Hongrie: état d'urgence à cause de la guerre en Ukraine à partir de minuit

Publié le 24/05/2022 à 10:20, mis à jour le 24/05/2022 à 13:44

Hongrie: état d'urgence à cause de la guerre en Ukraine à partir de minuit

Publié le 24/05/2022 à 10:20, mis à jour le 24/05/2022 à 13:44

Par AFP

Le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 24 mai 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici.   

13h40 | Budapest — Le premier ministre hongrois Viktor Orban a instauré mardi un second état d’urgence, cette fois pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, alors que le premier état d’urgence lié à la pandémie de coronavirus devait expirer mardi prochain. 

«Le monde est au bord d’une crise économique. La Hongrie doit rester en dehors de cette guerre et protéger la sécurité financière de ses familles», a déclaré sur Facebook le dirigeant nationaliste.

 

 11h09 | Bruxelles — Le premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le pays bloque un embargo de l'UE sur le pétrole russe, a estimé «très improbable» un accord dans les prochains jours, dans une lettre au président du Conseil européen Charles Michel consultée mardi par l'AFP.

La Hongrie, actuellement en discussions avec la Commission européenne, «n'est pas en position d'accepter le sixième paquet de sanctions tant que les négociations n'auront pas abouti à résoudre toutes les questions en suspens», écrit le dirigeant souverainiste dans ce courrier daté de lundi. 

«Les solutions doivent précéder les sanctions», prévient-il.

«Étant donné la gravité des questions toujours ouvertes, il est très improbable qu'une solution complète puisse être trouvée avant le sommet extraordinaire» des chefs d'État et de gouvernement des 27 prévu les 30 et 31 mai, estime-t-il.

«Je suis convaincu que discuter du paquet de sanctions au niveau des dirigeants en l'absence d'un consensus serait contre-productif. Cela ne ferait que mettre en valeur nos divisions internes sans offrir de chance réaliste de résoudre les divergences», poursuit Viktor Orban, proposant de «ne pas examiner cette question» lors du Conseil européen.

«Maintenir l'unité de l'Union européenne doit rester notre priorité», conclut-il.

Pays enclavé, sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole acheminé de Russie par l'oléoduc Droujba.

Le dirigeant hongrois souligne que l'embargo pétrolier proposé «causerait immédiatement de sérieuses perturbations d'approvisionnement en Hongrie» et ferait monter les prix «d'environ 55-60%».

Il redoute ce renchérissement de la facture pétrolière, car il pourrait ne plus pouvoir plafonner le prix des carburants, comme il le fait depuis novembre 2021.

Le premier ministre souligne que son pays reste «fortement dépendant des importations d'énergie russe», même si «la part de la Russie dans les importations de pétrole est passée de plus de 90% en 2010 à 64% en 2021».

«Se passer progressivement de pétrole russe est impossible sans une restructuration complète de nos capacités de raffinerie, requiert une hausse et une accélération des investissements dans nos infrastructures énergétiques et une transition verte rapide», indique-t-il aussi.  

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto avait chiffré la semaine dernière à «15-18 milliards d'euros» le coût d'un arrêt de ses achats de pétrole russe, pour expliquer sa demande d'exemption des approvisionnements par oléoduc du projet d'embargo pétrolier de l'UE.

Budapest juge insuffisante la proposition d'une dérogation de deux années pour mettre en œuvre l'embargo pétrolier offerte à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque. La Hongrie a demandé au moins quatre ans et près de 800 millions d'euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l'oléoduc Adria qui vient de Croatie.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quant à elle déclaré mardi sur CNBC qu'elle «espérait» qu'un accord sur l'embargo pétrolier était une question de «jours». 

«Ce que nous essayons de faire, c'est trouver des solutions pour un ou deux États membres qui sont enclavés, qui ne peuvent donc pas avoir de pétrole par la mer et qui ont besoin d'alternatives en matière d'oléoducs et de raffineries», a-t-elle expliqué.

 

UE: suspension des droits de douane sur les produits ukrainiens

10h15 | Bruxelles — Le Conseil de l'Union européenne, qui représente les 27 États membres, a approuvé mardi la suspension pour un an des droits de douane sur tous les produits importés d'Ukraine afin de soutenir l'économie du pays attaqué par la Russie.

Cette mesure, proposée le 27 avril par la Commission européenne, avait déjà été approuvée par le Parlement européen le 19 mai. Le règlement est donc validé et entrera en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel de l'UE, a précisé le Conseil dans un communiqué.

La suspension des droits de douane «va faciliter les échanges commerciaux de l'Ukraine face à l'agression (de la Russie) et fournir un soutien à son économie», s'est félicité le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, lors d'une conférence de presse.

Le commerce bilatéral entre l'UE et l'Ukraine a représenté 52 milliards d'euros d'échanges l'an dernier, selon l'exécutif européen. Le chiffre a doublé depuis 2016.

Mais, depuis fin février et le déclenchement de la guerre par la Russie, la production agricole et industrielle de l'Ukraine a été durement touchée, ainsi que ses relations commerciales avec le reste du monde, l'accès du pays à la mer étant bloqué par la marine russe.

Le produit intérieur brut (PIB) ukrainien devrait s'effondrer de 35% cette année, selon une prévision du Fonds monétaire international (FMI) publiée le 19 avril.

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