Protéger Saint-Pétersbourg des risques liés au climat

Publié le 03/11/2016 à 14:06

Protéger Saint-Pétersbourg des risques liés au climat

Publié le 03/11/2016 à 14:06

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L’érosion des côtes menace les quartiers historiques de Saint-Péterbourg, construits au niveau de la mer.

Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie et une destination touristique de choix en Europe est menacée par les effets néfastes du changement climatique. Les côtes de la ville ont déjà été rognées, alors que la montée des océans et les eaux souterraines menacent les habitations ainsi que les infrastructures. La première stratégie d’adaptation au changement climatique est en cours de rédaction. Elle a pour but de protéger les infrastructures existantes et de changer les lois concernant les futures constructions ainsi que la consolidation des côtes.

Par Angelina Davydova, Kommersant, Russie

La Russie n’est communément pas considérée comme une zone vulnérable au changement climatique. Pendant de nombreuses années, certains scientifiques doutaient de la crédibilité de la théorie du changement climatique. Ils plaisantaient avec les élus locaux des nouvelles opportunités que cela apporterait à la Russie : la culture de bananes dans la toundra ou l’utilisation du passage Nord-Est. Ces dernières années ravageuses ont pourtant démontré le contraire. Les incendies de forêts, et les sécheresses de l’été 2010, ont causé une telle pollution atmosphérique qu’environ 10 000 personnes trouvèrent la mort à Moscou. À Krymsk dans le sud du pays, des inondations ont tué 200 personnes durant l’été 2012. Ces dernières étaient liées, selon les recherches, à la montée de la température dans la mer noire. Parmi les derniers événements on compte une épidémie d’anthrax sibérien dans la péninsule de Yamal cet été, causant l’extermination de plus de 2 500 rennes et des pertes conséquentes de moyens de subsistance pour les communautés indigènes, en raison d’un été particulièrement chaud en Sibérie et la fonte du pergélisol ; un phénomène qui a causé la formation de profonds cratères dans la péninsule Yakutia.

Alexey Kokorin, Directeur des programmes énergétiques et climatiques à WWF Russie, appelle au développement, à la mise en place et à l’adoption de stratégies d’adaptation climatiques fédérales ainsi que régionales. Il souhaite que l’impact du changement climatique soit pris en compte dans les villes et au niveau régional. « Les régions arctiques de la Russie, l’Extrême-Orient, le Sud et la ville de St. Pétersbourg risquent d’être les plus touchées » alerte-t-il.

Saint-Pétersbourg constitue un exemple. Construite à partir de rien en l’an 313 sur une zone marécageuse pratiquement au niveau de la mer, la ville est très vulnérable. Les quartiers historiques de la ville sont protégés par un barrage achevé en 2011. Toutefois, la montée du niveau de la mer (1 à 2 mm par an), l’érosion des côtes (0,5 m par an en moyenne), la montée des nappes phréatiques et des inondations plus fréquentes et plus importantes, posent une menace importante aux habitations vieillissantes de la ville, aux transports et aux infrastructures. Le Comité de l’environnement local a préparé un programme d’adaptation sur trois ans destiné à aider la ville, l’économie et ses habitants.

« Avec nos partenaires finlandais, nous avons évalué les risques liés au changement climatique, pour la ville et ses habitants, et avons émis plusieurs recommandations. Nous essayons de les intégrer à la future stratégie de développement de la ville », déclare Yulia Menshova, Chef du projet. Selon ses estimations, le coût d’introduction du « facteur climat » dans l’économie et les programmes de la ville est 27 fois moindre que celui qu’induirait les potentiels dégâts et pertes.

« Il nous faut redévelopper nos zones côtières, et peut-être même déplacer certains bâtiments résidentiels. Les mesures de renforcement des côtes sont une obligation » déclare l’un des chercheurs du projet, professeur à l’Université d’Etat d’hydrométéorologie de Russie Valery Malinin. Les quartiers concernés se situent au-delà du barrage (soit des quartiers résidentiels haut de gamme, des « dachas » traditionnelles, des anciens quartiers publics de l’Union soviétique et des hôtels privés de luxe) : les vagues des crues se déchaînent sur ces constructions et retombent sur les côtes, grignotant les plages. Les habitants essayent de se protéger en construisant des murs de pierre et des clôtures, mais ceux-ci sont rapidement happés par les vagues qui peuvent atteindre les côtes rapidement, en raison d’hivers plus chauds et d’un volume de glace moindre dans la mer Baltique. Les chercheurs du Karpinsky Russian Geological Research Institute recommandent d’apporter davantage de sable sur les côtes ainsi que d’adopter d’autres méthodes de protection des côtes, telles que les barrières contre les marées de tempêtes. La version actuelle du Programme d’adaptation au climat comprend un plan de protection de ces quartiers situés à l’extérieur des barrières de protection contre les inondations.

 

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