Les sociétés du TSX 60 questionnées sur la présence des femmes et des minorités

Publié le 19/07/2019 à 07:01

Les sociétés du TSX 60 questionnées sur la présence des femmes et des minorités

Publié le 19/07/2019 à 07:01

Par La Presse Canadienne

La Presse canadienne a demandé à toutes les sociétés qui étaient inscrites à l'indice TSX 60 en date du 1er janvier de partager leurs données sur le nombre de femmes et d'employés membres des minorités visibles, telles que définies dans la Loi sur l'équité en matière d'emploi, qui travaillaient pour elles en 2017.

Parmi les entreprises qui ont répondu à l'agence, certaines ont indiqué que la proportion de femmes à leur emploi n'était que de huit pour cent, tandis que plusieurs autres ont refusé de dévoiler leurs chiffres.

En outre, plusieurs des entreprises du TSX 60 n'ont pas voulu indiquer combien de leurs employés faisaient partie d'une minorité visible _ ou ne compilent tout simplement pas de statistique à ce sujet.

Ces entreprises inscrites à la Bourse ne sont pas tenues par la loi de divulguer de telles informations. Cependant, certains groupes militants réclament depuis longtemps que les entreprises soient transparentes, au moins pour que les données puissent permettre de mesurer les progrès, dans l'espoir que cela facilite le changement.

Le quart des sociétés membres de l'indice, soit 15 entreprises, n'ont pas fourni ou dévoilé publiquement de données en ce qui a trait à la représentation des genres dans leurs rangs.

Près de 60 pour cent des sociétés, soit 35 entreprises, n'ont pas fourni ou dévoilé publiquement de données concernant les minorités visibles, tandis que 14 d'entre elles, soit plus de 23 pour cent, ont indiqué qu'elles ne tenaient tout simplement pas de statistique à ce sujet.

Parmi les 42 entreprises de l'indice qui ont partagé des données précises ou des pourcentages sur le genre de leur main-d'oeuvre, 34 ont indiqué que moins de 50 pour cent de leur effectif était féminin _ soit moins que la moyenne nationale.

Dans deux cas, le pourcentage d'employées féminines était inférieur à 10 pour cent.

La présidente de la Fondation canadienne des femmes, Paulette Senior, a qualifié de "surprenant et décevant" le nombre d'entreprises réticentes à partager ou à observer le niveau de diversité. Selon elle, l'absence de divulgation suggère que de nombreuses entreprises ne souhaitent pas s'assurer que leurs effectifs soient le reflet de la société.

«La transparence est une chose très courageuse à faire (?) et cela demande du courage de vouloir réellement connaître la vérité, car une fois qu'on la connaît, cela signifie qu'il faut probablement faire quelque chose à ce sujet», a souligné Mme Senior.

Les banques plus égalitaires

L'analyse de La Presse canadienne montre que les banques _ qui fournissent pour la plupart des données spécifiques pour le Canada et se situent dans la partie supérieure du spectre de la représentation _ semblent avoir déployé les efforts les plus concertés en faveur de l'égalité. En revanche, les sociétés des mines, de l'ingénierie et des chemins de fer continuent d'éprouver de la difficulté à attirer et retenir les femmes.

Susan Lomas, géologue et fondatrice du groupe de défense des droits Me Too Mining, estime que le manque de progrès dans son industrie est imputable à sa nature inflexible, qui oblige les travailleurs à passer des séjours de plusieurs semaines dans des lieux distants, et peu de temps à la maison, ce qui peut être compliqué pour la vie de parents.

«Certaines femmes se tiennent loin de ces sites, et certains hommes aussi», a noté Mme Lomas.

Au recensement de 2016, les femmes représentaient 50,9 pour cent de la population canadienne, mais 48 pour cent de la population active du pays. Cela représente une augmentation par rapport à 45 pour cent en 1991.

Mais le fossé entre les industries est large.

