Ma devise avec BCE : acheter et dormir


Édition du 17 Juin 2017

Ma devise avec BCE : acheter et dormir


Édition du 17 Juin 2017

Par Tahar Mansour

EXPERT INVITÉ : Tahar Mansour est économiste, Ph.D. et chargé de cours à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Cet article reflète ses opinions personnelles et ne constitue pas un conseil financier. Le lecteur doit consulter son propre conseiller.

BCE (entreprises Bell Canada) était autrefois un conglomérat (finances, immobilier, téléphonie, télévision, etc.). Elle l'est moins aujourd'hui. Elle est devenue une société assez intégrée horizontalement (dans le même secteur), mais diversifiée dans l'industrie des services.

De quoi parle-t-on, au juste ?

L'entreprise demeure très pesante (pour ne pas dire dominante) dans l'industrie des communications téléphoniques aussi bien câblées que mobiles. Avec Bell et Bell Mobilité, mais aussi avec Bell Alliant (Maritimes) et Manitoba Tel.

Elle est désormais dans la télévision (avec CTV et canal D, notamment) et dans la radio (Énergie, Rouge, etc.).

Avec Rogers Communications et d'autres, elle est présente au capital de Maple Leafs Sports and Entertainment (MLSE), la société qui regroupe bien entendu les Maple Leafs, mais aussi les Raptors, les Argonauts, le Air Canada Centre, le club de soccer Toronto FC, etc. La part de BCE dans MLSE, de 28 %, est associée au contenu média.

Soulignons au passage un fait moins connu : BCE est aussi partenaire d'affaires (mais non actionnaire) de CGI, une firme de solutions de technologies de l'information de réputation internationale dont la croissance est soutenue.

Ce que j'aime de BCE :

1. Son secteur d'activité est en croissance et le sera encore longtemps.

2. La direction actuelle de l'entreprise semble être concentrée sur les télécommunications et les technologies de l'information, de pair avec le divertissement, qui est encore en croissance dans notre société de loisirs. Finis les investissements dans des secteurs qu'on connaît mal (finances, immobilier...).

3. Son bilan financier et sa cote de crédit sont franchement enviables.

4. Son dividende est constant et son rendement de 4,46 % est très respectable pour une entreprise de sa qualité et de sa taille. Le dividende est régulièrement revu à la hausse, ce qui récompense les investisseurs patients.

5. Surtout, BCE a déjà été vendue, en 2008. Heureusement pour les actionnaires (l'action vaut aujourd'hui plus cher), la transaction a échoué. En pleine crise financière, la banque Citi s'est retirée du financement de 10 milliards de dollars (G$) prévu sous conditions. Vendue une première fois, la société pourrait bien l'être une deuxième, pour deux raisons majeures :

a) Un prédateur à la recherche d'une bonne occasion d'affaires peut difficilement trouver mieux que BCE. Vendue en pièces détachées, elle vaut beaucoup plus que 60 G$ (capitalisation actuellement à 55 G$). C'est ce que Teachers et ses partenaires voulaient faire en 2008.

b) Le Canada compte quelques entreprises en télécommunications. Il y a encore de la place pour une consolidation dans cette industrie. Je prévois à plus ou moins long terme une fusion entre BCE et Telus. Elle se fera avec échange d'actions à moins que l'une n'achète l'autre en s'appuyant sur l'effet de levier auquel les deux entités se prêtent bien. Bien entendu, le Bureau de la concurrence, qui ne sera pas enthousiasmé par l'idée, mettra son nez dans la transaction; celle-ci ne passera pas comme une lettre à la poste. Pour protéger les consommateurs contre les éléments monopolistiques, le Bureau exigera que BCE se départisse de quelques investissements qu'il déterminera.

Maintenant, consultons le tableau qui accompagne ce texte et regardons un peu les chiffres comparatifs de BCE par rapport à ses concurrentes. Force est de constater que, vue sous n'importe quel angle, BCE semble attrayante pour un investisseur patient. Dans le cas de certains ratios, elle est modérément plus chère que ses concurrentes mais, sous d'autres angles, elle est moins chère.

Voici ce que j'ai fait :

1. J'ai acheté BCE.

2. Je me suis inscrit au plan de réinvestissement en actions du dividende que l'entreprise me verse. Ainsi, je peux profiter des faiblesses du titre tout en accumulant les actions.

3. J'oublie que j'ai des actions de BCE. C'est une façon de parler, bien entendu. Je jette un coup d'oeil sur l'action de temps à autre, mais je ne l'échange pas. Je serai patient jusqu'à la retraite. Après, on verra.

4. Si jamais j'ai envie de revenus supplémentaires, je peux toujours vendre des options d'achat sur le titre puisqu'il est «optionable» et qu'il ne fluctue pas beaucoup (béta de 0,23). Le risque que je doive livrer les actions est minime

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