Thomson Reuters rapetisse de moitié pour se mettre en valeur

Publié le 13/07/2018 à 14:13

Thomson Reuters rapetisse de moitié pour se mettre en valeur

Publié le 13/07/2018 à 14:13

Par Dominique Beauchamp

Il aura fallu presque dix ans pour que Thomson Reuters (TRI, 55,60$) se remette de la crise financière et de l’achat record de l'agence Reuters au sommet boursier de 2007.


Dans un nouvel effort pour raviver sa croissance et renouer avec les marges d’antan, le fournisseur d’informations électroniques cèdera cet automne 55% de sa division peu performante Financial & Risks au géant The Blackstone Group(BX, 34,93$US).


Thomson Reuters rapetissera de moitié et perdra les flux de trésorerie de la division vendue, mais le recentrage sur ses divisions d’informations légales et comptables devrait donner un nouveau souffle à la société, encore contrôlée par la plus riche famille canadienne.


Thomson Reuters, aussi propriétaire du quotidien Globe & Mail, a été une pionnière en numérisant ses informations pour professionnels, mais ce virage précoce n’a pas suffi à combattre le déclin des médias traditionnels et la forte concurrence de fournisseurs énergiques tels que Bloomberg.


Son action a recouvré en avril 2017 le record fracassé lors de la bulle internet dix-sept ans plus tôt, avant de se replier à nouveau.


Des sceptiques à confondre


Étant donné les rendements financiers décevants des dix dernières années, les sceptiques sont nombreux, surtout que le potentiel repose notamment sur la suppression des coûts (de 550 à 190 M$US) d’ici 2020.


Un seul analyste sur douze en recommande chaudement l’achat. Cinq autres en suggèrent l’achat tandis que quatre analystes sont neutres et deux autres conseillent de vendre le titre.


«Les plans pour ramener les frais corporatifs sous 200M$US sont encore préliminaires», note Aravinda Galappatthige, de Canaccord Genuity.


À son avis, le titre n’a pas besoin d’atteindre ces coupes marque pour s’apprécier en Bourse. Son cours-cible d’un an est à 56,40$.


Si Thomson Reuters s’est engagée à racheter le tiers de ses actions en Bourse, grâce au pactole de 17G$US que lui fournira la transaction avec Blackstone, la société s’est contentée de dire qu’elle envisage des acquisitions ciblées pour muscler ses divisions légales et comptables qui restent.


La division légale très rentable contribuera 70% des bénéfices de la nouvelle Thomson Reuters, tandis que la division comptable fournira la croissance des revenus, prévoit Paul Steep, de Banque Scotia. Une rencontre prévue avec les analystes à la clôture de la vente de F&R à Blackstone cet automne éclairera davantage la lanterne des investisseurs, croit-il.


Se projeter en 2020


M. Steep, de Banque Scotia est de ceux qui croient en la transformation de la société, bien que le parcours s’annonce laborieux.


«Il faut se projeter en 2020-2021 pour capter la pleine mesure de la transformation», explique l’analyste qui prévoit que les flux de trésorerie libres dépasseront à nouveau le cap du milliard de dollars américains en 2021 si la suppression des coûts fonctionne.


À 56,40$, son cours-cible un an offre un modeste gain potentiel de 4%, auquel il ajoute le dividende de 3,4%.


«À long terme, la performance supérieure des deux divisions restantes deviendra plus attrayante. Après la vente de F&R, le potentiel réside dans la capacité à recouvrer une marge d’exploitation de 30%, sans le boulet qu’avait F&R sur les revenus», explique l’analyste de Banque Scotia.


Même espoir de la part de Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, qui s’attend à ce qu’un premier rachat d’actions actuel de 1,5G$ serve d’appui au titre en Bourse en attendant que la société dévoile et mette en branle son nouveau plan de match.


Les dirigeants de la société pourront concentrer toute leur attention sur les divisions restantes. Blackstone puisera aussi dans ses énormes ressources financières et compétences pour donner plus de valeur à la division F&R, dont Thomson Reuters conserve 45% des actions.


Le cours-cible de 57,75$ de M. McReynolds repose sur des prévisions prudentes pour la croissance des revenus des bénéfices, qui ont de bonnes chances d’être surpassées, croit-il.


Son modèle incorpore une croissance annuelle de 2,2% des revenus en 2018, suivi de 2,5% en 2019 et de 3,2% en 2020.



« Dans la conjoncture actuelle, il est fort possible que les investisseurs revalorisent Thomson Reuters si elle réussit à combler son écart de croissance sur ses semblables Wolters Kluwer et RELX Plc »


En offrant 20G$ US pour la division F&R (incluant la dette), Blackstone en a cristallisé la valeur pour Thomson Reuters, malgré sa croissance lente.


Il pourrait en être de même si F&R envoie bientôt en Bourse sa plateforme de négociation d’obligations, Tradeweb, comme elle l'envisage. Sa valeur est estimée à 4G$US.


 


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