Nancy Simoneau a bâti sa force dans l'adversité

Publié le 10/11/2016 à 04:00

Nancy Simoneau a bâti sa force dans l'adversité

Publié le 10/11/2016 à 04:00

Nancy Simoneau, présidente Le Groupe Simoneau

LAURÉATE, ENTREPRENEURE – GRANDE ENTREPRISE — René Simoneau, chaudronnier de métier, fonde son entreprise d’entretien de chaudières industrielles en 1984. Sa fille aînée, Nancy, a alors 16 ans et rêve elle aussi d’entrepreneuriat.

« Ma grand-mère Marguerite était pour moi l’autorité suprême. Elle m’a souvent dit que je deviendrais une grande femme d’affaires et que j’étais née à la bonne époque. Je pense que je me suis sentie investie d’une mission ! » raconte en riant celle qui remporte un Prix femmes d’affaires du Québec dans la catégorie Entrepreneure, grande entreprise.

À sa sortie des HEC, à 25 ans, elle entreprend de développer un secteur manufacturier pour le Groupe Simoneau, une ambition qu’elle caressait depuis un moment pour l’entreprise familiale qui ne s’était jusqu’alors consacrée qu’au service.

Après une relève éclair d’un an et demi, elle se retrouve présidente à 33 ans. Les années qui suivent sont les pires, tant pour l’entreprise de Boucherville que pour Nancy Simoneau.

« Le départ de mon père a entraîné une décroissance de 30 % d’un seul coup. J’ai tellement douté de moi pendant cette période ! » Elle se jette tout de même à l’eau et restructure l’entreprise pour se concentrer exclusivement sur la fabrication de chaudières. « Cette transition a duré six ans. En 2008, nos bases étaient redevenues solides et il ne restait plus qu’à viser la croissance. »

Nancy Simoneau gère aujourd’hui une imposante croissance. Le chiffre d’affaires atteignait 25 millions de dollars l’an dernier, et Groupe Simoneau est devenu un leader mondial des chaudières industrielles, avec ses systèmes intégrés innovants sur le plan de l’efficacité énergétique.

« Les leçons acquises dans l’adversité s’ancrent plus profondément », croit Nancy Simoneau, qui a aussi dû faire ses armes dans le domaine de la construction. « Je devais maîtriser les détails techniques de mes produits sur le bout des doigts. C’est encore plus vrai pour une femme dans un monde d’hommes : autour d’une table, le silence des hommes est souvent perçu comme une autorité, alors qu’on exigeait de moi de prouver mes connaissances. »

Nancy Simoneau a aussi appris à diriger « au féminin ». « Au début, tout ce que je connaissais, c’était le style de gestion de mon père, et il ne donnait pas dans la ouate ! Mais ça ne représentait pas mes valeurs. Tranquillement, j’ai développé assez de confiance en moi pour gérer mon entreprise avec ma touche féminine. La culture d’entreprise aussi a évolué : les employés qui restent acceptent et respectent véritablement que la direction soit assumée par une femme. »

Aujourd’hui, la moitié des postes de gestion sont occupés par des femmes. Sa sœur Maud est directrice des ventes et sa fille Frédérique est coordonnatrice du service après-vente.

« De belles occasions s’offrent aux femmes, mais elles s’empêchent parfois de les saisir, constate-t-elle. On m’a déjà dit que je semblais plus dure avec les femmes. Je ne pense pas que ce soit le cas ; je veux seulement les amener plus loin… quitte à leur forcer la main un peu ! »

Cliquez ici pour consulter le dossier Prix femmes d'affaires du Québec 2016

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