Chute du prix du pétrole, le pire est-il à venir?

Publié le 25/03/2015 à 12:06

Chute du prix du pétrole, le pire est-il à venir?

Publié le 25/03/2015 à 12:06

Par Jean Gagnon

(Photo: Bloomberg)

Parfois, à la marge, des situations étonnantes et imprévisibles peuvent se produire. Est-ce que cela pourrait être le cas du prix du pétrole qui pourrait débouler encore au cours des prochaines semaines parce que les acheteurs n’auraient plus d’endroit pour l’entreposer ?

C’est la question que se posent certains observateurs en constatant l’augmentation spectaculaire des stocks américains de pétrole au même moment où les saoudiens réaffirment qu’il n’est pas question qu’ils réduisent leur production, eux qui seraient plutôt en train de l’augmenter.

«La poussée des stocks de pétrole a été particulièrement impressionnante aux États-Unis où ils ont récemment atteint des sommets de 80 ans», explique Mathieu D’Anjou, économiste principal chez Desjardins.

Plusieurs raisons ont causé cette augmentation des stocks, selon l’économiste. «Outre la présence d’un important surplus mondial de pétrole, une accélération des importations américaines de brut et un ralentissement des activités des raffineurs ont contribué à cette augmentation spectaculaire des stocks», dit-il.

Depuis plus de 20 ans, selon les chiffres d’Energy Information Administration, les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis n’ont jamais excédé 400 millions de barils. Il y a à peine 6 mois, ils avoisinaient 360 millions. Mais aujourd’hui, ils atteignent 460 millions de barils.

La capacité maximale pourrait-elle être éventuellement insuffisante? Nul doute que la question se pose, compte tenu des conséquences. «Cela pourrait théoriquement faire tomber drastiquement les cours pétroliers alors que plus personne ne voudrait acheter de pétrole faute d’endroit où le stocker», dit Mathieu D’Anjou.

Chose certaine, la production ne semble pas ralentir. Lundi, le ministre du pétrole saoudien, Ali al Naimi confiait à l’agence Reuters que le royaume produisait maintenant 10 millions de barils par jour, environ 350 000 de plus que durant le mois de février.

Cela s’ajoute aux surplus déjà présents sur le marché. Selon les analystes de Barclays, la production des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se situe maintenant à environ 30 millions de barils par jour. À ce rythme, le surplus sur le marché que l’on estimait à 900 000 barils par jour est maintenant plutôt de l’ordre de 1,3 million, selon eux.

En début d’année, de nombreux analystes et économistes prévoyaient une stabilisation du prix du pétrole durant la première partie de l’année, suivie d’une remontée importante du prix durant le deuxième semestre.

Chez Desjardins, on maintient cette prévision, mais avec certaines réserves. «Nous continuons toujours de miser sur des cours pétroliers relativement stables à court terme suivis d’une remontée significative débutant vers la mi-2015», dit Mathieu D’Anjou. «Toutefois, de possibles difficultés de stockage dans certaines régions des États-Unis pourraient faire tomber le prix du WTI (Western Texas Intermediate) sous les 40 dollars au cours des prochains mois», ajoute-il.

«Cela amplifierait les difficultés de l’économie canadienne et pourrait inciter la Banque du Canada à abaisser une autre fois son taux directeur», conclut-il.

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