Parmi les sociétés qui ont fourni des informations à La Presse canadienne, l'entreprise ayant la représentation féminine la plus faible était la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), avec 8,6 pour cent. Selon les données de Statistique Canada pour 2018, dans l'ensemble du secteur des transports et de l'entreposage au Canada, environ 24,5 pour cent des travailleurs sont des femmes.

Un porte-parole du Canadien National a indiqué qu'en 2018, les minorités visibles, personnes handicapées et autochtones occupaient 17 pour cent des postes du transporteur. Le chemin de fer, dont le siège social est situé à Montréal, a ajouté que cinq des douze membres de son conseil d'administration étaient des femmes. L'entreprise est signataire de l'Accord Catalyst et membre du Club 30%, qui ont tous deux pour mandat d'accroître la représentation des femmes au sein des conseils d'administration.

Linda Hasenfratz, chef de la direction du fabricant canadien de pièces d'automobiles Linamar, a noté que certaines industries et certains rôles étaient moins attrayants en raison de la nature physique du travail, et qu'il serait difficile d'atteindre la parité dans les rangs de ces industries.

Mme Hasenfratz, l'une des rares femmes à la tête d'une société inscrite à la cote de la Bourse de Toronto, a affirmé que les femmes représentaient environ 20 pour cent de l'effectif de la société établie à Guelph, mais que cette proportion était plus importante parmi les postes de direction et les échelons supérieurs.

Cependant, elle s'attend à ce que la représentation des femmes dans le personnel augmente dans l'ensemble au fur et à mesure que les entreprises intégreront l'automatisation et que les rôles deviendront moins exigeants physiquement.

«Les entreprises vont évoluer et cela va naturellement changer à mesure que l'automatisation reprendra certaines des tâches plus physiques (...) Je pense que dans 10 ans, ce sera radicalement différent», a-t-elle affirmé dans une entrevue.

Parmi les entreprises qui ont divulgué leurs données sur la diversité, la Banque Nationale affichait la plus forte proportion de femmes, soit 60,7 pour cent de sa main-d'oeuvre canadienne.

Déséquilibre chez les hauts dirigeants

Pour ce qui est des hauts dirigeants des entreprises canadiennes, le déséquilibre reste toutefois marqué.

Une analyse réalisée l'année dernière par La Presse canadienne avait révélé qu'aucune des sociétés du TSX 60 n'était dirigée par une femme et que les deux tiers d'entre elles ne comptaient aucune femme parmi leurs dirigeants les mieux rémunérés au cours de cet exercice.

Les progrès sont encore plus lents pour d'autres groupes sous-représentés tels que les minorités visibles.

La Loi sur l'équité en matière d'emploi du Canada définit les minorités visibles comme «les personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche».

Au recensement de 2016, plus du cinquième des Canadiens étaient issus des minorités visibles, soit environ 7,7 millions de personnes, ou 22,3 pour cent de la population du pays. C'est presque cinq fois plus qu'en 1981, année où les minorités visibles ne représentaient que 4,7 pour cent de la population.

Toutefois, le taux d'activité des minorités visibles est de 66,5 pour cent. Les femmes appartenant à une minorité visible avaient un taux de participation de 61,9 pour cent, contre 71,5 pour cent pour les hommes.

Les progrès lents des indicateurs de diversité suggèrent qu'une approche plus interventionniste du gouvernement pourrait être nécessaire, a observé la sénatrice indépendante ontarienne Ratna Omidvar.

Elle était l'un des six membres du Sénat qui ont soutenu un amendement à un projet de loi qui aurait obligé les sociétés ouvertes canadiennes à fixer des objectifs internes en matière de diversité pour leur conseil d'administration et leur haute direction.

Le Sénat a voté contre l'amendement en mars dernier.

Mme Omidvar a estimé que cet échec émanait de l'idée plus large, répandue dans le monde des affaires, voulant que les entreprises, si elles devaient prospérer sans réglementation, mais en se laissant guidant par des conseils, amélioreraient ces paramètres et qu'une «marée soulèverait tous les bateaux».

«Eh bien, ce n'est pas exactement ce qui s'est passé? (...) Alors, je dirais que cela ne fonctionne pas.»


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