Jason Fried : le fondateur de 37signals est obsédé par la clarté

Publié le 31/08/2010 à 13:00, mis à jour le 14/05/2012 à 16:20

Jason Fried : le fondateur de 37signals est obsédé par la clarté

Publié le 31/08/2010 à 13:00, mis à jour le 14/05/2012 à 16:20

Par Diane Bérard

Jason Fried. Photo : James Ducan Davidson

Jason Fried n'est pas un homme patient. De son impatience est née une entreprise, 37signals, des livres - Defensive Design for the Web, Getting Real, Rework - et des applications - Backpack, Basecamp, Campfire, etc.

Tous visent le même but : simplifier la vie. " Je suis obsédé par la clarté, quand je parle, quand j'écris et quand je crée. Cette obsession est le fruit de mes frustrations : je déteste les formulaires, les gens et les situations obscurs. " 37signals est une société privée fondée en 1999. Elle tire son nom des 37 signaux radio que l'astronome Paul Horowitz considérait comme des messages d'origine potentiellement extraterrestre.

Tous les produits de 37signals reposent sur le modèle d'entreprise " freemium ", qui consiste à offrir gratuitement la version de base d'un produit et à rendre payantes les versions haut de gamme. Apôtre de la simplicité, Jason Fried se plaît à bouleverser les idées reçues que nous avons à l'égard de notre travail et de la façon dont celui-ci doit être exécuté : planifier ne sert à rien, les réunions sont toxiques, le sommeil est important, le travail d'équipe nuit à la productivité... Voilà quelques-uns des messages que l'on trouve dans son plus récent ouvage, Rework, un best-seller aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Nous avons joint Jason Fried à son bureau de Chicago et nous avons tenté de poser nos questions le plus clairement possible !

Diane Bérard - Vous suscitez la controverse, et pourtant vous prônez la simplicité. Comment expliquez-vous cela ?

Jason Fried - Il est très frustrant de se faire dire que notre vie est compliquée parce que nous le voulons bien, et non parce qu'elle l'est. Le monde du travail est devenu hors contrôle, et tout le monde est convaincu qu'il ne peut pas en être autrement. Alors quand je reviens à l'essentiel, on me dit que mes observations sont " simplistes ". Je suscite la controverse parce que le monde du travail que je présente paraît trop simple pour être réel !

D.B. - Vous prônez la simplicité; vos produits, eux, sont-ils simples ?

J.F. - Absolument. Nos applications sont très spécialisées, chacune permet d'effectuer peu de choses, mais de les faire bien. Basecamp sert à la gestion de projet : vous partagez des documents, distribuez les tâches, centralisez les commentaires et assurez le suivi. Highrise vous aide à garder le fil de vos échanges (courriels, appels, conversations). Backpack facilite le partage d'information, et Campfire est un logiciel de clavardage.

D.B. - Si vos applications facilitent l'organisation du travail, votre livre Rework est-il un livre de recettes pour être plus heureux au travail ?

J.F. - Non, je le décrirais plutôt comme un livre " d'inspiration pratique ". Vous y trouverez 88 idées glanées au fil de 11 ans de carrière. C'est un mélange d'expériences personnelles et professionnelles, de lectures et de commentaires lus sur des blogues.

D.B. - Vous affirmez que les gens d'affaires connaîtraient plus de succès s'ils s'inspiraient des grands chefs cuisiniers. Que voulez-vous dire?

J.F. - Les chefs font des émissions de télé, des vidéos et publient des livres où ils nous dévoilent leurs secrets. À Ann Harbor, dans le Michigan, le propriétaire du Zigerman's Deli a fondé une université où sont enseignées ses techniques. C'est brillant. Si le client connaissait mieux le produit et l'entreprise, il les valoriserait davantage. Nous n'avons aucune idée de l'effort requis pour fabriquer les produits et les services que nous consommons. Si les entreprises nous ouvraient les portes de leurs usines et de leurs bureaux, comme les chefs donnent accès à leur cuisine, nous pourrions mesurer cet effort.

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