Côte-de-Beaupré: plus 135 M$ d'investissement pour gâter la visite


Édition du 13 Avril 2022

Côte-de-Beaupré: plus 135 M$ d'investissement pour gâter la visite


Édition du 13 Avril 2022

Par Claudine Hébert

Le parc de la Chute-Montmorency a fait l'objet d'une cure de rajeunissement de près de 49 M$. (Photo: 123RF)

TOURISME D'AFFAIRES ET D'AGRÉMENT. La MRC de la Côte-de-Beaupré, tout juste à l’est de Québec, réserve un beau lot de surprises aux quelque 2,5 millions de personnes qui la visitent chaque année. Et ce sont les organisateurs d’événements — ainsi que leurs participants — qui en sont les premiers bénéficiaires. 

Depuis deux ans, ce ne sont pas moins de 25 millions de dollars (M$) qui ont été injectés dans la principale destination d’affaires de la MRC, le Château Mont Sainte-Anne, situé à Beaupré. «Dans les faits, l’établissement porte le nom de Delta Hotels par Marriott Mont Sainte-Anne, centre de villégiature et congrès depuis avril 2021», signale son directeur général, Sébastien Roy. C’est la première fois depuis la construction de l’hôtel, en 1979, qu’il est affilié à une chaîne hôtelière internationale.

Le récent investissement inclut notamment la nouvelle signature du centre de congrès qui a été rénové et agrandi au coût de 5 M$, pour atteindre plus de 23 000 pieds carrés. La plus grande salle, qui peut aisément accueillir jusqu’à 1200 convives en style cocktail, bénéficie d’une vue imprenable sur les pentes de la station de ski voisine. Ces nouveaux espaces modernes s’ajoutent aux quelque 20 000 pieds carrés que comptait déjà le complexe.

D’autres travaux, estimés à plus de 20 M$, ont été lancés en 2020 afin de revoir le décor des 160 chambres et 50 condominiums de l’infrastructure. L’espace de restauration Café Nordik a également été rafraîchi, ainsi que le hall d’entrée. Un nouveau centre aquatique, doté d’une piscine intérieure de 15 mètres et d’une piscine extérieure quatre saisons, s’inscrit aussi dans ces travaux en cours. Son ouverture au public est prévue d’ici le début de l’été.

 

Une chaîne hôtelière qui sert de levier

Pourquoi être associé au groupe Marriott International après plus de 30 années d’indépendance? «Tant qu’à investir une somme importante dans la revitalisation de l’hôtel, on a cru bon s’associer avec une grande chaîne nord-américaine afin que notre destination rayonne au-delà des frontières du Québec», explique Sébastien Roy. Lui et les deux principaux propriétaires de l’établissement — son père Henri A. Roy et l’investisseur Charles Sirois — sont d’ailleurs persuadés que la notoriété de la chaîne Delta by Marriott, qui compte plus de 75 propriétés au Canada et aux États-Unis, contribuera à augmenter très rapidement d’au moins 10% à 15% leur clientèle d’affaires. «D’ici deux ans, nous devrions avoir atteint un taux de 60% d’occupation», soutient le directeur général. 

Juste avant que la COVID-19 ne perturbe l’industrie du tourisme d’affaires, la présence du nouveau centre de congrès avait déjà commencé à changer la donne. «L’hôtel avait enregistré plus d’une cinquantaine d’événements, totalisant près de 17 000 nuitées, rappelle-t-il. Nous étions à quelque 3000 nuitées de battre notre record, réalisé en 2000.»

L’établissement, poursuit-il, a toujours été fort populaire auprès de la clientèle des rendez-vous associatifs, qui privilégie les lieux de villégiature très captifs. «En offrant désormais des chambres de même standard à tous nos occupants, nous détenons un solide produit pour séduire également les entreprises privées en quête d’une destination stimulante pour leurs réunions et leurs voyages de motivation», avance Sébastien Roy. Après 17 années à la direction, celui-ci dit avoir enfin entre les mains «son hôtel de rêve». 

 

Un hôtel qui gâte les sportifs

Il va de soi que cet investissement majeur profite aussi à la clientèle qui fréquente le Mont-Sainte-Anne, à la fois le troisième plus haut dénivelé de glisse de la province et l’un des plus vastes réseaux de ski de fond d’Amérique du Nord. Avec cinq sentiers hivernaux, les adeptes de vélo à pneus surdimensionnés (fatbike) ne sont pas en reste, pas plus que les amateurs de vélo de montagne, qui représentent désormais près de 20% des visiteurs annuels de la station.

