L'automatisation, une question de survie

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Juin 2015

L'automatisation, une question de survie

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Édition du 13 Juin 2015

Par François Normand
Comment aider les entreprises québécoises à s'automatiser ?

Pour Éric Tétrault, président des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), le retard des entreprises en matière d'automatisation est une grave problématique. C'est pourquoi, dit-il, il faut prendre le taureau par les cornes pour tenter de corriger le tir.

«Il faut créer un chantier national !» lance-t-il en haussant le ton. Il dénonce le manque d'argent et le manque d'ambition collective pour s'attaquer à ce problème.

Selon le patron des MEQ, c'est la responsabilité de l'État québécois de donner une impulsion afin d'aider nos entreprises à automatiser davantage leur chaîne de production.

Québec pourrait par exemple aider davantage financièrement les entreprises qui veulent acheter de la machinerie et de l'équipement, afin de diminuer leurs risques financiers.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) pense plutôt que le gouvernement devrait créer des conditions favorables pour l'investissement, en allégeant par exemple le fardeau fiscal des PME (la taxe sur le capital a déjà été abolie).

«Nos membres nous disent qu'ils savent quelles décisions prendre», souligne Simon Gaudreault, économiste principal de la FCEI. Il laisse sous-entendre que l'interventionnisme de l'État ne serait pas nécessairement bien vu.

D'importants gains d'efficacité pour trois entreprises

Chose certaine, plusieurs entreprises québécoises n'ont pas attendu un coup de pouce majeur de Québec pour s'automatiser.

Par exemple, le fabricant de trains d'atterrissage Héroux-Devtek utilise de plus en plus des systèmes FMS (pour flexible manufacturing system, ou système de fabrication flexible), ce qui lui permet d'accroître la productivité de certaines cellules de production. Ces systèmes automatisés permettent à l'entreprise de fabriquer plus de pièces et de composants dans une heure de travail.

«Il s'agit d'un gain de 30 à 40 % par rapport aux cellules conventionnelles», précise le président et chef de la direction, Gilles Labbé.

Selon lui, c'est ce type de gains de productivité qui a permis à la société de Longueuil de décrocher un contrat avec l'avionneur Boeing. «Notre offre de service est très compétitive.»

Premier Tech, une entreprise de Rivière-du-Loup spécialisée dans l'horticulture et l'agriculture, les technologies environnementales et les équipements industriels d'emballage, n'a pas hésité à automatiser sa chaîne de production, et ce, pour trois raisons fondamentales : «Nous voulions assurer notre compétitivité, augmenter la sécurité et la santé au travail, et pouvoir payer des salaires au-dessus de la moyenne grâce aux gains de productivité», explique le président et chef de l'exploitation, Jean Bélanger.

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