Le Québec doit vite corriger deux problèmes, affirme Henri-Paul Rousseau

Publié le 09/05/2017 à 15:48

Le Québec doit vite corriger deux problèmes, affirme Henri-Paul Rousseau

Publié le 09/05/2017 à 15:48

Par Martin Jolicoeur

L'ex-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau.

S’il n’en tenait qu’à Henri-Paul Rousseau, pour s’assurer d'un avenir économique prospère, le Québec ferait de la mise à niveau technologique des entreprises et de l’intégration professionnelle des immigrants, ses deux priorités nationales. 


Celui qui a dirigé la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), entre 2002 et 2008, participait ce mardi à une table ronde organisée par PricewaterhouseCoopers (PWC) à l’occasion du lancement d’un nouvel indice sur la santé économique du Québec. Selon cet indice, la santé économique du Québec s’est améliorée de 23,9% entre 1980 et 2015.


L’ex-président de la Caisse estime que l’accès au capital (au moyen de financements, participations, ou autres) s’est considérablement amélioré au Québec au cours des trois dernières décennies. Depuis les années 80, le Québec s’est effectivement doté de tout un éventail de programmes destinés aux entrepreneurs, allant de l’aide à la création d’entreprise, à l’aide à l’innovation, en passant par l’aide à l’exportation, ou à la recherche et développement (R&D).


Ce qui manque le plus aujourd’hui, et de manière pressante selon M. Rousseau, sont des moyens permettant aux entreprises du Québec de financer leur nécessaire mise à niveau technologique. «Le chaînon manquant est là. Les entreprises arrivent sans trop de difficulté à dénicher le financement nécessaire à l’agrandissement de leurs installations par exemple. Mais trouver auprès d’une banque, le financement nécessaire pour s’adapter aux nouvelles technologies, se mettre au niveau de la concurrence internationale, est beaucoup plus difficile.»


Prenant soin de ne pas minimiser l’importance des investissements en innovation ou en R&D, l’ex-pdg de la Banque Laurentienne (de 1994 à 2002), aujourd’hui vice-président du conseil de Power Corporation et de la Financière Power, a émis l’avis qu’une mise à niveau technologique des entreprises du Québec était sans doute prioritaire à l’heure actuelle. 


«Regardez la Californie, Boston, Seattle… Regardez aussi l’Asie, entre autres. Tout et partout, est maintenant technologique. (…) L’innovation, c’est important. Tout le monde s’entend là-dessus. Mais avant toute chose, pour survivre, il est absolument nécessaire que nos entreprises puissent se mettre à jour technologiquement, qu’elles s’adaptent vite et bien à cette nouvelle réalité de l’industrie 4.0.»


L'immigration est aussi importante que les CPE


Par ailleurs, M. Rousseau est aussi d’avis que pour assurer la croissance de son économie, la société québécoise devra rapidement prendre les moyens nécessaires pour retenir les immigrants et les étudiants étrangers qu’elle accueille.


Cela est vrai à Montréal comme dans les régions, a-t-il insisté. «L’intégration professionnelle et économique des immigrants est un enjeu aussi important pour l’avenir économique du Québec que ne l’a été pour les parents du Québec le développement du réseau des Centres de la petite enfance (CPE).»


À son avis, davantage pourrait être fait pour permettre à ces immigrants de se réaliser et de s’intégrer économiquement à notre société, en leur permettant d’occuper des emplois dans leur secteur d’expertise. «Les entreprises peuvent faire plus à cet égard. Au moins, ceux qui resteront pourront nous aider, et ceux qui partiront, feront partie de notre réseau», a dit M. Rousseau.


Récupérant la balle au bond, quelques allusions furent faites par d’autres panelistes à l’endroit de corporations professionnelles, jugées souvent trop rigides. «Les entreprises sont souvent dans l’obligation d’engager des membres en règle des différents ordres professionnel, a tenté de justifier, Gaetan Desroches, chef de la direction de La Coop fédérée. (…) Cela étant, sans dire qu’elles (les ordres professionnels) les bloquent, je constate tout de même qu’il y a un blocage.»


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