Depuis près de 40 ans, le mont Sainte-Anne fait effectivement figure de référence mondiale pour la tenue d’événements de vélo de montagne. L’ancien gestionnaire et copropriétaire de la firme d’organisation Gestev, Patrice Drouin, qui a largement contribué à l’essor de ce sport dans la région, est même régulièrement appelé à travers le monde à titre de consultant pour partager son expertise en la matière. «Le dernier Championnat du monde de vélo de montagne, présenté en août 2019 au Mont-Sainte-Anne, a attiré plus de 60 000 visiteurs et généré plus de 12 M$ en retombées économiques sur le territoire de la Côte-de-Beaupré», indique-t-il fièrement.

La destination organisera d’ailleurs cette année son 30e rendez-vous mondial consécutif de vélo de montagne, le seul endroit au monde ayant tenu autant d’événements pour ce sport, insiste Patrice Drouin. 

Mentionnons au passage que Resorts of the Canadian Rockies, qui possède le centre de ski, serait, lui aussi, sur le point d’annoncer — si ce n’est déjà fait au moment de publier — un important investissement pour rajeunir ses installations. Certaines sources chuchotent que celui-ci pourrait atteindre un montant de plus de 50 M$ répartis sur cinq ans. Une information que la direction de Mont-Sainte-Anne n’a pas voulu confirmer à Les Affaires

 

Une chute encore plus accessible

D’ici là, la cure de rajeunissement de près de 49 M$ dont fait l’objet le parc de la Chute-Montmorency, situé à l’entrée de la MRC de la Côte-de-Beaupré, s’ajoute aux investissements récréotouristiques qui bonifient l’attrait de cette destination. Le conseiller en développement touristique à Développement Côte-de-Beaupré, David Dorion, rappelle qu’avec ses quelque 900 000 visiteurs annuels, la chute de 83 mètres de hauteur est la deuxième attraction la plus fréquentée de la grande région de la Capitale-Nationale, après le Vieux-Québec.

Une première phase de travaux, évaluée à un peu plus de 18 M$, a permis l’aménagement d’une passerelle semi-submersible au pied de la chute, qui sera accessible dès cet été. La seconde phase, estimée à plus de 30 M$, débutera plus tard cette année. Elle se traduira par plusieurs aménagements, dont une aire de repos et des stations de jeux pour les enfants au pied de la chute ainsi que des parcours piétonniers à son sommet. Des rénovations à l’intérieur du Manoir Montmorency — qui sert de restaurant et de salle de réception — sont également au programme. 

«Toutes ces transformations devraient permettre d’augmenter l’achalandage à plus de 1,3 million de visiteurs par an», estime Simon Boivin, relationniste de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), qui gère l’infrastructure.

 

Redonner l’accès au fleuve

Enfin, le tout nouveau quai de Sainte-Anne-de-Beaupré, aménagé au coût de 12 M$ juste en face du sanctuaire du même nom, suscite, lui aussi, beaucoup d’enthousiasme chez les acteurs de l’industrie touristique locale. «L’infrastructure de 300 mètres, qui doit être inaugurée en juin prochain, permettra de redonner l’accès au fleuve Saint-Laurent aux citoyens, mais, surtout, aux quelque 700 000 visiteurs qui visitent le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré année après année», explique David Dorion. 

Depuis le prolongement de la route provinciale 138, réalisé en 1955, les accès publics au fleuve se sont faits rares sur la Côte-de-Beaupré, note le conseiller. La nouvelle infrastructure, qui pourra éventuellement servir de port d’attache à de petits bateaux de croisière, permettra, note-t-il, de corriger cette lacune. De plus, elle arrive juste à point pour marquer le 100e anniversaire de la construction du sanctuaire, en 2023.

