Party de Noël annulé, employés démotivés

Publié le 05/12/2008 à 00:00

Party de Noël annulé, employés démotivés

Publié le 05/12/2008 à 00:00

Par Dominique Froment

Même la californienne Google, reconnue pour ses fêtes extravagantes, a considérablement réduit son budget de festivités cette année.

Les mauvaises nouvelles économiques nous tombent dessus comme le verglas en janvier. L'année 2009 risque d'être la plus pénible qu'auront connue les entreprises depuis au moins le début des années 1990. Dans ce contexte, la tentation est grande pour les employeurs d'économiser sur les petites bouchées, les bouteilles de vin et la salle de bal. Mais est-ce la chose à faire ?

Pas vraiment. Dans la mesure du possible, il vaut mieux l'éviter, estiment les spécialistes que nous avons interrogés. Toutefois, si vous croyez que cette décision relève d'une gestion responsable, allez-y ! Mais attention à la manière, sinon l'impact sur la motivation de vos employés risque d'être désastreux.

Trouver une solution de remplacement

Richard Matte, psychologue organisationnel et conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) chez Matte Groupe Conseil IIC, a lui-même décidé d'inviter ses employés à fêter au bureau cette année plutôt qu'au restaurant. " Ça ne nous coûtera pas beaucoup moins cher, mais on en aura plus pour notre argent, explique-t-il. Et puis, on est moins tenté par l'ambiance robes longues en période de récession. "

Cohérent avec lui-même, M. Matte estime qu'annuler la fête sans la remplacer par une activité plus sobre pour permettre aux employés de se réunir et de célébrer est une très mauvaise idée.

Dans un cas comme dans l'autre, les spécialistes sont unanimes : la communication est très importante.

Si les employés perçoivent l'annulation du party de Noël comme une mesure de gestion saine et prudente, le message passera bien. Mais si les employés apprennent par courriel que leur party de Noël est annulé, sans plus d'explications, plusieurs vont penser qu'il serait plus sage de commencer à se chercher du travail ailleurs.

" S'il y a un risque de pertes d'emplois et que l'employeur paie un gros party de Noël à ses employés, il sera vu comme un gestionnaire irresponsable. Mais si l'annulation du party est perçue comme une économie de bout de chandelle, la décision aura un impact très négatif sur leur motivation ", affirme aussi Paul Vincent, CRHA à Brossard.

De son côté, Rock Bérard, CRHA à Sherbrooke, estime qu'une annulation pure et simple de cette activité est inacceptable. " Par rapport aux frais d'exploitation totaux d'une entreprise, le party de Noël représente une part infime. Et puis, la crise économique ne nous est pas tombée dessus tout d'un coup. Ça fait des mois qu'on la voit venir. C'est de la mauvaise planification que d'annuler le party de Noël. "

L'objectif premier d'un tel événement est de remercier les employés pour leur travail durant l'année qui se termine. La supprimer est un manque de respect de la direction, estiment les spécialistes interrogés.

Cela dit, l'employeur peut souligner sa reconnaissance même en réduisant le budget des célébrations. Le tout est de bien expliquer les raisons de ce changement.

" Le plus grand danger est d'alimenter les rumeurs négatives et de semer la panique chez les employés, estime pour sa part Florent Francoeur, pdg de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Il n'y a qu'une seule façon de l'éviter : informer régulièrement les employés de l'évolution de la situation de l'entreprise et de l'industrie en général. La transparence est toujours la meilleure solution dans ces situations. "

 

DES PÉNALITÉS DISSUASIVES

 

Les hôtels Omni et Reine Elizabeth, à Montréal, indiquent qu'aucun de leurs clients n'a annulé son party de Noël. Il faut dire que les pénalités dans une telle éventualité sont dissuasives. Par exemple, au Reine Elizabeth, annuler vous coûterait votre dépôt, de 3 000 $ pour une fête de 100 personnes, à 10 000 $ pour 500 personnes.

Au Bonaventure Hilton, une seule grosse fête a été annulée, mais on a refusé de nous donner le nom de l'entreprise. À l'hôtel Delta Centre-ville, il n'y a pas eu d'annulations complètes, mais certaines fêtes accueilleront moins de participants que prévu au contrat.

Au Regency Hyatt, il y a eu trois ou quatre annulations. Deux ou trois autres clients ont voulu annuler, mais les pénalités les en ont dissuadés. D'autres ont réduit le débit du robinet au bar.

La situation semble pire au Regency Hyatt, mais c'est probablement parce que la personne à qui nous avons parlé était plus ouverte à discuter que les autres.

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