurs. Par pudeur, parce que je suis introverti, mais aussi parce que j’avais peur d’avoir l’air ridicule ou étrange. Bref, d’être jugé.

Depuis quelques mois, j’ai graduellement abandonné toute aspiration à projeter une image de normalité relative. Lorsque j’ai révélé que je voulais bâtir un empire malgré ma situation financière précaire, je m’attendais à recevoir une flopée de commentaires sardoniques.

Je m’attendais à recevoir des tonnes de commentaires soulignant l’ironie de ma situation. Après tout, ma start-up Hardbacon a pour mission d’aider les gens à investir, ce que je ne peux pas faire pour l’instant.

[Explication : Même avec une carte de crédit à taux d’intérêt réduit, je paye 11,9% d’intérêt annuel sur ma dette, alors que le marché boursier canadien offre un rendement annuel historique (entre 1900 et 2015) de 5,6%.]

Désolé pour ce détour. Tout ça pour vous dire que ce ne sont pas des courriels sardoniques que j’ai reçus après avoir commencé à dire la grosse vérité sale. Ce sont des tonnes de courriels de gens qui en ont marre du tissu de demi-vérité et de demi-mensonge qu’on a décidé d’appeler “normalité”. Des courriels de gens qui veulent m’aider, de gens qui veulent travailler avec moi et de gens qui ont simplement pris la peine de m’envoyer des mots d’encouragement.

À ma grande surprise, plein de gens ont répondu aux offres de stages non rémunérés que j’ai publié la semaine dernière. Trois d’entre eux, que je considère aujourd’hui comme des co-fondateurs, ont déjà commencé à travailler pour Hardbacon avec une énergie qu’on voit rarement dans le monde du travail. Chers co-fondateurs, merci mille fois pour votre générosité!

Ce n’est pas tout. En fait, d’autres entrevues auront lieu cette semaine.

Croyez-le ou non, j’ai même reçu un chèque de 1 000$ de la part d’un pur inconnu. Il m’avait écrit un courriel dans lequel il me demandait mon numéro de compte bancaire, puisqu’il voulait me transférer 1 000$ contre une heure de consultation. Je n’ai jamais cru que l’argent poussait dans les arbres, et je ne l’ai pas pris au sérieux.

J’ai attendu quelques jours avant de lui répondre, mais lui ai finalement répondu au cas où ce serait vrai. Je lui ai répondu que j’étais prêt à lui offrir 10 heures de consultation pour 1 000$, en lui indiquant mon adresse personnelle. Je n’y croyais pas, mais je ne pouvais pas me permettre de lever le nez sur 1000$ dans les circonstances.

À ma grande surprise, j’ai reçu un chèque de 1 000$ quelques jours plus tard, à mon bureau. Mon bienfaiteur n’avait pas même attendu ma réponse. Il avait envoyé son chèque à l’adresse indiquée sur le site Web de Hardbacon. C’est loin d’être le plus gros chèque que j’ai déposé à la banque dans ma vie, mais sans aucun doute, c’est le plus important à ce jour. Cher bienfaiteur, merci mille fois!

Tout ça pour dire que, dans ce monde où tout le monde semble plus préoccupé à vivre une vie imaginaire sur les médias sociaux, il suffit de dire la vérité pour que les gens remisent leur manteau de cyniques désabusés pour contribuer à quelque chose de vrai et de positif. Encore faut-il avoir l’humilité d’accepter l’aide des autres. C’est difficile, mais c’est quelque chose qui s’apprend. C’est aussi quelque chose de plus facile à faire lorsqu’on est convaincu que ce sur quoi on travaille aura un impact positif sur le monde.

Principaux accomplissements:

  • Six entrevues avec des candidats aux postes de stagiaires
  • Recrutement de deux stagiaires/co-fondateurs
  • 60% des données recueillies pour le premier comparateur
  • Début du développement Web
  • Envoie d’une première infolettre (dans les deux langues) à la liste de courriels d’Hardbacon
  • Réalisation d’une petite campagne visant les participants de Startupfest cette semaine (pas encore dévoilée)
  • Prises de contact avec 5 personnes potentiellement intéressées à écrire sur l’argent et l’investissement

Métriques de croissance :

  • Revenus: 0$
  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 149 (total: 883, croissance hebdo: 20%)
  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 7 (total 49, croissance hebdo: 17%)
  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 31 (total: 140, croissance hebdo: 28%)
  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 105 (total: 892, croissance hebdo: 13%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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