Donald Trump adoucit sa position sur l'acier et l'aluminium

Publié le 08/03/2018 à 11:48

Donald Trump adoucit sa position sur l'acier et l'aluminium

Publié le 08/03/2018 à 11:48

Par AFP

Donald Trump. (Photo: Getty)

Le président américain Donald Trump a nettement adouci le ton jeudi en matière de politique commerciale, promettant flexibilité et coopération avec les «vrais amis» des États-Unis dans l'imposition à venir de taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium.


«Nous devons protéger et bâtir nos industries de l'acier et de l'aluminium tout en faisant preuve d'une grande flexibilité et de coopération avec ceux qui sont des vrais amis et nous traitent de manière équitable à la fois dans le commerce et la défense», a tweeté le président américain, précisant qu'il rencontrerait les responsables du secteur jeudi après-midi à la Maison Blanche. 


Il a annoncé il y a une semaine son intention d'imposer à hauteur de 25% de taxes sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, ravivant le spectre d'une guerre commerciale entre les États-Unis et nombre de ses alliés à commencer par le Canada, son premier partenaire commercial et premier fournisseur d'acier. 


Le promulgation formelle de ces taxes pourrait intervenir dès jeudi, selon les médias américains.


Face à la levée de boucliers dans le monde entier, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders avait fait savoir dès mercredi qu'il pourrait y avoir des «dérogations» pour le Mexique et le Canada -partenaires des États-Unis dans l'Aléna, traité de libre-échange en cours de renégociation- et pour «potentiellement d'autres pays».


Selon le Washington Post citant des hauts responsables de l'administration américaine, le Canada et le Mexique seraient exemptés de ces taxes durant 30 jours. Cette dérogation pourrait être prolongée en cas de progrès dans la renégociation de l'Aléna, a-t-il ajouté. 


Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross avait également donné des signes d'apaisement mercredi, assurant que les Etats-Unis ne cherchaient pas une guerre commerciale.


Front républicain


Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin avait pour sa part précisé que l'administration «négociait des deals» au cas par cas.


L'assouplissement du ton du président républicain coïncide avec la demande d'une centaine d'élus républicains de la Chambre des représentants de ne pas imposer des taxes uniformes. Dans une lettre adressée au président, lls expriment leur «profonde préoccupation» quant aux conséquences de telles taxes sur les entreprises américaines et recommandent des mesures plus «ciblées». 


Donald Trump avait aussi été appelé à la modération par son conseiller Gary Cohn qui, faute de se faire entendre, a fini par annoncer sa démission mardi.


Sur le plan extérieur, Washington s'est attiré les foudres de l'Union européenne qui a martelé qu'une guerre commerciale serait nuisible à toutes les parties y compris aux États-Unis.


«Il est désormais temps pour les responsables politiques des deux côtés de l'Atlantique d'agir de façon responsable», a exhorté le président du Conseil européen Donald Tusk, précisant que le contentieux serait au programme du prochain sommet européen à Bruxelles les 22 et 23 mars.


Jeudi, l'un des vice-présidents de la Commission européenne, Jyrki Katainen, a lui fait valoir une disposition réglementaire: Donald Trump ne peut pas exempter un État membre de l'UE des taxes sans entraîner mécaniquement une exemption de toute l'UE.


Bien avant la promulgation des taxes, l'Union européenne a préparé une riposte. La commissaire au Commerce extérieur Cecilia Malmström a ainsi détaillé une liste de produits américains qui pourraient être taxés pour compenser en valeur le dommage causé à l'industrie européenne.


Cette liste, encore en discussion, comprend «des produits en acier, industriels et agricoles», et des produits emblématiques tels que le beurre d"arachides et le jus d'orange.


Les Européens exportent environ 5 milliards d'euros d'acier et 1 milliard d'euros d'aluminium chaque année vers les États-Unis. 


Jeudi, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi est à son tour monté au créneau, redoutant que l'escalade de mesures protectionnistes ne compromette la croissance. Les affrontements commerciaux ont «un effet sur la confiance», a-t-il déclaré. Or toute crise de défiance «est négative à la fois pour l'inflation et pour la croissance», a-t-il ajouté.


Du côté des autres partenaires commerciaux, Pékin a indiqué jeudi qu'il adopterait une «réponse appropriée et nécessaire» face à d'éventuelles sanctions commerciales américaines. 


«Dans notre époque mondialisée, ceux qui recourent à la guerre commerciale choisissent le mauvais remède, ils ne feront que pénaliser les autres tout en se pénalisant eux mêmes», a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi.


Le déficit commercial des États-Unis avec le géant asiatique s'est établi à 21 milliards de dollars en février, soit un doublement sur un an.


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