Officium Live: un assistant personnel à la minute

Publié le 28/10/2019 à 07:00

Officium Live: un assistant personnel à la minute

Publié le 28/10/2019 à 07:00

Par Pascal Forget
Bruno-Pierre Privé, fondateur d'Officium Live

Bruno-Pierre Privé, fondateur d'Officium Live (Photo: Pascal Forget)

Avoir un assistant personnel est un rêve pour beaucoup de travailleurs autonomes et d’entrepreneurs. L’entreprise québécoise Officium Live propose de déléguer ses tâches administratives à des assistants virtuels sur demande, sur le modèle d’Uber. 

«Nous voulons offrir un service appuyé par la technologie. Notre clientèle est en général désorganisée; mais si on leur donne un peu d’amour, on en reçoit beaucoup», explique Bruno-Pierre Privé, fondateur d’Officium Live.

Avec l’application, un utilisateur pourra envoyer la photo d’un reçu pour qu’il soit comptabilisé, ou contacter une assistante pour demander d’envoyer une facture à un client. Il est aussi possible d’utiliser Officium live pour répondre aux appels et la gestion des rendez-vous, qui est compatible avec les services comme Google mais aussi avec des Booxie ou Go Rendez-vous. Des services plus spécialisés, comme la réservation d’hôtel et la gestion de courriel sont aussi disponibles.

Le service coûte un dollar la minute, avec un minimum d’un dollar par transaction. Il n’y a pas d’abonnement ou de montant minimum par mois. Selon le fondateur, payer à l’utilisation permettrait d’économiser jusqu’à 80% des frais de services comptables habituels payés de façon mensuelle.

L’entreprise fait affaire avec 40 partenaires adjointes virtuelles, ou PAV. Des travailleuses autonomes basées au Québec, qui reçoivent 50% des revenus, ce qui leur permettrait de recevoir entre 25$ et 30$ l’heure.

Ce sont toutes des femmes pour l’instant, une situation qui est arrivée sans préméditation. «Les hommes sont pourtant bienvenus», souligne M. Privé. Pour assurer la confidentialité, les adjointes sont formées, et ont un niveau qui détermine la nature des tâches qu’elles pourront effectuer. Des super assistantes gèrent la configuration des préférences des nouveaux clients.

Il y a deux mois, après plusieurs millions de dollars d’investissements sur la plateforme, il a été déterminé que le temps était venu de faire connaître ses services. On a choisi de miser uniquement sur des publicités Facebook, où un investissement de 1300$ a permis de gagner 55 nouveaux clients, un résultat très satisfaisant pour le cofondateur. Il admet que la page d’accueil qui explique en détail les avantages du service, soigneusement testée pour optimiser son efficacité, a coûté 25 000$.

Si Officium veut d’abord faciliter la tâche des travailleurs autonomes, la plateforme est aussi disponible en version marque blanche, pour permettre à des institutions bancaires et des comptables de l’offrir à leurs clients. Une façon d’éviter la tâche peu rentable de l’entrée des données.

Selon M. Privé, «Les comptables ont un problème de consolidation technologique. Ils ont à gérer les données de plusieurs logiciels comptables utilisés par leurs clients.» Avec Officium, les factures et les reçus des clients sont rassemblés de façon plus efficace. Dès 2020, de nouvelles options vont rendre encore plus simple la tenue de livre et les déclarations de revenus des clients qui ont une entreprise incorporée.

L’entreprise, qui compte 6 employés, explore en ce moment le marché européen, et se fait remarquer dans le circuit des start-up. Elle a d’ailleurs été numéro 1 du top 10 des start-up du site Les pépites tech.

Pour Officium Live comme beaucoup d’entreprises, le défi est d’assurer et supporter la croissance, et de trouver le bon équilibre entre le nombre de clients et de PAV. Il faudra aussi que le site, uniquement en français, devienne multilingue, ce qui demandera entre 18 et 24 mois. Mais le fondateur voit déjà plus loin.

«Notre rêve, c’est de pouvoir offrir une carte bancaire et de crédit, et que les frais bancaires permettent d’offrir la tenue de livres. Nous voulons devenir un one-stop shop, la référence mondiale pour le travailleur autonome.» Pour s’approcher de cette vision, des discussions sont déjà en cours avec des institutions françaises.

Lors de sa création en 2007, ce qui allait devenir Officium était un service de type progiciel de gestion intégrée (ERP) hébergé pour les PME, bien avant que l’infonuagique ne soit en vogue. Il s’est transformé en assistant virtuel en 2016. L’arrivée d’Arnaud Bertrand, en 2017, a ravivé le projet.

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