Budget Québec 2019: «Un bon budget pour l'économie», mais insuffisant en éducation

Publié le 21/03/2019 à 16:40

Budget Québec 2019: «Un bon budget pour l'économie», mais insuffisant en éducation

Publié le 21/03/2019 à 16:40

Par La Presse Canadienne
Les nouveaux souliers du ministre des Finances, Éric Girard, avec le livre sur le budget.

(Photo: Twitter)

BUDGET QUÉBEC 2019. Le premier budget Girard est un «bon budget pour l'économie», clame le milieu des affaires, mais pas à la hauteur des attentes pour l'éducation, disent les syndicats du milieu.


Les heureux


Le milieu des affaires a été sans contredit le plus élogieux face au budget, louant sa sagesse, sa priorité au développement économique et à la main-d'oeuvre.


Stéphane Forget, pdg de la Fédération des chambres de commerce du Québec, se réjouit du milliard de dollars ajouté au capital d'Investissement Québec, mais «il faut que tous ces fonds-là soient complémentaires, car l'idée ce n'est pas de compétitionner les autres fonds comme le Fonds de solidarité».


M. Forget se réjouit aussi des mesures pour retenir les travailleurs plus âgés. «C'est un bon budget dans lequel les entreprises vont se reconnaître.»


La vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Martine Hébert, souhaite qu'avec les fonds supplémentaires qui lui sont alloués, Investissement Québec «prenne un virage PME».


«C'est un bon budget pour l'économie québécoise avec une approche équilibrée», a résumé Mme Hébert.


Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, se réjouit des fonds alloués à Investissement Québec et a hâte de voir comment ils seront balisés.


Il se félicite aussi des mesures adoptées pour pallier à la rareté de main-d'oeuvre, d'autant plus qu'elles s'ajoutent à celles déjà adoptées par le gouvernement précédent. Il aurait toutefois apprécié que les mesures touchant les taxes sur la masse salariale pour les travailleurs expérimentés s'adressent aussi aux grandes entreprises.


Les centrales


Le président de la FTQ, Daniel Boyer, trouve qu'il n'y a «pas du tout» assez d'outils pour résoudre les problèmes de rareté de main-d'oeuvre.


L'employé qui a travaillé pendant 25, 30 ans dans une usine préférera prendre sa retraite que de rester au travail, même avec les nouveaux incitatifs proposés, avance M. Boyer. «Il y a des mesures timides pour les travailleurs de plus de 60 ans, mais la suite des choses passe par les conditions d'exercice d'emploi et l'organisation du travail qu'on va offrir à ces gens-là.»


Il admet que l'augmentation des budgets dans la santé et l'éducation dépasse celle des coûts du système, mais il aurait voulu des réinvestissements «massifs» et aussi moins dans les infrastructures, plus dans le personnel.


M. Boyer, qui siège aussi au Fonds de solidarité, souligne qu'«on constate depuis quelques années qu'Investissement Québec concurrence le Fonds de solidarité et il me semble qu'il devrait être complémentaire».


Le président de la CSN, Jacques Létourneau, voit «une bonne nouvelle» dans l'injection de fonds dans Investissement Québec, ainsi qu'«un pas dans la bonne direction» pour alléger les problèmes de rareté de main-d'oeuvre.


Tout comme M. Boyer, il souligne qu'il sera inévitable de bonifier les conditions de travail des employés du réseau de la santé et de l'éducation pour résoudre les problèmes de recrutement qui y sévissent. Or, «il y a plus d'argent pour le béton que pour le personnel» dans ces secteurs, a-t-il déploré.


L'éducation plus critique


«Ceci n'est pas le budget de l'éducation que le gouvernement nous avait promis», a martelé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, l'organisation qui représente le plus grand nombre d'enseignants, de même que les professionnels de l'éducation et les employés du soutien scolaire.


L'investissement couvre l'augmentation des coûts de système «avec un timide ajout de 235 millions $ et pour nous, c'est insuffisant» vu les compressions passées, a estimé Sonia Éthier, présidente de la CSQ.


L'ajout de classes pour les enfants en difficulté d'apprentissage lui paraît insuffisant. Mais l'ajout de 600 professionnels pour les différents niveaux scolaires, «c'est quand même bien», concède Mme Éthier.


Quant aux enseignants, il faudra à tout prix améliorer les conditions d'exercice de la profession si on veut les retenir et en attirer, prévient la présidente de la CSQ.


La Fédération autonome de l'enseignement, qui représente les autres enseignants du primaire et secondaire, voit «des mesures intéressantes, qui témoignent d'une prise de conscience de certains enjeux», notamment par un programme de mentorat.


Mais son président Sylvain Mallette est aussi déçu. «On avait fixé à 891 millions $ le besoin de réinvestissements pour 2019-2020, juste pour permettre à l'école publique de se sortir la tête de l'eau, mais le gouvernement réinvestit 710 millions $.»


Les autres


Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec a remarqué une augmentation de 42% du budget du ministère de l'Immigration - ce qu'il revendiquait depuis quelques années. Son président Richard Perron souligne que le sous-financement du ministère explique les longs délais dans le traitement des dossiers.


Au FRAPRU, Véronique Laflamme se désole du fait que pour le logement social, «pour la première fois depuis la création du programme Accès-Logis en 1997, il n'y a aucune nouvelle unité de logement social ou communautaire financé» alors que Gatineau, Laval et Montréal éprouvent des problèmes de logement, indique-t-elle.


L'Union des municipalités estime que la bonne tenue des finances du Québec permettra au gouvernement de transférer aux municipalités le point de TVQ promis lors du nouveau pacte fiscal. Son président Alexandre Cusson se réjouit aussi des mesures adoptées pour alléger les problèmes de rareté de main-d'oeuvre.


Le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Christian Daigle, trouve le budget «positif, mais on n'a aucune mesure pour favoriser l'attraction et la rétention du personnel qu'on a à l'interne. En informatique, on dit qu'on va créer un nouveau département, mais ce département-là n'aura pas de nouveaux effectifs», s'est-il désolé.


L'Association des professionnels de l'habitation et de la construction du Québec s'est dite déçue de l'abandon du programme Réno-Vert, qui permettait de favoriser les rénovations écoénergétiques.


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