François Pouliot: temps d'investir dans l'eau?

Publié le 01/11/2010 à 09:30, mis à jour le 01/11/2010 à 08:29

François Pouliot: temps d'investir dans l'eau?

Publié le 01/11/2010 à 09:30, mis à jour le 01/11/2010 à 08:29

Analyse. Vous avez déjà songé à investir dans le monoxyde de dihydrogène ?

Le quoi ? C'est l'appellation qu'utilisait à l'époque notre professeur de chimie au collégial lorsqu'il nous parlait de... l'eau (H2O).

On en a beaucoup parlé la semaine dernière, lors du Forum québécois sur l'eau.

D'abord, la bonne nouvelle. L'eau couvre 71 % de la surface de la Terre. Cela en fait la ressource la plus abondante de la planète.

Les complications maintenant.

L'eau douce ne représente que 2,5 % de toute la ressource. Et de ce 2,5 %, la majeure partie est emprisonnée dans les glaciers et le pergélisol. Pratiquement inexploitable et difficilement accessible. En fait, seulement 1 % de la précieuse ressource est réellement disponible à des fins de consommation.

Au total, c'est donc environ 9 000 kilomètres cubes (km3) d'eau douce renouvelée auxquels la population mondiale a accès chaque année, grâce aux lacs, aux rivières et à la nappe phréatique.

Les problèmes ont déjà commencé

Voilà pour l'état de la réserve et de l'offre. Regardons maintenant la demande.

Au début du siècle, le monde consommait environ 770 km3 d'eau par an. La consommation atteint aujourd'hui près de 4 000 km3 et devrait s'élever à 5 000 km3 en 2025, selon les précisions des experts. Pas si mal, dites vous. Nous ne consommerons alors que 55 % de la ressource disponible en eau douce. Ce n'est donc pas un grand problème.

Ce n'est pas si simple. En fait, les problèmes ont déjà commencé. C'est que l'eau n'est pas répartie équitablement sur la planète. Le Québec en regorge, la région du Sahara un peu moins ! Bien qu'on consomme 44 % de la ressource disponible, dans beaucoup de pays, l'eau commence déjà à manquer. La pression se fait particulièrement forte en Espagne, au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans quelques régions d'Afrique.

Au cours des prochaines années, la poussée démographique, le vieillissement des infrastructures (pensons aux fuites dans les aqueducs) et l'amélioration du niveau de vie des pays émergents (construction de piscines et meilleure hygiène, par exemple), feront en sorte qu'il faudra investir massivement dans le traitement et le transport de l'eau, ainsi que dans des technologies de désalinisation.

Déjà, selon Clarus Securities, le secteur affichait une croissance de 6 à 8 % dans les pays industrialisés, de 10 à 15 % dans les pays émergents et de près de 20 % en Chine. Cette croissance devrait s'accélérer.

Dans quels titres investir ?

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

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