Warren Buffett déplace-t-il les poteaux du but?


Édition du 28 Mars 2015

Warren Buffett déplace-t-il les poteaux du but?


Édition du 28 Mars 2015

Par Philippe Leblanc

La lettre de Warren Buffett, qui accompagnait le rapport annuel de Berkshire Hathaway, marquait le 50e anniversaire de l’« oracle d’Omaha » à la tête du conglomérat américain. [Photo: Bloomberg]

Chaque année, la lettre que publie Warren Buffett dans le rapport annuel de Berkshire Hathaway est une lecture essentielle pour tout investisseur sérieux. Elle est remplie de sagesse et nous permet de mieux comprendre la pensée de son auteur. Cette année, elle revêt une importance particulière, car elle marque ses 50 ans à la tête de la société. En voici les grandes lignes.

Tous savent que la performance de Berkshire Hathaway a été tout à fait remarquable au cours du dernier demi-siècle. Pourtant, Buffett présente dans sa lettre une nouvelle mesure de la performance de la société, soit l'appréciation de la valeur au marché du titre au cours de cette période, qui en fait encore mieux ressortir le caractère exceptionnel. Selon cette mesure, Berkshire a offert un rendement annuel composé de 21,6 % pendant cette période, ce qui représente un gain total de 1 826 163 % pour les investisseurs de la première heure.

Voilà un bel exemple de la magie des intérêts composés : un investissement de 1 000 $ dans le titre de Berkshire Hathaway en 1964 vaut aujourd'hui plus de 17,6 millions de dollars !

Certains observateurs ont reproché à Buffett de présenter la performance de la société sur la base de l'appréciation de son titre, alors qu'il avait toujours mis l'accent sur la progression annuelle de sa valeur comptable. Ils estiment que, ce faisant, il «déplace les poteaux du but». C'est ce qui m'amène à mon deuxième constat concernant Berkshire : elle est de plus en plus une société exploitant ses propres entreprises et de moins en moins une société d'investissement possédant des participations minoritaires dans des sociétés en Bourse. Voici, dans le tableau ci-contre, comment le portrait de la société a changé depuis 2000.

Alors que les placements boursiers de la société sont continuellement évalués à leur valeur au marché, la valeur au bilan des entreprises qu'elle détient entièrement ne l'est pas, quelle que soit leur performance. Vu la transformation marquée de la société au cours des dernières années, la décision de présenter sa performance en fonction de l'appréciation de son titre me semble donc entièrement justifiée.

Troisièmement, la performance financière des sociétés exploitantes de l'entreprise a été excellente en 2014, et elle devrait, selon Buffett, continuer sur cette lancée cette année. Les cinq plus importantes sociétés exploitantes de l'entreprise, que Buffett appelle les «Powerhouse Five» (Berkshire Hathaway Energy, BNSF, IMC [anciennement Iscar], Lubrizol et Marmon), ont collectivement enregistré un bénéfice avant impôt de 12,4 G$ US en 2014, en hausse de 14,8 % par rapport à 2013. Buffett mentionne qu'avec les acquisitions récemment annoncées par ces entreprises, les bénéfices avant impôt de ce groupe pourraient augmenter de 1 G$ US en 2015.

Quatrièmement, les sociétés d'assurance de l'entreprise continuent d'étonner avec une performance financière tout à fait remarquable. Tandis que la majorité des sociétés d'assurance peinent à dégager un bénéfice provenant de leurs activités d'assurance (elles compensent généralement avec des bénéfices provenant de leurs placements), les sociétés d'assurance de Berkshire ont collectivement dégagé un bénéfice d'assurance en 2014, et ce, pour une 12e année consécutive. De plus, elles continuent d'augmenter leur flottant (float, en anglais), qui représente les sommes provenant des primes encaissées de leurs clients avant le paiement des réclamations éventuelles, lequel s'élève maintenant à 84 G$ US. La société jouit ainsi d'un avantage concurrentiel considérable.

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