Du soutien pour la production biologique


Édition du 28 Mai 2016

Du soutien pour la production biologique


Édition du 28 Mai 2016

Québec consacre 9 M$ pour les trois prochaines années à la croissance du secteur biologique. Le gouvernement veut notamment stimuler l’exportation de produits comme la canneberge.

Le secteur de l'alimentation biologique est en croissance au Québec et ne semble pas sur le point de ralentir. Ce marché est actuellement évalué à 500 millions de dollars par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

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 «C'est une progression d'environ 10 % par année. Ça suit les mêmes tendances que ce qu'on voit aux États-Unis ou dans le reste du monde», a indiqué Nicolas Turgeon, biologiste et conseiller expert pour le secteur biologique au MAPAQ, lors d'un panel sur l'agriculture biologique organisé à la Maison du développement durable, à Montréal, le 17 mai dernier.

Le MAPAQ a annoncé, le 28 avril, l'octroi de 600 000 $ à l'organisme à but non lucratif Filière biologique pour la mise en oeuvre cet automne d'une campagne de promotion des aliments biologiques du Québec, à l'instar de celle réalisée autour de l'estampille Aliments du Québec.

Au cours des trois prochaines années, Québec consacrera une enveloppe de 9 M$ à la croissance du secteur biologique et 4 M$ à un programme de soutien à la conversion à l'agriculture biologique. «Un des objectifs, c'est de permettre au secteur biologique de profiter du potentiel de croissance du marché québécois, a expliqué M. Turgeon. Mais on ne peut pas négliger non plus le marché de l'exportation. Par exemple, on est leader de la production de sirop d'érable biologique à l'échelle mondiale. On vise les marchés d'exportation pour des produits comme la canneberge, le bleuet et certaines céréales», a-t-il ajouté.

Quelque 350 producteurs acéricoles québécois étaient certifiés biologiques en 2014, selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Ainsi, 9,5 millions d'entailles sont associées à la production de 20 millions de livres de sirop d'érable biologique, soit 20 % de la production totale. Dans ce domaine, les normes biologiques visent l'aménagement de l'érablière, la diversité végétale, la fertilisation, le contrôle des ravageurs, l'entaillage, ainsi que la collecte et la transformation de l'eau d'érable.

Un marché qui se démocratise

En 2015, le Québec comptait 1 450 entreprises ayant obtenu une certification biologique, selon le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, soit 40 % de plus qu'en 2006. Parmi elles, les 1 249 entreprises agricoles possédant une certification représentaient 5 % des organisations de leur secteur et occupaient 2 % de la superficie agricole du Québec. Le Québec est la province comprenant le plus grand nombre d'entreprises de transformation alimentaire détenant une certification biologique, soit 360, ce qui en fait «le leader canadien» en la matière, selon M. Turgeon.

«Il y a un défi logistique pour ce qui est de l'approvisionnement en matière première, a précisé en entrevue M. Turgeon. Ce défi est quand même moins grand qu'il y a 5 ou 10 ans.» Ces entreprises de transformation biologique commercialisent aujourd'hui 7 000 produits bio.

Les produits biologiques ne sont plus considérés comme un marché de niche. Selon l'Organic Trade Association, les ventes de produits alimentaires biologiques ont quadruplé en Amérique du Nord entre 2001 et 2014, pour atteindre 35,9 milliards de dollars américains par an.

Quant à la facture, «on se rend compte que le prix des aliments traditionnels a augmenté au cours des dernières années, mais pas nécessairement celui des aliments biologiques, souligne M. Turgeon. L'écart de prix tend à diminuer».

Virage bio chez le géant Costco

Selon BMO Marchés des capitaux, Costco était devenue l'été dernier le premier vendeur de produits biologiques aux États-Unis. Le détaillant semble aussi prendre un virage en ce sens au Canada. «On reçoit chaque jour des suggestions des membres dans nos magasins canadiens. On voit ce que nos membres sollicitent le plus. Et certainement, les produits biologiques, sans pesticide, sans antibiotique et plus santé, ont la cote», dit Pietro Nenci, vice-président, alimentation, Est du Canada, de Costco.

Depuis quelques semaines, Costco vend notamment l'eau d'érable biologique Necta, certifiée Biologique Canada, dans 22 de ses magasins de l'est du pays. Ce produit des Aliments Sibon a reçu la certification NAPSI, attribuée par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec dans le domaine de l'eau d'érable.

Aux yeux de François Woods, coprésident des Aliments Sibon, Costco leur a ainsi assuré un volume de vente et a permis de mettre leur produit en marché à grande échelle au Québec. Une première commercialisation pilote avait eu lieu dans cinq succursales au printemps 2015 avec des paquets de 10 contenants de 500 millilitres.

À la suite des commentaires de Costco, la bouteille a été revue en collaboration, et on a opté pour un contenant de 330 ml avec un bouchon, vendu en douzaine dans un emballage conçu expressément pour ce détaillant. La PME de Terrebonne exporte par la même occasion le format de 330 ml en France, en Belgique et au Luxembourg.

Les Québécois attirés par le bio, mais freinés par son prix 

Un sondage de la Filière biologique du Québec réalisé en 2013 révèle que 56 % des Québécois consomment des produits biologiques. Bien que 36 % d'entre eux indiquaient vouloir augmenter leur consommation de ce type d'aliment, 58 % ont précisé que le prix des produits biologiques limitait leurs achats.

Selon des chiffres de 2012 de Vision Critical, rapportés dans le Bottin statistique de l'alimentation 2015 du gouvernement du Québec, dans la plupart des cas (55 %), les Québécois achètent leurs aliments biologiques en épicerie. Ils les achètent dans les magasins de produits et d'aliments de santé naturels dans 19 % des cas, auprès du producteur dans 13 % des cas ou en pharmacie (10 %) et dans les grandes surfaces (10 %).

Le dernier baromètre publié par l'Observatoire de la consommation responsable signale que 56 % des Québécois considèrent l'achat de produits biologiques comme de la consommation responsable. Cette étude note un effet de réciprocité entre les achats de produits équitables et ceux de produits biologiques.

En d'autres termes, un consommateur de produits équitables sera plus enclin à se procurer des produits biologiques, et inversement. On y constate aussi de grandes similitudes entre les motivations des consommateurs de produits locaux et d'aliments biologiques.

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