L'automatisation, une question de survie

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Juin 2015

L'automatisation, une question de survie

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Juin 2015

Par François Normand

Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation, Premier Tech.

Le Québec traîne la patte

Même si l'automatisation procure des avantages concurrentiels et est parfois essentielle à la survie d'entreprises, un grand nombre de sociétés québécoises hésitent encore à prendre ce virage de manière significative.

En fait, nos sociétés s'automatisent, mais elles sont moins automatisées que les entreprises établies en Ontario et dans l'ensemble du Canada, comme le montre un ratio inédit produit par Statistique Canada (le capital investi par rapport aux heures travaillées) pour le compte de Les Affaires (voir l'autre texte).

Qu'est-ce qui explique le retard des manufacturiers québécois en matière d'automatisation ? Les spécialistes n'ont pas de réponses précises. Certains évoquent par exemple la structure industrielle du Québec, où on compte plus de PME - toute proportion gardée - qu'en Ontario. Or, plus les entreprises sont grandes, plus elles ont tendance à s'automatiser.

Pour leur part, Richard Tremblay, vice-président aux opérations du CRIQ, et Pascal Monette, directeur général par intérim de l'Association pour le développement de la recherche et de l'innovation du Québec, croient qu'un problème culturel pourrait être à l'origine du retard du Québec.

Selon eux, les entrepreneurs québécois n'accorderaient pas assez d'importance à l'automatisation contrairement à ceux des autres provinces, voire d'autres pays, comme les États-Unis et l'Allemagne, reconnus comme des leaders en la matière.

Norma Kozhaya, vice-présidente à la recherche et économiste en chef du Conseil du patronat du Québec, juge pour sa part qu'il manque de documentation expliquant aux entreprises les avantages de l'automatisation - les principaux sont l'amélioration de la productivité et la hausse de la production, ainsi que l'augmentation de la qualité des produits et de la rentabilité des activités.

Le problème est peut-être plus profond qu'on ne le croit, et le Québec n'est pas la seule province à être touchée. «Une étude récente de Deloitte montre que le tiers des entreprises canadiennes ne savent pas que leurs concurrentes sont plus automatisées», dit Mme Kozhaya.

En fait, depuis presque 30 ans, la productivité du Canada (le PIB généré par heure de travail du travailleur moyen) augmente plus lentement que celle des États-Unis et des autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques, selon cette étude de Deloitte intitulée «L'avenir de la productivité : l'heure du réveil pour les entreprises canadiennes».

Pourtant, la principale façon d'accroître la productivité d'une entreprise consiste justement à automatiser davantage sa chaîne de production.

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