La course au recrutement des talents

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Juin 2018

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Édition du 16 Juin 2018

«Le jeunes avocats sont l’avenir du cabinet, ils doivent pouvoir exprimer leur vision», selon Me ­Pierre ­Pilote, associé directeur du bureau de ­Gowling à ­Montréal. [Photo: 123RF]

« La guerre des talents est cruciale pour les cabinets d'avocats québécois, c'est pourquoi je considère les RH comme une fonction hautement stratégique », lance Anik Trudel, chef de la direction chez Lavery.

Après son arrivée en poste en 2017, elle s'est rapidement adjoint les services d'Amélie Journet comme chef, Ressources humaines et transformation organisationnelle. Cette ancienne de Keurig Canada et du Cirque du Soleil apporte une vision des choses différentes par rapport à celle qui prévaut dans les grands cabinets. « Je suis emballée par la volonté que je sens chez Lavery de se réinventer », confie-t-elle.

Lavery a entrepris une grande consultation de tous ses employés et associés afin de comprendre leurs besoins et leurs aspirations. Les résultats aideront à déterminer les gestes à poser pour assurer une mobilisation maximale des troupes, nerf de la guerre de la rétention des talents. « Notre cabinet n'a pas d'âge de retraite obligatoire, nous avons donc plusieurs groupes d'âge, ce qui nous offre une richesse de talents et d'expérience, explique Mme Trudel. Toutefois, ces gens sont à des moments différents de leur vie professionnelle et personnelle et ont donc des besoins différents. Il faut faire preuve de flexibilité pour trouver les meilleurs moyens de les accompagner dans leur carrière. »

Être le choix des jeunes

Les étudiants se trouvent bien sûr au coeur des efforts de recrutement des grands cabinets, et ce, dès leur deuxième année de baccalauréat. « Chaque année, nous recrutons entre 12 et 18 étudiants qui travailleront deux étés chez nous avant de faire leur stage, et nous leur offrons une garantie d'embauche à la fin de celui-ci », explique Me André Roy, associé directeur du bureau de Montréal chez Stikeman. Selon lui, la garantie d'emploi permet aux stagiaires de se concentrer sur leur travail sans craindre de se retrouver le bec dans l'eau lorsqu'il se terminera. « Nous sommes le seul cabinet à les embaucher directement comme avocats et avocates, sans processus de sélection à la fin du stage, ajoute Me Jocelyn Poirier, directeur général du bureau de Montréal. Ils ont aussi l'occasion de choisir leur champ de pratique. »

Me Roy convient que le marché a changé depuis les débuts de sa carrière, il y a maintenant 38 ans. Les jeunes avocats ont plus de choix et les options de rechange aux grands cabinets sont nombreuses, notamment dans les services de contentieux de plus en plus développés des entreprises.

Une carrière stimulante

« Il faut garder la flamme bien allumée chez nos avocats pour les garder chez nous », soutient de son côté Me Pierre Pilote, associé directeur du bureau de Gowling à Montréal. Cela passerait notamment par des défis professionnels à la hauteur des ambitions des avocats, mais aussi par des occasions d'engagement social ou communautaire leur donnant l'occasion de se réaliser sur le plan personnel. Me Pilote donne l'exemple de Me Suzie Lanthier, devenue administratrice du groupe La Traversée sur la Rive-Sud, qui offre des services aux femmes et aux enfants victimes d'abus sexuels et fait de la sensibilisation contre la violence dans les écoles. Ou encore Alexandre Forest, qui deviendra, en 2019, le plus jeune bâtonnier de l'histoire du Barreau de Montréal et qui est aussi très engagé dans la Ligue nationale d'improvisation et auprès du Salon Visez Droit. « Les jeunes souhaitent se développer professionnellement, mais tiennent beaucoup aussi à le faire par leur engagement social et à conserver un équilibre entre leur vie professionnelle et d'autres pans de leur vie, alors nous les appuyons dans ça », avance Me Pilote.

La méthode de gestion de Gowling mise beaucoup sur le travail d'équipe, la collaboration et l'offre de mentorat aux recrues. Les avocats salariés ont été inclus dans les discussions entourant le plan stratégique 2018-2020. « Ils sont l'avenir du cabinet, ils doivent pouvoir exprimer leur vision », indique Me Pilote. En 2017, le cabinet a instauré le programme de leadership visant à développer chez les avocats des compétences autres que juridiques, comme la gestion de projets ou la créativité, afin de les rendre encore plus aptes à accompagner les clients au quotidien.

Gowling offre aussi aux jeunes la possibilité d'expérimenter différents domaines du droit et de changer de voie, afin d'éviter qu'ils se sentent coincés. Les avocats de Montréal auront aussi bientôt accès à des échanges internationaux par Gowling WLG. Ils pourront donc aller travailler pendant un certain temps chez des partenaires dans d'autres pays. Tout est fait pour que les avocats soient stimulés et aient envie de rester chez Gowling. « Nous voulons créer un environnement favorable à la rétention de nos talents, c'est important », conclut Me Pilote.

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