La «Notre-Dame» des Laurentides
Peu importe les saisons, chaque soir, l’église de Sainte-Agathe-des-Monts s’illumine. Ce spectacle est le fruit des efforts d’un citoyen, Yves Lavoie, qui a convaincu la Ville et de généreux donateurs d’investir près de 100 000 $ pour y installer un système d’éclairage extérieur en 2019. L’imposante infrastructure de pierre construite entre 1905 et 1907 ressemble à s’y méprendre à celle de Notre-Dame-de-Paris, car ses architectes, Daoust et Gauthier, se seraient largement inspirés de la cathédrale parisienne. On raconte que l’élite de Sainte-Agathe-des-Monts souhaitait alors accueillir le siège épiscopal du tout nouveau diocèse des Laurentides, un mandat qui a finalement été accordé à Mont-Laurier en 1913.
Du nouveau Chez Girard
Depuis plus de 20 ans, Anick Jérôme et son conjoint Marco Périard dirigent les destinées d’un des plus vieux restaurants du centre-ville, Chez Girard. Ils ont profité des fermetures forcées des deux dernières années pour y investir quelques dizaines de milliers de dollars afin de rénover la cuisine et la terrasse de quelque 80 places. Bien que la clientèle de l’endroit — une maison blanche au toit rouge, située tout près du lac des Sables qui compte également trois chambres à louer — ait déjà été majoritairement touristique, aujourd’hui, elle est composée à 70% d’habitants de Sainte-Agathe et des environs, estime la propriétaire. 
Trois plutôt qu’une
Sainte-Agathe-des-Monts est l’une des rares municipalités du Québec qui dispose de trois plages sur son territoire: les plages Tessier, Sainte-Lucie et Major. Les trois espaces sablonneux accueillent bon an, mal an plus de 50 000 visiteurs. Pendant la pandémie, deux d’entre elles (Tessier et Sainte-Lucie) ont été réservées à l’usage exclusif des Agathois. La Ville songe toutefois à les rouvrir au grand public cet été.
Une microbrasserie «incubée» localement
D’ici quelques semaines, la microbrasserie La Veillée ouvrira ses portes sur la rue Principale. Non seulement s’agit-il d’un nouveau commerce bonifiant le centre-ville agathois, l’établissement, dirigé par Patrick Laurin, est la toute première entreprise issue de l’incubateur-accélérateur La Manufacture, qui a pignon sur rue à Sainte-Agathe-des-Monts depuis 2017. En plus d’y brasser des bières, l’équipe de La Veillée prévoit l’aménagement d’un pub d’une quarantaine de places intérieures et d’une vingtaine d’autres sur la terrasse.
Sur la Route des Belles-Histoires
Sainte-Agathe-des-Monts figure sur la Route des Belles-Histoires. Inauguré en 2016, ce circuit patrimonial, qui s’étend sur plus de 284 km entre Saint-Jérôme et Mont-Laurier, traverse les villes et villages qui ont marqué l’histoire des Laurentides, plus particulièrement celle du curé Antoine Labelle, reconnu pour sa dévotion pour le développement de la région. Bien que ce circuit ne comporte qu’une seule adresse agathoise (le théâtre Le Patriote), la municipalité propose de prolonger la visite en empruntant son propre parcours patrimonial de près de 3 km. Présenté sous forme de «balado découverte», ce circuit guidé par GPS inclut une douzaine d’arrêts, dont le sanatorium et la gare.
Croisières sur le lac des Sables
Depuis sa création en 1944, Croisières Alouette fait découvrir les splendeurs du lac des Sables aux visiteurs. «Avant que ne survienne la COVID-19, nos deux bateaux transportaient près de 17 000 passagers chaque année, dont une forte clientèle internationale à l’automne», signale le capitaine Ghislain Parizeau, cinquième propriétaire de l’entreprise. Puisque celle-ci a été fermée au cours des deux derniers étés, le capitaine en a profité pour investir quelque 80 000 $ afin d’effectuer des rénovations sur ses deux embarcations accueillant respectivement 72 et 47 passagers. Cette année, Croisières Alouette reprendra ses activités à la Saint-Jean-Baptiste, et ce, jusqu’à la fin octobre. 
S’envoyer en l’air en équipe
Le Tyroparc Sainte-Agathe est l’une des attractions les plus populaires en ville depuis son ouverture en 2014. L’an dernier, pas moins de 20 000 personnes ont osé survoler les airs, accrochées à l’une de ses quatre mégatyroliennes. Le propriétaire fondateur, Philippe Cornette, a investi plus 1,5 million de dollars pour bâtir ces infrastructures qui mesurent entre 550 m et 915 m de long. Doté de parcours de «via ferrata» ainsi que d’un pavillon qui peut accueillir jusqu’à 80 personnes à la fois, l’endroit reçoit régulièrement la visite d’entreprises en quête d’une activité de consolidation d’équipe. «Près d’une dizaine de fois par année, des entreprises vont même réserver le parc en entier», signale Philippe Cornette. Actuellement, cette clientèle représente plus de 15% des revenus du Tyroparc. Son président aimerait bien que cette part double d’ici les deux prochaines années.
Paradis du camping
À l’instar des quelques villes de villégiature québécoises situées en bordure d’un lac, Sainte-Agathe-des-Monts offre davantage de sites de camping que d’autres types d’hébergement tels les hôtels et les gîtes. Ainsi, le Grand Sainte-Agathe ne comptait pas moins de 1308 emplacements répartis dans six terrains de camping en 2019 selon les données de MRC des Laurentides. C’est presque 2,5 fois plus que les quelque 600 options d’hébergement proposées par la quinzaine d’hôtels, la dizaine de gîtes et les 175 résidences de tourisme du secteur.

 


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