Les marchés déraillent à cause des PIGS

Publié le 27/04/2010 à 16:16

Les marchés déraillent à cause des PIGS

Publié le 27/04/2010 à 16:16

Par Olivier Schmouker

Le ministre des Finances de la Grèce est dans le flou. Photo : Bloomberg.

Les marchés nord-américains ont chuté en raison d'inquiétudes liées à la Grèce et au Portugal.


À 16h, le S&P/TSX de la Bourse de Toronto diminuait de 134 points, à 12 146 points. À Wall Street, le Dow Jones reculait de 213 points, à 10 992 points, le Nasdaq de 51 points, à 2 471 points, et le S&P500 de 28 points, à 1 184 points.


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Ainsi, les investisseurs nord-américains semblent avoir pris peur de ce qui ce passe en Europe, et en particulier chez les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) : la Grèce ne parvient pas à obtenir l'aide nécessaire à son redressement économique de la part des autres pays européens ; et c'est maintenant au tour du Portugal de montrer des signes inquiétants de faiblesse.


L'agence de notation Standard & Poor's a enfoncé le clou, en abaissant de trois crans la note de la Grèce, de «BBB+» à «BB+», la reléguant dans la catégorie des investissements spécultatifs. Elle a aussi abaissé la note souveraine du Portugal, de deux crans, de «A+» à «A-», craignant pour la situation budgétaire du pays.


«Cette décision a supplanté toutes les autres nouvelles de la journée, et orienté tous les secteurs à la baisse», dit Pascale Imbeau, conseillère en placement, de Demers Valeurs mobilières.


En conséquence, les Bourses européennes ont dévissé. La Bourse de Madrid et celle de Lisbonne ont chuté respectivement de 4,19% et 5,36%, dans le sillage de la Bourse d'Athènes qui a perdu 6%, sa plus forte baisse depuis octobre. L'Irlande, également dans l'oeil du cyclone compte tenu dela taille de son déficit, a vu son indice se replier de 3,70%. En Allemagne, le Dax a cédé 2,73%, le Footsie à Londres 2,61%, alors qu'à Paris, le CAC 40 a clôturé en baisse de 3,82%, soit sa pire séance en 2010. La Bourse de Bruxelles a plongé de 3,34% et Milan de 3,28%.


«Les inquiétudes vont malheureusement perdurer, car tout le monde se demande si les prochains ne vont pas être l'Irlande et l'Espagne», ajoute Mme Imbeau.


Les Américains optimistes, sauf les investisseurs


Les premières nouvelles de la journée avaient pourtant été bonnes. En effet, 3M, DuPont, Ford et UPS avaient dévoilé des résultats trimestriels solides. Pour ne prendre que le cas de Ford, ses profits ont été de 2,1 milliards de dollars américains, ou 50 cents par action, au premier trimestre. Ses revenus se sont chiffrés à 28,1 milliards, en progression de 3,7 milliards en glissement annuel.


À ces bonnes nouvelles se sont ajoutées celle de la confiance du consommateur américain, qui s'est nettement améliorée en avril pour atteindre son niveau le plus haut depuis septembre 2008, selon le Conference Board. Pourquoi ? Essentiellement parce que le chômage devient de moins en moins une hantise pour nos voisins du Sud.


Ainsi, l’indice ressort à 57,9 points en avril, contre 52,3 (révisé) en mars. La plupart des analystes s'attendaient au chiffre de 53,5.


Le sous-indice des anticipations a augmenté à 77,4 points, au plus haut depuis octobre 2007, au lieu de 70,4 points en mars. Celui d'évaluation de la conjoncture du moment s'est également amélioré, atteignant 28,6 points, soit son plus haut niveau depuis mai 2009, contre 25,2 un mois plus tôt.


La proportion de ceux qui trouvent qu'un emploi est difficile à trouver recule de 46,3 à 45%, tandis que celle de ceux qui jugent qu'il est facile de décrocher un emploi remonte à 4,8%, contre 4% en mars.


De son côté, l’indice de confiance des investisseurs de State Street a reculé en avril de 7,7 points, à 99,7 points, en glissement mensuel. Le sous-indice des investisseurs d’Amérique du Nord a, lui, diminué de 6,7 points, à 103,7 points.


À noter que le sous-indice des investisseurs d’Asie a baissé de 6,5 points, à 94,2 points. Et celui d’Europe, de 1,2 point, à 95,9 points.


Goldman Sachs a vendu «de la merde»


Autre point noir : l'affaire Goldman Sachs. Ce matin, Fabrice Tourre, l'homme soupçonné être au coeur d'une vaste fraude orchestrée par Goldman Sachs, a témoigné devant un comité du Sénat américain.


Il en ressort que le Français estime n'avoir rien à se reprocher. Il nie en bloc toutes les accusations de la Sec, le gendarme des marchés boursiers américains. (Pour plus de détails, cliquez ici.)


Quant aux autres hauts dirigeants de la banque, ils ont eu la sensation de passer sur un grill. Ainsi, Goldman Sachs aurait vendu délibérément des «affaires de merde» à ses clients, selon un courriel interne dont le contenu a été évoqué lors de l'audition de hauts dirigeants de la banque d'affaires devant le Sénat américain.


Dans ce courriel, Thomas Montag, un haut responsable de Goldman Sachs, affirmait en effet, le 22 juin 2007, qu'un produit financier nommé "Timberwolf" était une «affaire de merde». Celui-ci était adressé à Daniel Sparks, responsable de la division des prêts hypothécaires, de la banque d’affaires.


Du coup, Carl Levin, le président de la sous-commission d'enquête permanente du Sénat, a interrogé M. Sparks sans tourner autour du pot. «Combien de ces 'affaires de merde' avez-vous vendu à vos clients? Vous saviez que c'était une affaire de merde [...], vous en avez vendu des centaines de millions», a-t-il demandé.


Visiblement embarrassé, M. Spark a répondu en bafouillant qu'il n'avait pas souvenir d'avoir vendu «des centaines de millions» de ce produit financier. «Nous resterons ici autant de temps que cela prendra pour obtenir la réponse», a dit M. Levin, excédé par le fait que les personnes interrogées soient si souvent frappées d’amnésie.


Le huard perd des plumes


Au Nymex, le baril de pétrole brut perdait 2,27 dollars, à 81,93 dollars américains.


De son côté, l'once d'or prenait 17 dollars, à 1 171 dollars américains.


Quant à la devise canadienne, elle s'échangeait en fin de journée contre 98,27 cents américains.


«La devise canadienne a suivi le mouvement baissier parce qu'en cas d'inquiétudes majeures, le billet vert joue souvent le rôle de valeur refuge», estime Mme Imbeau.


Dans l'attente de la Fed


Par ailleurs, c’est aujourd’hui qu'a commencé la réunion monétaire de la Réserve fédérale, qui doit se conclure par la diffusion demain sort d’un communiqué sur les taux directeurs.


De plus en plus de signes semblent indiquer une prochaine reprise de la hausse de ceux-ci, mais la question est de savoir si cela va survenir maintenant ou un peu plus tard…


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