Le leadership inné

Publié le 27/01/2010 à 20:55, mis à jour le 20/01/2011 à 10:41

Le leadership inné

Publié le 27/01/2010 à 20:55, mis à jour le 20/01/2011 à 10:41

Par Aude Marie Marcoux

Naît-on leader ou peut-on apprendre à le devenir? Une question qui suscite le débat chez les universitaires et les blogueurs spécialisés en leadership.

 

Certains pensent que le leadership peut passer par l'apprentissage, d'autres comme Guy-Michel Lanthier, conférencier et consultant en leadership chez Groupe Management Leadership, estiment que le leadership est une aptitude innée. 

Urgence Leadership : Vous croyez que le leader naturel, le leader-né existe bel et bien. Pouvez-vous expliquer votre position ?

Guy-Michel Lanthier : J'ai beaucoup de difficulté à dire que le leadership n'est pas inné. Il faut être réaliste, même s'il y a des nuances à faire. D'une part, l'idéologie que le leadership peut s'apprendre vient des gens qui veulent vendre des services. D'autre part, je crois que cette école de pensée est peut-être dans la même philosophie «qu'on vient au monde tous égaux». Mais lorsqu'on regarde la réalité, je dis que le leader-né existe parce que j'en ai vu des leaders naturels en action. C'est indéniable.

Dire que le leadership s'apprend est une vision erronée et incomplète de la réalité. Il y a des gens qui ont plus d'aptitudes et d'autres qui en ont moins. Et malgré ce que tu as comme aptitude innée, tu ne peux pas rester sur ton Lazy Boy jusqu'à ce que tu décides de courir le 100 mètres aux Jeux olympiques. Il faut que tu t'entraînes.

UL : Ne peut-on pas apprendre et développer de nouvelles aptitudes, comme l'aptitude à enseigner, à bien écrire, à gérer un budget?

GML : Absolument. Avoir une aptitude innée n'exclut pas que tu puisses t'améliorer, que tu puisses apprendre. C'est là une nuance importante. Les leaders naturels ont une prédisposition pour le leadership. Mais ils ont appris et ils ont développé leurs aptitudes. Oui cela s'apprend, mais ce n'est pas parce que tu prends des cours de golf que tu deviens Tiger Woods.

Le leadership, c'est en nous que ça commence. Si tu ne te connais pas, tu ne peux pas influencer les autres. Il faut prendre conscience de qui on est, et travailler à partir de qui on est. On peut prendre conscience, on peut développer nos aptitudes, on peut s'améliorer en tant qu'individu, mais il n'y a pas de recette magique et les gens cherchent des recettes magiques.

UL : Vous déplorez que ceux qui disent qu'on peut devenir leader par l'apprentissage sont souvent des consultants en leadership. Vous l'êtes vous-mêmes, quel message passez-vous?

GML : J'aide les gens, mais à la base je leur explique ce qu'il en est. Une fois que tu as compris qu'il y a des leaders naturels et d'autres qui ne le sont pas, tu peux beaucoup mieux intervenir dans ton organisation. Une fois que tu sais quelle est ta limite, tu développes d'autres outils pour soit contourner ta limite ou pour la compenser.

UL : Selon vous, il n'y a pas de très bons, de moyens et de mauvais leaders. Il n'y a que des gens qui ont de l'influence et d'autres qui en ont moins. Un bon leader est donc quelqu'un qui est capable d'influencer les autres ?

GML : Absolument. Un leader, c'est quelqu'un qui a de l'influence, mais cette influence peut être positive ou négative. Souvent, on dit que le dirigeant a de l'influence, alors que ce n'est pas nécessairement le cas.

Une des grandes difficultés des écoles de pensées à bien comprendre le leadership est qu'on associe le leadership aux dirigeants. On va même jusqu'à croire qu'un dirigeant est quelqu'un qui fait le bien dans son organisation. Ce n'est pas toujours vrai. Les dirigeants ne sont pas toujours nécessairement là pour l'organisation, mais parfois pour eux-mêmes.

UL : Peut-on être un dirigeant de haut niveau, un PDG, sans être un leader ?


GML : Absolument. J'ai commencé à m'intéresser au leadership parce que j'ai vu des dirigeants qui n'avaient pas de leadership et qui étaient confrontés à des leaders naturels. C'est souvent là que les difficultés commencent dans les organisations, lorsqu'un dirigeant utilise son pouvoir d'autorité pour contrer le pouvoir d'influence d'un leader naturel. Et cette difficulté est encore plus grande si ces leaders naturels sont des leaders négatifs.

UL : Qu'est-ce qu'un leadership efficace ?

GML : C'est un leadership qui mobilise les gens. Le leadership efficace, c'est l'influence qui a une portée, c'est être capable de répondre aux besoins des autres. Si  je comprends les besoins des gens qui m'entourent, je peux les mobiliser.

UL : Un bon leader, c'est donc un dirigeant humain ?

GML : Un bon dirigeant avec du leadership sera souvent quelqu'un qui est porté sur l'humain. Mais il faut  faire un pas un peu plus en avant, c'est quelqu'un qui comprend l'humain. À la limite on pourrait dire que c'est un gestionnaire qui a de l'empathie. Un bon leader est capable de percevoir l'individu qui est en face de lui et de communiquer dans le bon canal de communication, tant au niveau affectif qu'au niveau cognitif. C'est quelqu'un qui est flexible ou qui a une maniabilité au niveau de la communication.


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